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Le froid ou le chaud pour traiter une blessure?

Il met un sac de glaçons sur son genou droit.

Un athlète au banc

Photo : Getty Images / Scott Barbour

Christine Roger

Certains conseillent d’appliquer une source de chaleur pour soulager une blessure, alors que d’autres affirment que de mettre de la glace est le traitement à privilégier. Qui dit vrai? Nos experts démystifient la question pour vous.

Lorsque vous vous blessez, qu’il s’agisse d’une entorse, d’une fracture ou d’une contusion, des tissus subiront des dommages, ce qui libère des molécules inflammatoires. Des vaisseaux sanguins seront par le fait même endommagés. C’est ce qui occasionnera l’enflure, la douleur, la décoloration de la peau, etc.

Il existe très peu d’énoncés scientifiques à savoir s’il est préférable de mettre de la chaleur ou du froid sur une blessure. Et c'est surprenant, mais c’est un domaine de la médecine qui a très peu évolué. De manière générale, il est conseillé de mettre du froid sur une blessure aiguë, alors que la chaleur serait préférable dans le cas d’une douleur chronique, explique le Dr Jérôme Ouellet, pédiatre spécialisé en médecine sportive.

Certaines études avancent (Nouvelle fenêtre) que la cryothérapie, c’est-à-dire le traitement par le froid, est efficace afin de diminuer l'inconfort et d’augmenter le seuil de tolérance à la douleur dans le cas d’une blessure aiguë ou après une opération.

En mettant du froid sur une blessure, on resserre les vaisseaux sanguins qui se rendent à la blessure. On limite donc l’enflure et la livraison des molécules inflammatoires, dit le Dr Ouellet.

En plus de diminuer les spasmes musculaires reliés à la blessure, la cryothérapie permettra d’abaisser la demande métabolique locale et d’altérer la manière dont les nerfs vont transmettre les signaux au cerveau.

Grâce au phénomène de neurapraxie induite par le froid, on diminue la vitesse de transmission de l’information entre la région impliquée et le cerveau par les nerfs impliqués et refroidis. On diminue également la réactivité de ces mêmes nerfs à réagir aux stimuli, ajoute le spécialiste en médecine sportive.

S’il a été prouvé que l’application de glace en cas de blessure aiguë musculosquelettique ou en postopératoire pouvait être bénéfique, il n’y a pas d’évidence qui avance que la cryothérapie aiderait à la guérison des tissus mous.

En d’autres mots, s’il y a une douleur qui n’est pas diminuée par le repos et l’élévation, la glace est indiquée pour soulager. Si le patient manifeste peu ou pas de douleur au repos, la glace n'est plus utilisée d’emblée, comme ce fut le cas il y a quelques décennies, affirme Élisabeth Germain, physiothérapeute à Action Sport Physio.

J’ai tendance à suggérer la glace pour l’inflammation seulement dans un cas d’œdème important qui restreint le mouvement et crée de la douleur ou limite de manière importante les amplitudes articulaires, précise-t-elle.

Un soigneur met de la glace sur la cheville d'un joueur professionnel de soccer.

David Beckham, dans l'uniforme du Galaxy de Los Angeles en 2012

Photo : Getty Images / Victor Decolongon

Les énoncés scientifiques quant à l’efficacité du froid dans le cas de blessures aiguës demeurent tout de même marginaux. Il ne faudrait cependant pas poursuivre un tel traitement à long terme, et il faut garder en tête que l’inflammation reste un phénomène normal pour la guérison tissulaire.

Appliquer de la glace de façon prolongée pourrait être néfaste, entraîner un problème d’apport en oxygène et en nutriments nécessaires à la guérison. Il ne faudrait pas non plus nuire au processus de récupération, souligne Nicolas St-Maurice, kinésiologue qui a travaillé avec certains des meilleurs joueurs de soccer du monde.

La cryothérapie sera particulièrement bénéfique dans les 48 à 72 premières heures après la blessure. Il est recommandé d’appliquer de la glace pendant 10 à 15 minutes, une fois par heure ou aux deux heures. L’important sera de ne jamais mettre la glace en contact direct avec la peau afin d’éviter les brûlures.

La glace qui change de phase, de solide vers liquide, est préférable à la glace chimique. On l'applique aussi souvent que l'on en ressent le besoin, mais on laisse minimalement la peau et l'articulation revenir à sa température normale avant d'appliquer à nouveau, conseille la physiothérapeute Élisabeth Germain.

La thermothérapie, ça fonctionne?

L’objectif de la thermothérapie sera d’appliquer une source de chaleur afin d’améliorer la circulation sanguine localement en augmentant le volume des vaisseaux sanguins. Ce phénomène permettra d'apporter davantage d’oxygène et de nutriments qui favoriseront la guérison.

La chaleur sera utilisée dans le contexte d’une blessure qui est au stade subaigu ou chronique principalement, encore une fois seulement en vue de gérer la douleur. Cliniquement parlant et selon mon expérience, la région cervicale réagit particulièrement bien à la chaleur, affirme Élisabeth Germain.

La chaleur aurait un effet relaxant sur les muscles, ce qui permettra de diminuer les spasmes et d'améliorer la mobilité. La thermothérapie permettrait de diminuer la douleur liée aux courbatures (Nouvelle fenêtre). Cette technique serait particulièrement efficace dans le cas de douleurs lombaires chroniques.

Malheureusement, encore aujourd’hui, il y a très peu d’énoncés scientifiques sur la thermothérapie et sur la cryothérapie qui avancent les mêmes conclusions.

Les méta-analyses et les revues systématiques ne sont pas claires et c’est probablement parce que les données reposent sur beaucoup de facteurs subjectifs comme la perception de la douleur et la facilité à effectuer un mouvement, conclut le Dr Ouellet.

Si ces techniques peuvent soulager vos douleurs, pourquoi pas?

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