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Sentiment du devoir accompli pour Antoine Duchesne au Giro

Les avant-bras sur le guidon de son vélo, sans casque sur un vélo stationnaire, il regarde au loin.

Antoine Duchesne

Photo : Courtoisie / Équipe Groupama-FDJ

Christine Roger

Antoine Duchesne ne se faisait pas d’illusions. Les chances que son équipe et lui parviennent à exceller au Tour d’Italie étaient minces. Mais après 10 étapes, le cycliste québécois peut déjà dire mission accomplie.

En l'absence de Thibaut Pinot, on s'attendait à peu de Groupama-FDJ, formation française dont fait partie Antoine Duchesne. Voir son coéquipier Attila Valter endosser le maillot rose de meneur pendant trois jours était donc une réussite presque inespérée.

En arrivant ici, avec l’équipe que nous avions, nous n'avions pas vraiment en tête le maillot rose. Alors d'avoir pu le défendre comme ça pendant trois jours, c'est vraiment du bonus, reconnaît le cycliste. Et de mon côté, de pouvoir reprendre les devants comme ça du peloton, ça faisait vraiment du bien.

Sur le plan personnel, les dernières années n'ont pas été de tout repos pour Antoine Duchesne. En 2019, il a dû rater plusieurs mois d'activités après avoir été opéré pour traiter une endofibrose de l'artère iliaque. Puis, il a été contraint de renoncer au Tour de France l'an dernier en raison d'une mononucléose. Il a travaillé d'arrache-pied et a participé au Tour de Catalogne en mars et au Tour des Alpes en avril. Il a enfin l'impression que ses efforts portent leurs fruits.

Je suis revenu à mon meilleur niveau. Je suis vraiment content. Ç’a été beaucoup de travail les sept derniers mois pour revenir. Ça n’a pas été facile, mais les derniers jours ont démontré que j’étais capable de revenir et de faire le travail qu'on attend de moi, souligne celui qui devient le deuxième Québécois, après Hugo Houle, à avoir couru dans les trois grands tours (France, Espagne et Italie).

Duchesne connaît bien son rôle et sa 155e place au classement général après 10 étapes lui importe peu. Son coéquipier Attila Valter est en 5e position et la prochaine étape sera déterminante quant à la stratégie qui sera adoptée par Groupama-FDJ d'ici la fin du Giro.

Les deux dernières semaines vont être dures. L’étape de jeudi, la première vraie étape en montagne, va nous donner une idée si nous pouvons continuer de défendre cette place ou peut-être même l’améliorer. Nous allons voir comment Attila (Valter) va être capable de grimper avec les meilleurs, explique-t-il.

Nous allons ensuite nous adapter et savoir si nous continuons à travailler pour son classement général ou si nous ciblons plutôt des chances de victoires d’étape, ajoute le champion canadien en 2018.

Antoine Duchesne n'est pas surpris de voir que quatre des cinq premiers cyclistes au classement général après 10 étapes ont moins de 25 ans, dont Remco Evenepoel, âgé de 21 ans seulement. Le jeune Belge avait été victime d'une chute dramatique au Tour de Lombardie en août 2020 et, neuf mois plus tard, il se retrouve en 2e place.

C’est quand même un phénomène. Ça fait 10 mois qu’il est en arrêt, il n’a pas fait une course depuis sa chute en Lombardie. Et là, il est en position de pouvoir espérer remporter un grand tour. C’est impressionnant, reconnaît-il.

Un cycliste met ses lunettes fumées avant une course.

Le jeune cycliste belge, Remco Evenepoel, lors du Giro d'Italie 2021

Photo : afp via getty images / LUCA BETTINI

Un réel vent de changement semble s'opérer rapidement dans le monde du cyclisme. Depuis deux ou trois ans, Antoine Duchesne voit de nombreux jeunes devenir professionnels très tôt et obtenir du succès rapidement.

Ils sont performants sur les grandes courses, sur les grands tours, sur les longues courses comme les classiques. Auparavant, on nous disait que ça prenait des années, que ça prenait de l'expérience, qu'il fallait forger le moteur. Ça prenait cinq ou six ans pour atteindre son meilleur niveau, dit-il.

Aujourd'hui, les jeunes arrivent et, en moins d'un an ou deux, ils sont au sommet du Pro Tour. Ça pousse dans le derrière des vieux comme moi. Je me sens de plus en plus vieux à côtoyer ces jeunes qui ont la fougue et qui sont extrêmement forts.

À 29 ans, Antoine Duchesne pourrait avoir encore de belles années devant lui. Mais de son propre aveu, son épopée achève. Il détient un contrat jusqu'à la fin de 2022 avec Groupama-FDJ, et il ne serait pas surprenant que le Québécois décide ensuite de tourner la page.

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