•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Canadien en séries : du temps et des dilemmes pour Dominique Ducharme

Avec le point acquis en prolongation, le Tricolore est désormais hors de portée des Flames de Calgary et des Canucks de Vancouver.

Les Oilers célèbrent un but.

Les Oilers, emmenés par leur capitaine Connor McDavid, ont vaincu le Canadien 4-3 lundi soir. Le Tricolore a toutefois confirmé sa place pour les séries éliminatoires grâce au point obtenu en prolongation.

Photo : Reuters / Eric Bolte

« Ça n’a jamais été fait avant », a soufflé l’entraîneur du Canadien. Détrompez-vous, Dominique Ducharme ne parlait pas, la tête dans les étoiles, du premier alunissage réussi par l’homme, mais plutôt de la qualification pour les séries éliminatoires de son équipe en dépit d’un calendrier particulièrement chargé.

On a les premières historiques de notre temps, que voulez-vous, disait un politicien canadien bien connu.

Que de soupirs de soulagement à gauche et à droite. Jamais une défaite n’aura-t-elle colporté une aussi persistante saveur de victoire. Un peu plus et le banc du Tricolore aurait pu applaudir la prouesse de Connor McDavid qui a mis fin au débat 4-3 en prolongation, le CH récoltant au passage le petit point dont il avait besoin pour cesser de rêver au tournoi et y mettre officiellement les pieds.

À peine quelques instants plus tôt, avant que s’amorce la prolongation, les joueurs montréalais s’enlaçaient au banc.

En conférence de presse, le soulagement était manifeste. Il y avait même un plaisantin qui déridait les pauvres tribuns installés devant la caméra pour parler aux journalistes sans que ceux-ci, évidemment, n’aient pu percer à jour le mystère du clown virtuel.

Et ces quelques phrases lourdes de sens.

Faire les séries, c’est énorme. C’est un très bon feeling honnêtement […] Je suis tellement fier de mon équipe.

Une citation de :Paul Byron

C’est vraiment spécial ce que nous avons eu à traverser, a ajouté Ducharme. Jouer 25 matchs en 43 jours, ça n’a jamais été fait avant. Ça peut avoir l’air facile de jouer au hockey soir après soir. Ce n’est pas si compliqué. Mais la marge entre gagner et perdre dans cette ligue est si mince que tu dois te défier mentalement pour être à ton meilleur tous les soirs.

Ce qui, convenons-en, n’a pas été le cas dans les dernières semaines.

À les écouter, par moments, ce n’est pas une saison qu’on avait l’impression que les joueurs venaient de traverser, mais le désert, sans boire ni manger. On raconte d’ailleurs qu’un homme l’a déjà fait, mais les détails historiques demeurent nébuleux à ce sujet.

Ducharme a rappelé que l’équipe n’avait pas eu droit à deux jours de suite d’entraînement depuis qu’il en a pris les rênes le 24 février dernier. Depuis le 30 mars, le Tricolore est l’une des quatre formations dans la LNH à avoir traversé cinq semaines de quatre matchs.

Pour un entraîneur aussi méthodique, si soigneusement préparé selon tous les témoignages à son propos, ce manque de temps aura peut-être joué contre lui.

Soudainement, Dominique Ducharme a le luxe du temps. Parce que le CH n’a qu’un seul match à l’horaire pour conclure la saison, parce qu’il aura vraisemblablement une semaine complète de pause avant le premier match éliminatoire, parce que la plupart des blessés reviendront au jeu, parce qu’il pourra affiner son système de jeu, pour toutes ces raisons, et parce que les attentes de l’organisation même sont si élevées, le Canadien n’a plus le droit à l’erreur.

Flamboyant Evans

Ducharme aura également beaucoup de personnel à sa disposition et plus aucune règle actuarielle à respecter. Il pourra donc composer la formation de son choix.

Si tout le monde était de retour, y compris Jonathan Drouin, l’entraîneur miserait sur 15 attaquants de calibre de la LNH. De bons joueurs devront être laissés de côté. Si Jake Evans paraissait autrefois un de ces joueurs à risque, il a probablement rayé son nom de cette liste.

À son arrivée, Eric Staal a essentiellement supplanté Evans. Il l’a envoyé dans les gradins pendant six rencontres d’affilée et a joué en moyenne une minute de plus par match.

Quand Phillip Danault s’est blessé jeudi, Staal a pris sa place et a joué cinq minutes de plus qu’Evans. Samedi, c’était trois minutes supplémentaires. Puis, le jeu d’Evans bâti sur sa rapidité, son sens de l’anticipation et, de plus en plus, rendu plus efficace par la confiance du jeune homme, crevait tant les yeux que Ducharme, lundi matin, a décidé de lui confier le mandat le plus ardu de toute la LNH : contenir Connor McDavid.

En 11 minutes de temps de jeu à cinq contre cinq face au meilleur joueur du monde, Evans et ses coéquipiers Artturi Lehkonen et Paul Byron ont dominé la possession de la rondelle (59 %), les chances de marquer de qualité (5 contre 2), toutes sortes d’autres valeurs statistiques et, surtout, les buts (3 à 1).

Car, oui, les trois buts du CH sont venus de ce trio, chaque membre ayant réussi son filet.

Le jeune centre a gagné énormément d’assurance depuis son séjour sur la passerelle.

Ça m’a rendu plus affamé, ça m’a reposé. Je travaillais fort quand je ne jouais pas, dans le gym et tout. Je me concentrais sur les petites choses pour m’améliorer. Quand j’allais avoir une autre occasion, je ne voulais pas la rater, a-t-il expliqué.

Il joue avec beaucoup plus de confiance. C’est ce que j’ai vu quand je le regardais dans les gradins. Il travaille fort, il patine, il est fort sur la rondelle. C’est facile de jouer avec lui, on se complète bien, a ajouté Byron.

Non seulement Evans pourrait bien avoir dépassé Staal dans la hiérarchie, mais qui sait s’il n’a pas joué le même tour à Jesperi Kotkaniemi, franchement désorienté sur une patinoire en ce moment.

Passes du revers à l’aveuglette, hésitant en possession de la rondelle, lent dans sa prise de décision, le Finlandais connaît une période creuse, a admis Ducharme.

Et comme le sport professionnel, ultimement, est une histoire de mérite, surtout en séries éliminatoires…

Parlant de mérite, le Canadien se qualifie donc officiellement pour les séries éliminatoires pour la première fois en quatre ans, pour la deuxième au cours des six dernières saisons.

Ça n’a pas toujours été beau à voir, mais les gars n’ont pas abandonné. On mérite d’être là et d’avoir une chance de se battre pour la coupe, a dit Ducharme.

Au moins, cette fois, sa place a été acquise dans les règles de l’art.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !