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L’importance de la présence québécoise au sein des Alouettes

Ils tiennent un ballon de football.

Frédéric Chagnon, Danny Maciocia et David Ménard

Photo : Radio-Canada

Jean-François Chabot

Le fait de voir des joueurs du Québec réussir dans des équipes professionnelles d’ici influe sur les jeunes locaux de façon positive dans la pratique de leur sport favori.

C’est la conclusion à laquelle arrivent Danny Maciocia, directeur général des Alouettes de Montréal, et Luc Brodeur-Jourdain, entraîneur adjoint de la ligne offensive.

En entrevue mardi matin à l’émission Pénélope sur ICI Première, Maciocia et Brodeur-Jourdain ont partagé leurs expériences et leurs parcours qui sont devenus des preuves de l’effet inspirant qu’ils ont pu avoir sur tous ceux qui ont suivi leurs traces.

À la lumière de la situation qui prévaut au sein du Canadien de Montréal (l’équipe centenaire a disputé lundi soir un premier match sans la présence d’un joueur né au Québec), il est clair pour eux que c’est la base même de la culture sportive d’ici qui est mise à mal.

Comme le soulignait l'animatrice Pénélope McQuade, du côté du soccer, le CF Montréal compte à lui seul 11 joueurs du Québec dans ses rangs.

La source de l'émergence

Pour Luc Brodeur-Jourdain, la création de programmes de football universitaire comme ceux du Rouge et Or de l’Université Laval, du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke et des Carabins de l’Université de Montréal a mis fin à l’exode de talent.

On avait la possibilité de jouer au cégep, ici au Québec. Mais par la suite, la seule avenue en tant que Québécois francophone était de se diriger vers une université qui était a priori anglophone (McGill, Concordia, Bishop's ou alors dans les Maritimes). L’absence d’options locales faisait en sorte que le talent se diluait, a d’abord expliqué celui qui a disputé 11 saisons dans l’uniforme des Alouettes après être passé par les Géants du Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, puis par le programme du Rouge et Or.

C’est comme ça que la culture se bâtit et que le football croît. On a ainsi eu un paquet de diplômés qui ont continué à s’investir dans cette passion en devenant entraîneur. C’est vraiment une progression exponentielle, a-t-il poursuivi.

Dany Maciocia a renchéri en analysant le portrait d’un point de vue strictement sportif.

Depuis 2010, dans chaque finale de la Coupe Vanier, il y avait une équipe qui représentait le Québec, six fois avec l’Université Laval et trois fois pour l’Université de Montréal. Et le recrutement de ces deux écoles se fait strictement au Québec. Il y en a quelques-uns qui viennent d’Ottawa, mais 99 % des joueurs sont du Québec.

Une citation de :Danny Maciocia, directeur général des Alouettes de Montréal

Il souligne que ces équipes gagnent des championnats ou perdent en grande finale, beaucoup de leurs joueurs sont repêchés par des équipes professionnelles, tant dans la Ligue canadienne (LCF) que dans la très visible Ligue nationale (NFL) au sud de la frontière.

Beaucoup d’autres sont recrutés par des universités américaines (NCAA) qui leur offrent des bourses d’études. Le patron des Alouettes s’est fait un devoir de sélectionner la relève de son équipe au Québec.

Au dernier repêchage de la LCF, il a choisi trois Québécois et un Franco-Ontarien. Pier-Olivier Lestage faisait partie du groupe même s’il s'est entendu avec les Seahawks de Seattle. L’équipe a également mis sous contrat une dizaine de Québécois venus d’ailleurs dans la LCF et qui étaient devenus joueurs autonomes.

En fait, depuis son entrée en fonction en 2020, Maciocia a embauché pas moins d’une vingtaine de joueurs formés ici.

À talent égal, et c’est même souvent supérieur par rapport à ce qui se passe ailleurs au Canada, on devrait garder nos meilleurs effectifs chez nous.

Une citation de :Danny Maciocia

Maciocia ajoute qu’il a sélectionné les joueurs d’ici pas juste parce qu’ils sont Québécois, mais aussi parce qu’ils étaient à ses yeux les meilleurs joueurs disponibles.

Situation enviable

Rappelant que des équipes de la NFL comptent sur des joueurs formés dans les établissements québécois, et que trois nouveaux Québécois ont été sélectionnés au dernier repêchage, Luc Brodeur-Jourdain estime que cela dénote la qualité de l’enseignement du football offert au Québec.

Pour lui, la NFL met l’accent sur l’aspect offensif du jeu. Les équipes sont donc à la recherche de joueurs qui excellent dans la protection des quarts, ce qui s’avère être une force des Québécois.

L’ancien centre des Moineaux reconnaît aussi que l’existence de quotas à respecter quant au nombre de joueurs canadiens à chaque match contribue à l’essor des joueurs québécois dans le circuit. Ainsi, des 44 joueurs en uniforme pour une rencontre, près de la moitié doivent être Canadiens.

Il est devant le stade olympique.

Luc Brodeur-Jourdain est passé de joueur à entraîneur adjoint de la ligne à l'attaque.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Chabot

Inspiration pour la relève

La présence et les succès des joueurs québécois dans les rangs professionnels ont pour Danny Maciocia et Luc Brodeur-Jourdain un effet indéniable auprès des jeunes qui aspirent à une carrière d’athlète.

Je pense que ça inspire beaucoup de jeunes qui sont au secondaire et qui voient ce qui se passe dans la NFL et dans la Ligue canadienne. En voyant à l’œuvre un Luc Brodeur-Jourdain ou un Laurent Duvernay-Tardif, ils peuvent se dire qu’un jour ils pourront se retrouver dans la même situation que ces deux-là.

Une citation de :Danny Maciocia

Il ajoute que même si un joueur n’est pas repêché après sa quatrième année de football universitaire, il aura quand même un baccalauréat en poche, une situation qu’il qualifie de gagnante sur toute la ligne pour la société.

Il a rappelé qu’il avait lui-même été contraint de déménager dans l’Ouest pour bâtir sa réputation et sa crédibilité jusqu’à devenir le premier Québécois à remporter la Coupe Grey en tant qu’entraîneur-chef dans la LCF, avec les Eskimos d’Edmonton. Maciocia se réjouit en songeant que ce genre d’exil n’est plus un passage obligé.

Pour Luc Brodeur-Jourdain, il est primordial d’entretenir ce jardin et les racines naissantes pour assurer la relève, sa pérennité et l’identification des partisans à leur équipe favorite.

En tant qu’organisation, si tu n’arrives pas à créer ton bassin (de joueurs) et à favoriser son expansion au niveau amateur avec une approche identitaire avec ton club professionnel, tu te nuis dans ton propre marché. C’est mon opinion, mais je crois que la force d’une organisation qui veut réussir, c’est de favoriser ce sentiment d’appartenance.

Une citation de :Luc Brodeur-Jourdain, entraîneur adjoint de la ligne offensive des Alouettes

Il se tourne du côté du Canadien de Montréal pour rappeler l’histoire plus que centenaire de l’équipe, les joueurs québécois auxquels les gens étaient accrochés.

Jean Béliveau, Maurice Richard, Guy Lafleur, on peut les nommer. Pas seulement les Québécois, on a aussi eu les Robinson, Bob Gainey et autres. On créait ce lien étroit et on le favorisait au maximum de nos capacités parce qu’on savait que l’on créait le rêve pour toute une jeunesse, pour de jeunes hommes de jouer dans un circuit professionnel.

En guise de conclusion, Luc Brodeur-Jourdain a indiqué que si une équipe ne peut pas contrôler son ratio victoires-défaites, elle peut par contre contrôler la composition de ses effectifs pour favoriser ce qu’il appelle le succès organisationnel.

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