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Le ciel se couvre pour le Canadien

Quatre buts en première période ont donné le ton à un match largement dominé par Toronto.

Il célèbre avec son équipe.

L'attaquant Mitch Marner, des Maple Leafs de Toronto, a complètement déculotté le gardien Cayden Primeau en fin de première période pour inscrire un but de toute beauté.

Photo : Reuters / Nick Turchiaro

La séquence de trois victoires du Canadien s’est rapidement dissipée, avalée par deux prestations insipides en 24 heures qui soulèvent bien des questions à l’aube des séries éliminatoires.

Après 3 min 24 s, soyons honnêtes, un peu tout le monde savait que la soirée du Tricolore était terminée. Alex Galchenyuk (oui, oui) a ouvert la marque après 16 petites secondes de jeu et John Tavares en a remis à la suite de deux revirements coup sur coup du CH profondément dans son territoire, d’abord de Brett Kulak, puis de Phillip Danault.

Dominique Ducharme a choisi de minimiser la chose. Après l’aveu d’impuissance de ses hommes et de lui mercredi soir à Ottawa, il aurait été malvenu, voire gênant, d’en ajouter après cette défaite de 5-2 à Toronto.

Le premier but ce soir, c’était comme une superball. La rondelle a bondi du coin de la patinoire au milieu, tout le monde essayait de la frapper. Ils ont finalement mis le grappin dessus et ont marqué, a-t-il expliqué.

Pour les éternels optimistes, Pierre Engvall et Mitch Marner se sont chargés de les ramener sur Terre en première période. Le pauvre Cayden Primeau se débattait comme si sa maison avait pris feu et accordait quantité de rebonds alléchants en plein cœur de l’enclave.

Résultat des courses : le jeune gardien a cédé 4 fois sur 15 tirs et a été remplacé par Jake Allen, qu’on voulait pourtant reposer, dès l’entame de la seconde.

Les caméras ont surpris bon nombre de joueurs ainsi que l’entraîneur-chef remonter le moral du gardien abattu.

Ce n’est pas de sa faute. C’est de la nôtre. On était à plat. Avec un jeune gardien dans le filet, il faut être à point.

Une citation de :Ben Chiarot à propos de Cayden Primeau

Avant de passer à autre chose, un dernier mot sur Primeau. Allen a eu cette réflexion intéressante à propos de son collègue.

Ce n’est qu’une erreur de parcours. Je vois à quel point il est bon. Quand la légende de Carey Price prendra fin, ce sera l’homme de confiance ici. Tu dois échouer pour avoir du succès dans n’importe quoi. C’est comme ça que je le vois. C’est le cas dans cette ligue, surtout en tant que gardien. C’est malheureux. Il va mal le prendre comme tous les jeunes, comme j’aurais fait aussi, mais il va passer à autre chose et sera prêt à repartir. On va encore avoir besoin de lui.

Jake Allen n’a pas seulement tiré ses coéquipiers du pétrin cette saison. Les journalistes aussi.

Circonstances atténuantes

Les joueurs de hockey disent souvent qu’il n’y a pas d’excuses pour les contre-performances dans ce sport, mais c’est faux.

En fait, ils n’hésitent généralement pas à vous en fournir une tout en spécifiant qu’il ne s’agit pas d’une excuse.

Le mot semble associé à un crime de lèse-majesté dans la LNH comme si ceux qui osaient les invoquer, les excuses, remettaient en cause leur engagement, leur dévouement, ceux de leurs pairs du même coup.

Pourtant, il y a bel et bien des circonstances atténuantes dans la vie.

Un jeune gardien dans une mauvaise soirée, une équipe qui arrive au bout d’un horaire démoniaque et qui avait joué la veille pendant que leurs adversaires profitaient de deux jours de pause, de nombreuses blessures, votre joueur de centre de confiance et expérimenté (Phillip Danault) qui tombe au combat après six présences : en voilà quelques exemples.

Ces deux matchs en deux soirs, ce n’est pas facile, particulièrement à ce temps-ci de l’année. Tout le monde le sentait, a lancé Tomas Tatar, de retour au jeu après cinq matchs d’absence en raison d’une blessure.

Mais ce n’est pas une excuse, a-t-il ajouté.

Qu’est-ce qu’on vous disait?

D’emblée, le défi du CH était colossal. D’un autre côté, l’on parlait de signes inquiétants.

Les trois victoires d’affilée représentaient un joli feu d’artifice, mais il y a une possibilité pour qu’elles n’aient été que de la poudre aux yeux.

Trois victoires à l’arrachée après avoir dû effacer un retard dans chacune d’entre elles, c’est encourageant d’une certaine façon, peut-être, mais c’est aussi, à long terme, la meilleure façon de ne pas avoir de succès.

Pour un sixième match d’affilée, le Canadien a cédé le premier but à l’adversaire. La thématique centrale des points de presse de mercredi soir à Ottawa était l’importance de connaître de bons départs.

Après 10 minutes de jeu, Montréal avait accordé trois buts. L’équipe était surtout complètement dépassée par la vitesse des Leafs et démunie pour y opposer une certaine résistance. À trois matchs du début des séries éliminatoires, vraisemblablement contre ces mêmes Leafs, il y a de quoi se gratter la tête.

À une époque pas si lointaine, les départs fulgurants étaient la marque de commerce du CH. Étourdir l’adversaire par sa rapidité également. Le Ticolore tentait d’en finir avec sa crise d’identité ces derniers jours. On la sent toutefois bien ancrée. Ça prendra plus qu’une simple introspection.

Difficile de savoir à quoi Ducharme s’attaquera en priorité. Il y a de ces soirs où tous les aspects du jeu font défaut. C’était le cas pour un deuxième match de suite.

Les sorties de zone, la protection de l’enclave, les bagarres pour la possession de la rondelle, la relance, s’approprier le centre de la glace en zone neutre, utiliser sa vitesse, etc.

Rarement, tu vas avoir une partie de ton jeu qui va super bien et une autre qui va être mauvaise. D’habitude, les choses vont ensemble. C’est un casse-tête et les pièces viennent les unes après les autres. De notre zone en zone neutre à la zone offensive. Il y a des choses qu’on veut mieux faire. Dans les matchs où on est solide, ça a un impact des deux côtés, a-t-il dit.

Un peu nébuleux tout ça. Le Canadien devrait toutefois avoir un peu de temps pour préparer le premier tour éliminatoire lorsque le temps sera venu puisque Toronto complète sa saison deux jours après lui et les Oilers, si jamais tel était l’adversaire, trois jours après.

Ce ne sera pas de refus pour Dominique Ducharme. Il aura besoin de Brendan Gallagher, de Shea Weber et de Carey Price. Mais dans quel état seront-ils?

En rafale

Ducharme a confirmé que la blessure de Danault (haut du corps) le turlupinait depuis quelque temps déjà. Il n’avait pas pensé le laisser de côté jeudi soir. Le Québécois a donc aggravé le problème en première période.

On ne pense pas que ça peut être à long terme, mais on va voir. Il a encore des choses à faire, s’est contenté de dire l’entraîneur.

Le trio de Danault, Tatar et Cole Caufield a encaissé les quatre buts des Leafs au premier vingt. Caufield a éventuellement été jumelé aux vétérans Eric Staal et Corey Perry. Il a inscrit son troisième but de la saison, son premier à cinq contre cinq, grâce à une passe lumineuse de Perry.

Maigre consolation, le Canadien n’a pas accordé de buts lorsque les Leafs travaillaient en supériorité numérique. Toronto a terminé la soirée 0 en 4, malgré un avantage de deux hommes de deux minutes. Étonnamment, les hommes de Sheldon Keefe ont maintenant une fiche de 4 en 64 à leurs 26 dernières rencontres.

Qu'à cela ne tienne, Auston Matthews a atteint la marque des 40 buts pour la troisième fois de sa carrière. L'Américain de 23 ans a réalisé l'exploit en 49 matchs.

Par ailleurs, Ducharme, a indiqué que Carey Price n'allait finalement pas rejoindre ses coéquipiers à Toronto, comme il l'avait affirmé plus tôt cette semaine.

Price, qui se remet d'une commotion cérébrale, continuera sa remise en forme à Brossard. Il retrouvera ses coéquipiers seulement la semaine prochaine.

Les deux équipes s'affronteront à nouveau samedi soir à Toronto.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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