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Le sport électronique aux Jeux olympiques, est-ce possible?

Des femmes jouent à un jeu vidéo lors d'un événement de sport électronique.

Une équipe de Team Sailor Scouts lors d'une compétition de sport électronique.

Photo : Guong Le

Radio-Canada

Les Séries olympiques virtuelles ont commencé au Japon. L'événement est le tout premier à réunir des « sports virtuels physiques et non physiques » sous une licence olympique. Le sport électronique a-t-il sa place aux Jeux? Certains en doutent.

Un texte de Geneviève Lefebvre-Tardif

Dans une lettre envoyée au Comité olympique canadien (COC), un groupe composé d'experts en santé et d'athlètes olympiques comme Mikaël Kingsbury, Joannie Rochette, Kim Boutin ou Jennifer Abel s'opposent à l'idée d'intégrer le sport électronique aux Jeux olympiques.

Pour le président-directeur général de Capsana, Guy Desrosiers, les jeux vidéo favorisent la sédentarité.

Comment le jeune qui a peut-être parfois de la difficulté avec les écrans va pouvoir dire à ses parents : "Ce n'est pas grave, c'est aux Olympiques, c'est un sport, je peux rester assis dans ma chambre, dans le bureau à jouer à des jeux pendant des heures."

Une citation de :Guy Desrosiers, président-directeur général de Capsana

Le président de la Fédération québécoise des jeux électroniques, Louis-David Renaud, est déçu par ce geste qui exclut des jeunes qui sont moins attirés par les sports plus traditionnels.

Je m'imagine certains de ces jeunes-là qui ont cette passion-là et qui font des efforts pour être en santé et qui se font dire : "Non! Toi, ce que tu fais, c'est pas sérieux, ça va mener à rien." Ça m'a choqué, lance-t-il.

Selon lui, il faut aussi faire la différence entre le sport électronique qui demande un entraînement physique exigeant et le fait de jouer à des jeux vidéo. Il croit que les jeux électroniques ont leur place aux Jeux tout comme le golf, le curling ou les épreuves de tir.

Pour l'ex-joueuse de jeux vidéo professionnelle Stéphanie Harvey, les cyberathlètes professionnels peuvent faire en moyenne plus de 270 actions à la minute et sont encadrés comme des sportifs de haut niveau.

Pour performer dans le jeu, ça prend tellement d'énergie, tellement de focus sur ton corps. Ça demande tellement que, si tu n'es pas en forme, si tu n'as pas une bonne alimentation, pas un bon sommeil, ça va se répertorier dans tes performances, fait-elle remarquer.

Le sport électronique reste différent des autres, selon Guy Desrosiers, en raison des risques de dépendance, qui a d'ailleurs été reconnu comme maladie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Faudrait asseoir les développeurs de jeux vidéo dans cette salle-là, parce qu'eux, est-ce qu'ils veulent que les jeunes décrochent des écrans? Poser la question, c'est y répondre, dit-il.

Pour Stéphanie Harvey, cette lettre montre un manque de connaissances de l'univers du jeu vidéo et des 2,7 milliards de joueurs sur la planète. Elle fait d'ailleurs partie du forum sur les sports électroniques du CIO qui veut trouver des solutions pour organiser des compétitions de jeux vidéo saines.

Malheureusement, les jeux vidéo sont là pour rester. Il y a des milliards de personnes qui jouent sur la planète et on se doit de prendre cette passion-là et au contraire de l'éduquer, de créer des plateformes, des outils, des règles, des lois pour les encadrer.

Une citation de :Stéphanie Harvey

Les Séries olympiques virtuelles se tiennent du 13 mai au 13 juin, à Tokyo, au Japon.

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