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Place aux choses sérieuses

Le Tricolore s'est incliné 4-3 en prolongation devant les Oilers d'Edmonton au dernier match de la saison.

Cayden Primeau effectue l'arrêt devant Connor McDavid.

Cayden Primeau est devant le filet du Tricolore ce soir. Charlie Lindgren agit à titre d'auxiliaire pour le match.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Pour dire les choses sans préambule, cette fin de saison a été pénible. Il n’y avait qu’à observer le langage corporel des joueurs pour s’en convaincre.

Vingt-cinq matchs en 43 jours, c’est beaucoup. C’est trop. C’est beaucoup trop.

C’est ce que viennent de compléter, dans certains cas la langue à terre, dans d’autres à l’infirmerie, les joueurs du Canadien avec comme point d’orgue cette défaite en prolongation de 4-3 contre les Oilers mercredi. D’ailleurs, à bien y penser, qualifier ce match de point d’orgue est un peu une insulte à l’expression.

Quelques chiffres de cette odieuse séquence?

La fiche, d’abord, peu reluisante, de 10-13-2. Le différentiel de buts inscrits et accordés, ensuite, catastrophique, de -22.

Une 23e position au classement général avec un taux de points obtenus de ,440. Une série de cinq revers d’affilée en guise de conclusion.

De nombreuses blessures à des joueurs clés, dont celle de Brendan Gallagher sans qui l’équipe a engrangé seulement 7 victoires en 21 rencontres.

Le CH, essentiellement, a sauvé sa saison grâce à sa récolte de 16 points lors des 10 premiers matchs. Point final.

Si bien qu’aujourd’hui, il arrive dans les séries éliminatoires en rampant, avec le plus faible total de points parmi les 16 équipes qualifiées, le moins de victoires.

En fait, depuis l’avènement de la LNH moderne, soit après le conflit de travail en 2004-2005, aucune formation n’a obtenu sa place pour le tournoi de fin de saison avec un aussi faible ratio. Les 59 points en 56 rencontres du Tricolore équivalent à 86 points sur une saison de 82 matchs. Et ce n’est pas arrivé depuis plus de 15 ans.

Doit-on rappeler que les Montréalais avaient raté de peu les séries en 2018-2019 malgré un total de 96 points?

Alors, quand Dominique Ducharme arguait l’autre jour que ça n’a pas été beau tous les soirs, il s’agissait d’un euphémisme.

Cela dit, on aurait peut-être tort de tirer de trop grandes conclusions de toute cette belle démonstration statistique.

Soulagement

Par moments, on aurait dit qu’on vivait au Centre Bell, a laissé tomber Ben Chiarot après le match, aussi épuisé que pressé d’en finir avec ses responsabilités médiatiques.

Ce calendrier condensé, a-t-on l’impression, est à la source de bien des maux de l’équipe, probablement même de bien des blessures, connues du grand public et des journalistes ou non. Toutes les équipes, comme l’a souligné l’entraîneur mercredi soir, n’ont pas fait face aux mêmes défis nécessairement.

Sans compter ces multiples affrontements contre les mêmes adversaires, l’isolement des joueurs et de leur famille, etc. Ces dernières conditions étaient les mêmes pour tous, mais chacun y réagit différemment.

Ducharme a décrit ces difficultés en long et en large.

Les blessures. Les joueurs qui ne jouaient pas ce soir, il y a une raison. On a eu beaucoup d’adversité de ce côté. Mentalement, jouer à répétition comme ça, avec le nombre de matchs qu’on a joués… Encore plus cette année avec le format de mini-séries où tu joues tout le temps contre la même équipe. Et tout le monde qui se bat pour une place. L’intensité était vraiment élevée. Même si tu as de bonnes intentions et tout, mentalement, ça devient difficile, a d’abord dit l’entraîneur.

Autre chose aussi, a-t-il tenu à ajouter. On regarde les équipes contre qui on jouait, elles ont peut-être été avantagées par le fait que Vancouver ait eu une longue pause COVID. Ça a changé l’horaire de tout le monde. On jouait contre des équipes qui avaient deux ou trois jours de préparation. C’est un défi tous les soirs. C’est tellement compétitif, la ligne entre gagner et perdre est tellement mince. Il faut que tu sois mentalement et émotionnellement au top pour aller chercher victoire. C’est ça le plus grand défi pour nos joueurs. Et on les a poussés. À la fin, je sentais que ça rentrait, mais il fallait vraiment choisir les moments pour en mettre plus. Je pouvais voir dans leurs yeux que c’était rendu vide.

Comment évaluer une équipe dans un contexte semblable? Et, surtout, quelle est la valeur de cette évaluation?

Le sport professionnel, entend-on souvent, est d’abord une affaire de résultats. Le CH en a un résultat actuellement : le voici qualifié pour les séries éliminatoires. C’est ce qu’il fera de cette occasion qui déterminera tout le reste.

Les propos de Ducharme peuvent sonner comme une excuse. Et si le Tricolore s’incline en quatre matchs devant les Maple Leafs après une semaine entière de repos et de préparation, il faudra remettre en doute la pertinence de ce long discours.

En attendant, le Canadien peut bien avoir le bénéfice du doute. Si les joueurs ont tiré des enseignements de ce passage effroyable, comme l’a laissé entendre Nick Suzuki, s’ils misent sur une équipe en santé, les hommes de Ducharme ne devraient pas constituer une proie docile.

Pourquoi cette équipe aurait-elle du succès face à Toronto? Ducharme a évoqué la profondeur, Chiarot, le caractère, et Suzuki, avoir compris la constance requise soir après soir. De valables leçons.

L’entraîneur aura maintenant son carquois chargé de munitions et se creusera la cervelle dans les prochains jours pour se faire une tête sur l’identité de sa formation partante en Ontario la semaine prochaine. Nous aurons amplement le temps d’y revenir.

Pour l’instant, en songeant au premier duel Canadien-Leafs en 42 ans (!!!), nous ne pouvons que déplorer, d’une voix commune avec Chiarot, la chose suivante.

Chaque fois que j’y pense, ça me fâche tellement de savoir qu’il n’y aura personne dans les gradins.

Une citation de :Ben Chiarot

C’est bien le plus triste dans toute cette histoire, en effet.

En rafale

Cole Caufield sera-t-il de la formation de départ à Toronto pour le premier match? Le jeune homme a tout fait pour convaincre son patron mercredi avec un match inspiré, un but et une passe, et une complicité manifeste avec Suzuki.

Cela dit, chaque joueur placé aux côtés du jeune centre semble développer une certaine chimie…

Il y avait tout un battage médiatique avant son arrivée et il l’a très bien géré. Il a marqué de gros buts et a bien joué pour un gars qui arrivait de l’université. Il sera bon. C’est tout un joueur, a estimé Suzuki du petit buteur de Stevens Point.

Dans ce match sans signification, parmi les joueurs en audition, Caufield est ressorti du lot.

Le CH profitera maintenant de deux jours complets de repos avant de reprendre l’entraînement samedi.

Parmi les joueurs partants, Jake Allen, Josh Anderson, Tyler Toffoli, Eric Staal, Joel Edmundson et Jeff Petry ont tous profité d’une journée de congé supplémentaire mercredi.

Par ailleurs, l'attaquant finlandais Jesse Ylönen a disputé son premier match dans la LNH mercredi soir. Il a tenté quatre tirs en 11 minutes de jeu. Une récompense pour ses débuts professionnels encourageants cette année à Laval, où il a inscrit 17 points en 26 matchs.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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