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Jesperi Kotkaniemi, désorienté

Jesperi Kotkaniemi

Jesperi Kotkaniemi

Photo : Reuters / USA Today Sports

Le regarder aller à l’entraînement est impressionnant. La qualité de son tir, sa dégaine surtout, son enthousiasme, ses habiletés individuelles : autant de contrastes avec le jeu que Jesperi Kotkaniemi offre lors des matchs ces temps-ci.

Vers la fin de la séance d’entraînement du Canadien mardi, Kotkaniemi captait des passes de Luke Richardson, décochait un tir avant d’aller planter sa charpente élancée devant Carey Price. Le gardien retrouvait d’ailleurs ses coéquipiers pour un entraînement complet pour la première fois depuis une commotion cérébrale subie le 19 avril.

À un certain moment, le Finlandais, pourtant près du gardien et donc face à des angles plutôt aigus, a déjoué Price quatre fois de suite. Rien pour plaire à la vedette du CH réputée pour son bouillant caractère en pareilles circonstances, bien qu’il semblait cette fois plus indulgent envers lui-même.

Voilà un aperçu de ce que le numéro 15 arrive à faire avec ses coéquipiers, mais n’y parvient plus devant un adversaire.

Dominique Ducharme a admis, du bout des lèvres, lundi soir, après la rencontre, que son protégé traversait une mauvaise passe. Que les mots soient prononcés ou non, les chiffres sont implacables : une passe à ses 18 derniers matchs, aucun but à ses 23 derniers.

Le test de l’œil n’est pas plus concluant. L’entraîneur n’avait que peu touché au temps de glace du jeune homme en ces temps ardus. Mais lundi, dans ce que Ducharme a lui-même expliqué avoir abordé comme un septième match des séries éliminatoires, il a tiré sur la laisse du Finlandais qui a conclu sa soirée avec 9 min 13 s de travail, le plus faible total de l’équipe.

Son trio n’avait pas un grand match. Alors, ils ont eu moins de glace, a résumé Ducharme.

Le principal intéressé, pour sa part, n’avait aucune envie de s’épancher publiquement.

Malgré ses hésitations flagrantes en possession de la rondelle, son positionnement imprécis et ses décisions hasardeuses, Kotkaniemi a décrit son niveau de confiance actuel comme étant vraiment bon.

Pressé de questions sur ses prestations en déclin, il a fini par admettre que [je] ne pourrais pas m’en foutre davantage.

On a confirmé notre place en séries. Je suis content, a-t-il ajouté.

Ce n’est pas la première fois qu’un jeune frappe le mur. Kotkaniemi lui-même l’a expérimenté à ses première et deuxième saisons où on l’a d’ailleurs renvoyé à Laval peaufiner son apprentissage.

Nick Suzuki aussi avait ralenti après le milieu de la saison l’an dernier et vient d’émerger, et de quelle façon, d’un solide creux de vague cette année.

Alexander Romanov a aussi sa large part d’ennuis. Les mêmes aléas guettent Cole Caufield. Particulièrement en plein cœur d’une saison unique qui, l’espérons-nous tous, ne sera jamais rééditée, du moins pas dans la carrière des joueurs actifs.

Les 25 matchs en 43 jours depuis le 30 mars ont laissé des traces. C’est d’ailleurs depuis cette date que les performances de Kotkaniemi se sont mises à péricliter.

Il n’a que 5 points en 24 matchs durant cette séquence, bon pour le 10e rang des attaquants du club. Si on s’attarde au ratio point par match, il pointe au 14e rang sur 15 avants partants dans la LNH.

Autre aspect inquiétant : il tire peu. Moins qu’à son rythme habituel alors qu’il a déjà mentionné vouloir dégainer davantage pour profiter de cet atout inestimable dans son jeu.

Jesperi Kotkaniemi est félicité par des coéquipiers.

Jesperi Kotkaniemi est félicité par des coéquipiers.

Photo : Getty Images / NHLI via getty images/Francois Lacasse

Depuis la reprise des activités après la pause COVID, Kotkaniemi a obtenu 1,5 tir par rencontre, soit légèrement en dessous de sa moyenne de 1,61, ce qui est déjà peu. Que ce soit par manque de confiance, par hésitation, par le fait qu’il soit moins engagé dans le jeu ou parce qu’il amorce plus de présences en zone défensive qu’auparavant. Ce n’est rien de majeur, mais la courbe ne progresse pas dans la bonne direction.

Un gars ne progresse pas en une semaine. Ça se fait pendant la saison.

Une citation de :Dominique Ducharme

Je vois la saison en quatre étapes. Il y a un niveau de jeu au début. En décembre, ça augmente d’un cran. Il y a un autre niveau autour de la date limite des transactions et le dernier est celui quand on approche des séries éliminatoires. Tu regardes et tu te dis : "A-t-il régressé ou le jeu est différent?" Présentement, on est au niveau 4. Est-ce que les joueurs ont régressé? Je ne pense pas. Le jeu est totalement différent de quand on a commencé. Ça fait partie de l’apprentissage dans cette ligue et ce n’est pas facile à faire, a-t-il exposé.

Kotkaniemi avait retrouvé ses repères et laissé entrevoir de brillantes possibilités dans la bulle à Toronto l’été dernier. Après, justement, un séjour sous les ordres de Joël Bouchard avec le Rocket et tout un printemps à se reposer et à s’entraîner.

Il n’aura pas le droit à un traitement semblable cette fois, mais lui et ses coéquipiers bénéficieront tout de même d’une pause d’une semaine.

Quand quelqu’un a une mauvaise passe, tu as tendance à trop y penser. Il a les outils et les habiletés pour s’en sortir et apprendre de ça. Après-demain, on aura une pause, on ne jouera plus tous les deux jours et ça permettra à tout le monde de se reposer, a lancé Jeff Petry.

Sera-ce suffisant pour que Kotkaniemi, au premier chef, retrouve ses repères? Le Canadien doit le souhaiter, car il aura besoin de tous ses soldats pour prolonger son parcours dans les séries, particulièrement de ceux en qui la direction fonde beaucoup d’espoirs.

En rafale

Dominique Ducharme a laissé entendre que le Tricolore profiterait de deux jours de congé après le match de mercredi et reprendrait donc le collier samedi. Ça lui laisserait un minimum de quatre jours de suite d’entraînement avant d’affronter son premier adversaire, s’il est à l’horaire dès le 19 mai au soir. L’entraîneur se pince probablement encore pour y croire.

Ducharme a ajouté qu’il ne pouvait pas assurer à 100% que tous ses blessés, à l’exception de Jonathan Drouin (raisons personnelles), seraient de retour à temps, mais que l’équipe est persuadée que ce sera le cas.

L’ailier Josh Anderson, blessé vers la fin de la rencontre lundi, représente un cas douteux pour le dernier match de la saison contre les Oilers mercredi. Il ne s’agirait toutefois pas d’une blessure majeure, a précisé le CH.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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