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Au moins trois Québécoises enfileront les gants aux Jeux de Tokyo

La boxeuse, vêtue d'un t-shirt rouge avec une feuille d'érable et des lauriers blancs, esquisse un large sourire et semble tenir la caméra à bout de bras.

Tammara Thibeault

Photo : Facebook/Tammara Thibeault

Jean-François Chabot

Boxe Canada a confirmé, tard lundi soir, que Myriam Da Silva-Rondeau, Tammara Thibeault et Caroline Veyre représenteront le pays, cet été, aux Jeux de Tokyo. Les trois en seront à une première expérience olympique.

Da Silva-Rondeau fera partie de la toute première cuvée aux Jeux chez les 69 kg. L’enseignante de 37 ans affichait un large sourire quand elle a livré ses premières impressions à Radio-Canada Sports.

Dès qu’elle a pris connaissance des compétitions qui allaient servir de références pour les qualifications olympiques des Amériques, elle se savait en bonne posture.

Le calcul a été assez facile à faire. Ça fait longtemps que je suis sur le circuit international et je n’ai jamais raté un podium au niveau continental. À l’international, je me suis maintenue dans le top 8 depuis 10 ans, a-t-elle rappelé. Elle avoue que, dans la foulée de la nouvelle de sa qualification, son entraînement matinal s’est déroulé avec un enthousiasme renouvelé.

Je dirais que, depuis hier, il y a vraiment un entrain renouvelé. Ça donne un push de plus. On est quand même privilégiées de pouvoir s’entraîner, mais on s’entraîne avec toutes les précautions. On s’entraîne avec des masques. C’est très difficile d’aller faire du cardio avec des masques. Comme pour tout le monde, les masques commencent à peser lourd. La nouvelle d’hier a apporté un élan positif.

Une citation de :Myriam Da Silva-Rondeau, boxeuse
Elle sourit de près à la caméra.

La boxeuse Myriam Da Silva Rondeau

Photo : Boxe Canada

Elle est optimiste quant à l’évolution de la vaccination au Québec et à la tenue des Jeux.

Les Jeux seront significatifs pour démontrer ce que l’on peut faire ensemble en tant que société. On est capable de tenir des événements de façon sécuritaire. Je pense qu’on s’en va vraiment dans la bonne direction.

Un pas de plus pour Thibeault

Chez les 75 kg, la gauchère trifluvienne Tammara Thibeault exulte aussi à l’idée de réaliser son rêve. La jeune femme de 24 ans voit sa qualification comme une étape importante et non pas comme un aboutissement.

J’étais dans une position favorable (avec sa 3e place aux mondiaux de 2019 en Russie). Ça m’a rentré dedans pour la première fois hier ou avant-hier. J’ai finalement accompli une partie de mon rêve, parce que mon rêve, c’est d’aller aux Jeux olympiques, mais aussi d’y performer et d’aller chercher la médaille d’or, a d’abord reconnu Thibeault.

Elle se dit contente et très motivée pour continuer son travail en gymnase. Elle veut profiter de la chance qu’elle a d’aller au Japon pour bien représenter le pays et sa famille après tant d'efforts.

J’ai toujours été quelqu’un d’extrêmement dédié et intentionné dans mon travail. Ça ne va pas changer, mais le fait de pouvoir dire que je m’en vais aux Olympiques pour vrai, c’est quelque chose!

Comme sa coéquipière, Tammara Thibeault a bon espoir que les Jeux auront bel et bien lieu.

Il reste encore deux mois d’ici le mois de juillet. Je pense que les Jeux auront lieu parce que ça va de mieux en mieux dans le monde. C’est sûr que ce qui se passe au Japon est un peu difficile à voir venir. Mais, d’après moi, il y a tellement de précautions et tous les athlètes seront vaccinés avant de rentrer à Tokyo. Ça va être super sécuritaire.

Une citation de :Tammara Thibeault, boxeuse

Étonnement et grande joie

Caroline Veyre est certes la plus surprise des trois. Celle qui est passée des 60 kg à la catégorie des 57 kg il y a deux ans n’avait pas beaucoup d’attentes en raison des classements mondiaux qui lui conféraient la 5e place continentale.

Seules les trois premières pouvaient espérer participer aux Jeux. Mais avec le retrait de certaines des boxeuses qui ont opté pour de nouvelles catégories olympiques et le fait que le CIO a permis de combiner ses résultats des deux catégories de poids, la voilà donc en route vers Tokyo.

Une femme montre sa médaille.

Caroline Veyre a remporté la médaille d'or aux Jeux panaméricains de Toronto en 2015 dans la catégorie des 60 kg.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

J’ai reçu l’appel m’annonçant que j’étais qualifiée la semaine passée. Je capotais, a lancé la jeune femme de 32 ans d’origine parisienne. J’ai sauté de joie, j’étais surprise par cette nouvelle parce que je ne m’attendais pas à ça, a tout de suite admis Veyre.

Même si elle n’avait pas d’entraînement programmé pour le lendemain, elle s’est quand même présentée au gymnase, ce qui témoigne de l’état d’esprit dans lequel elle se trouve depuis.

J’étais vraiment tout énervée. Je n’avais pas beaucoup dormi non plus. C’est un gros boost de motivation. C’est sûr qu’à l’entraînement maintenant, c’est toute une autre dynamique, a renchéri la pugiliste.

Opinions opposées pour Mandy Bujold

Concernant la situation de leur coéquipière Mandy Bujold, les opinions sont partagées. Si elles sympathisent chacune à leur façon avec celle qui veut que l’on tienne compte de son congé de maternité et de ses résultats passés pour lui permettre de boxer aux Jeux, toutes ne voient pas du même œil le précédent que cela créerait.

Son combat n’est pas fini. C’est une collègue comme les autres. Quand on est une équipe, il va toujours en avoir qui vont rester en arrière. Les filles, on est quand même tissées serré. Nous sommes 3 sur 8 à aller aux Jeux. Alors oui, on a une pensée pour nos collègues qu’on va laisser derrière, dit Myriam Da Silva-Rondeau.

Tammara Thibeault croit par contre que la situation est difficile pour tout le monde.

Je pense que c’est dommage, mais c’est dommage aussi pour tout le monde. Myriam, Caroline et moi, on a travaillé très fort et on a été très présentes sur le circuit pendant les trois, quatre dernières années. Il y a aussi d’autres athlètes à travers le monde qui n’ont pas eu leur chance (de se qualifier). C’est une situation impossible (la pandémie) qui a été injuste pour plusieurs athlètes, a-t-elle soutenu.

Pour sa part, Caroline Veyre comprend la démarche de Mandy Bujold et les raisons qui la poussent à aller jusqu’au bout en s’adressant au Tribunal arbitral du sport (TAS) pour que son palmarès ait préséance sur les critères de sélection du CIO.

C’est dommage qu’elle passe à côté de la chance de se qualifier parce qu’elle a le niveau. Elle a eu son enfant et c’est sûr qu’elle n’a pas été active. C’est pour ça que le classement ne la favorise pas. Mais je trouve qu’on devrait lui donner une chance parce que c’est une super bonne boxeuse et qu’elle mérite d’être aux Olympiques.

Une citation de :Caroline Veyre

Mandy Bujold, elle, s’est dite très touchée de l’appui offert par le ministre du Patrimoine Steven Guilbault dans une lettre adressée directement au président du CIO, Thomas Bach.

Je ne sais pas quel poids ça aura, mais je l’apprécie. Autrement, je suis encore dans l’attente d’une audience de la part du TAS et ça pourrait arriver aussi tard qu’en juin, a indiqué Bujold depuis son domicile en Ontario.

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