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Maxence Parrot vise encore les plus hauts sommets

Il sourit en tenant son trophée à bout de bras, devant lui.

Maxence Parrot avec son Laureus

Photo : Prix Laureus

Jean-François Chabot

Le planchiste Maxence Parrot a été récompensé jeudi du prix Laureus 2021 du retour de l'année, à la fois pour sa détermination dans sa lutte contre le cancer et pour l'impressionnante série de succès qu'il a connue à son retour sur la scène sportive.

À seulement 26 ans, son nom est venu s'ajouter à une liste prestigieuse de lauréats comprenant Ronaldo (2003), Serena Williams (2007), Kim Clijsters (2010), Rafael Nadal (2014), Michael Phelps (2017), Roger Federer (2018) et Tiger Woods (2019).

Les prix Laureus honorent annuellement les exploits des athlètes des quatre coins du monde. Rafael Nadal, Lewis Hamilton et Naomi Osaka sont également du nombre des lauréats cette année.

En entrevue à Radio-Canada Sports, Maxence Parrot s'est confié sur ce que ce prix lui inspire, sur son rôle dans la lutte contre le cancer, sur sa propre santé et sur ses objectifs pour la suite de sa carrière.


Q. Quelle a été ta première réaction quand tu as appris que tu avais remporté ce très prestigieux prix?

R. Quand j’ai appris ça, je suis un peu tombé de ma chaise. Déjà, quand j’ai été sélectionné pour ce trophée-là en fait, pour moi, ça voulait dire beaucoup parce que ce n’est pas n’importe quelle récompense. Tu as Tiger Woods qui l’a gagné dans le passé, Federer l’a gagné, Michael Phelps. C’est vraiment de tous sports confondus à travers le monde. C’est un peu comme aller dans la ligue des grands.

Donc, juste d’être sélectionné était un grand exploit. J’étais vraiment content de recevoir une reconnaissance pour mes deux dernières années et tout ce que j’ai accompli à travers le cancer, mon retour à la compétition, les trois médailles d’or aux X Games.

Et ça n’englobe pas juste la performance, mais aussi mon implication avec la Fondation leucémie et lymphome du Canada et la façon dont le cancer m’a changé. Ils m’ont dit qu’ils avaient trouvé ça inspirant. C’est pour ça qu’en bout de ligne, ils m’ont choisi comme gagnant.

De me faire dire que je suis une personne inspirante par ces personnes-là, pour moi, ça veut dire beaucoup et ça vient me toucher.


Q. Quand as-tu appris que tu étais en nomination et sais-tu qui a soumis ta candidature?

R. J’ai été sélectionné vers la mi-février. Mais non, je n’ai aucune idée qui m’a proposé. Je sais que ça s’appelle la Laureus Academy. Elle compte une centaine de membres et plus. C’est donc une de ces personnes qui a suggéré ma nomination.


Q. On imagine que le fait de recevoir un tel prix a dû te replonger dans ta bataille contre le cancer.

R. Oui. En fait, j’ai mon trophée ici et c’est pour ça qu’il représente beaucoup pour moi. Quand je le regarde, je vois vraiment toutes sortes de souvenirs. Je vois tout le travail que j’ai fait à travers ça, des moments difficiles comme de beaux moments quand j’ai gagné (des compétitions).

C’est pour ça que ce trophée-là représente énormément pour moi. Je peux pratiquement dire que c'est la chose que j’ai gagnée qui vaut le plus cher à mes yeux parce que ça englobe une histoire et une partie de ma vie qui n’a pas nécessairement été facile.


Q. Pour la deuxième année de suite, le gala des Laureus s’est tenu de manière virtuelle. Quand tu regardes la liste des autres gagnants de cette année qui comprend Rafael Nadal, Patrick Mahomes et le Bayern de Munich, qu’est-ce que ç’aurait signifié pour toi d’être sur place, en personne?

R. C’est exactement à ça que je pensais durant la dernière semaine. C’est sûr que je trouve ça extrêmement décevant de ne pas pouvoir y aller. Mais bon, c’est la pandémie.

En temps normal, j’aurais pu aller là-bas. J’aurais pu serrer la main de toutes ces grandes personnes-là qui m’inspirent depuis que je suis jeune. Je suis un joueur de tennis et j’aurais adoré rencontrer Rafael Nadal en personne.

Malheureusement, ç’a été virtuel, mais j’ai quand même reçu un petit shout out de Justin Trudeau durant le gala et aussi de Tony Hawk, le skateboarder qui est aussi un des membres de l’Académie. Tony Hawk, je le connais depuis l’âge de 5 ans. J’ai joué à ses jeux vidéo sur la PlayStation. Je trouve ça vraiment cool qu’il ait pris le temps de me dire un petit mot.


Q. Qu’est-ce que ce prix peut avoir comme effet sur ta renommée et pour ton sport qui n’est peut-être pas connu partout étant donné qu’il s’agit d’une discipline hivernale?

R. Pour mon sport, c’est vraiment génial. C’est une des raisons pourquoi on était contents d’être admis aux Olympiques en 2014. Plus on va dans une direction où le monde ne connaît pas notre sport, plus on peut en inspirer à le pratiquer.

Ce Laureus va en inspirer d’autres qui ne connaissaient pas nécessairement mon sport à peut-être l’essayer. C’est super bon pour ça.

Oui, je suis un athlète. Je parle en tant qu’athlète dans la vie de tous les jours à travers le monde. Mais d’être capable de parler de sujets différents, par rapport au cancer, par rapport à la Fondation, comment aider le monde, c’est vraiment une direction qui m’inspire vers où aller. De se faire connaître en tant que personne à travers le monde, c’est quelque chose qui me touche.


Q. Presque deux années se sont écoulées depuis ton diagnostic, tes traitements, etc. Comment va ta santé en ce moment?

R. La santé va bien. Je suis vraiment en rémission depuis bientôt deux ans, en fait un an et demi à peu près. Ça va super bien. C’est sûr que la santé mentale avec la pandémie, ce n’est pas la même chose qu’avant. On sort moins, on fait moins d’activités, on voit moins nos amis et nos proches. C’est sûr que, pour ça, c’est différent.

Mais il reste que je mets plus de temps dans mes entraînements. J’espère que ça va être payant pour les Olympiques (de Pékin) qui arrivent.


Q. Fais-tu l’objet d’un suivi médical pour t’assurer que le cancer ne revienne pas te hanter?

R. J’ai un suivi qui s’échelonne sur cinq ans et qui a commencé avec ma rémission. Il me reste encore trois ans de suivi. Je suis censé aller chercher un autre bilan sous peu.


Q. - Qu’est-ce que tu entrevois pour les mois à venir et pour la prochaine saison?

R. J’entrevois beaucoup d’entraînement encore. On ne lâche pas!

Je suis extrêmement motivé. Pendant tous les mois où j’étais à l’hôpital en train de me battre contre le cancer, je n’avais pas la chance de faire mon sport. Aujourd’hui, chaque fois que je retourne sur ma planche, je réalise à quel point je suis chanceux d’être sur ma planche. Je veux juste en faire le plus possible pendant que je le peux, m’entraîner le plus possible pour les Olympiques qui arrivent et donner tout ce que j’ai.


Q. Que peut-on te souhaiter que tu n’aies pas encore réalisé?

R. Wow! C’est une bonne question, ça! J’ai réalisé beaucoup de choses. C’est certain que mon but en termes de performance d’athlète, c’est d’aller chercher une médaille d’or aux Olympiques. Je vais tout faire en mon pouvoir pour aller chercher ça.

Sinon, mon autre but, c’est simplement de profiter de tout le parcours pour me rendre jusque-là.

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