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Les joueurs noirs au hockey professionnel dans l'oeil d'un pionnier

Il regarde le tableau indicateur.

John Paris derrière le banc des Knights d'Atlanta

Photo : Musée du hockey de la Georgie

Quand le Lightning de Tampa a misé sur un trio d'attaquants noirs, dont les Québécois Mathieu Joseph et Daniel Walcott, pour amorcer le match lundi soir, ce n’est pas passé inaperçu du côté de John Paris.

M. Paris est un entraîneur. Il a été le premier Noir pas mal partout où il est passé dans le monde du hockey, que ce soit dans le midget AAA avec les Riverains du Richelieu, dans le junior majeur avec les Draveurs de Trois-Rivières, les Bisons de Granby et les Lynx de Saint-Jean, on encore dans la Ligue internationale avec les Knights d’Atlanta.

Quand il voit des moments comme celui de lundi soir, il en est fier, mais il n’est pas nécessairement surpris, compte tenu de l’évolution qu’il a vue, notamment au Québec.

C’est bien qu’on en parle, a-t-il confié à Radio-Canada Sports. C’est bien que des jeunes aient eu l’opportunité de le voir. Ça va donner une opportunité aux plus jeunes de se dire : "Oh, je peux jouer au hockey!"

Mais au Québec, on n’a pas vraiment eu ce problème de joueurs de couleur qui jouent au hockey. C’est surtout dans les milieux anglophones que c’était plus difficile de faire ça.

Né dans une province atlantique, comme Willie O’Ree, le premier joueur noir dans la Ligue nationale, John Paris a amorcé sa carrière de hockeyeur au Québec.

Il vit aux États-Unis depuis plusieurs années et est en mesure de constater la croissance du hockey au sud de la frontière. Il croit que de plus en plus de jeunes joueurs noirs américains atteindront le hockey professionnel.

Je m’attends à voir des joueurs de couleur, autant que je m’attends à voir des Suédois ou des Finlandais.

Si on regarde le hockey mineur aux États-Unis, il y a beaucoup de joueurs de couleur qui participent, se réjouit-il.

Maintenant établi au Texas, où il a suivi sa conjointe qui a travaillé dans le milieu policier à Irving, John Paris constate que la présence d’équipes de la Ligue nationale dans le sud des États-Unis contribue grandement à développer l’intérêt des Afro-Américains pour le hockey.

Les équipes de la LNH ont toutes des gens qui sont responsables des liens avec la communauté. Ils vont dans les communautés, enseignent le hockey et jasent de hockey avec les gens.

Ils vont dans les milieux défavorisés, autant que dans la classe moyenne ou dans les milieux "haut de gamme". Donc, le hockey est rendu plus accessible à toutes les couches de la société, fait-il remarquer.

S’il voit que de plus en plus d’athlètes noirs se retrouvent dans la LNH, John Paris estime que plusieurs entraîneurs sont aussi en voie d’accéder aux niveaux supérieurs du hockey. Mais ce qu’il souhaite, c’est de voir plus de gens des minorités accéder à des postes de direction.

Pour moi, ce n’est pas si important d’avoir un coach noir. Pour moi, c’est plus important d’avoir un propriétaire ou un dirigeant exécutif, un directeur-gérant.

John Paris suit notamment ce qui se passe avec les Panthers de la Floride, où Brett Peterson occupe un poste d'adjoint au directeur général Bill Zito.

Un retour au hockey et au Québec?

L’ancien entraîneur, qui aura 75 ans en août prochain, ne parle pas de retraite.

Entre les occasionnelles écoles de hockey et les conférences ici et là, John Paris a envie de retourner sur le terrain.

Pas au Texas, mais chez lui au Québec, où il pourrait travailler avec des jeunes.

Je trouve qu’ils ont des habiletés. Ils sont très doués. Ils sont capables de faire des choses qui sont presque magiques. Mais leur compréhension du jeu et leur vision du jeu sont très limitées, dit-il.

Et après une soixantaine d’années de hockey, est-il trop vieux pour s’adapter à la nouvelle génération de hockeyeurs?

Côté hockey, l’expérience, avec la patience et un peu d’innovation, a toujours sa place, lance-t-il.

Et John Paris a souvent été un innovateur.

Parlez-en à ses anciens joueurs des Riverains du Richelieu, qui ont remporté le championnat national midget après avoir intégré des exercices de patinage artistique et de ballet-jazz dans leur programme d'entraînement.

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