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La jeunesse au cœur d’une improbable série de victoires du CH

Le Tricolore revient de l'arrière et bat les Maple Leafs 3-2 en prolongation grâce à un but de Cole Caufield.

Cole Caufield célèbre avec Jake Evans.

Cole Caufield récolte un deuxième but gagnant en deux matchs.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Bien malin celui qui aurait pu prédire une pareille lancée du Canadien après l’avoir vu se faire dépecer par les Maple Leafs mercredi dernier.

Le Tricolore arrachait alors ces gains de peine et de misère, dans la souffrance et le chaos, et semblait incapable d’offrir du jeu constant. L’équipe avait frôlé la catastrophe en Alberta et la fatigue s’accumulait presque aussi rapidement que les blessés.

Et voilà que le CH vient de coller trois victoires consécutives, une première depuis le 1er avril, seulement une troisième occurrence cette saison.

Pour reprendre les mots de Phillip Danault, bien en verve après la victoire de 3-2 des siens en prolongation contre ces mêmes Leafs lundi soir, c’est un bon moment.

Un bon moment pour larguer les Flames de Calgary. Un bon moment pour rattraper les Jets, les deux équipes étant maintenant sur un même pied au classement avec le bris d’égalité en faveur de Winnipeg.

Et, surtout, un bon moment pour que la cavalerie débarque en renfort, elle qui a la fâcheuse habitude d’être toujours en retard.

Il ne s’agit pas ici que de Cole Caufield, même si le franc-tireur a tout de la mitrailleuse qui faisait défaut au Canadien. Il a réussi un deuxième but gagnant en prolongation en deux matchs.

Il y a Caufield, bien sûr, mais il y a aussi Nick Suzuki, visiblement enfin parvenu à l’autre bout du tunnel un peu sombre dans lequel on l’a cru perdu par moments. Il y a Alexander Romanov aussi. Le défenseur russe apprend parfois à la dure, comme cela a été le cas dans ce match, mais il progresse. Et il y a Jeff Petry. Moins jeune celui-là, mais intrinsèquement lié aux succès des Montréalais depuis quelques années maintenant.

Il aura fallu un imbroglio administratif kafkaïen avant de voir Caufield dans la LNH. Depuis qu’il y est, le jeune homme est en train de prouver que s’y trouve sa place.

Dominique Ducharme a souvent affirmé qu’il accorde peu d’importance aux jumelages spécifiques des trios. C’est en partie vrai, mais il sait protéger un jeune joueur. Évidemment, du haut de ses 20 ans (et de ses trois pommes), Caufield voit surtout de l’action contre les troisièmes et quatrièmes unités adverses.

À l’inverse, l’entraîneur met à profit les forces du petit ailier et l’envoie continuellement en avantage numérique et, pour une deuxième soirée de suite, en prolongation. Son utilisation est bien réfléchie.

Tu dois prendre le pouls de ça à chaque match. Ça dépend contre qui on joue, qui il affronte. Quel genre de soirée il connaît […] C’est important de placer les jeunes dans des situations où ils peuvent avoir du succès, a expliqué Ducharme en visioconférence après la rencontre.

Cette patience et cette audace de l’entraîneur ont permis à Caufield de rayonner jusqu’à présent.

Il est peut-être petit, mais il aime les grands moments. Il a un cristie de lancer.

Une citation de :Phillip Danault à propos de Cole Caufield

La recrue devrait pouvoir demeurer avec l’équipe pour encore quelques matchs. Il faudrait à la fois que Tomas Tatar et Paul Byron reviennent au jeu pour forcer le Tricolore à prendre une décision entre Jake Evans et Caufield, ce qui pourrait être bien plus compliqué que les feux d’artifice du buteur de Stevens Point laissent croire.

Une fois dans les séries éliminatoires, comment priver le club de cet élan retrouvé en partie depuis que ces deux-là sont de la formation partante? Il n’y pas de meilleure façon de s’intégrer à une équipe que ce que fait Caufield et à voir la réaction de ses coéquipiers, Bilbo, tel qu’ils l’ont surnommé, a déjà été adopté.

Les gars ont été si bons avec moi. Ça m’a mis à l’aise dès le départ, a-t-il lancé.

De son côté, Nick Suzuki a repris ses airs de jeune premier, de l’érudit de la classe, de l’élève modèle qu’il était dans la bulle l’été dernier.

D’ailleurs, lui et Caufield côte à côte, n’est-ce pas là l’image idyllique de l’avenir du CH, tout ce qu’entrevoyait Marc Bergevin pour permettre à son équipe d’en redevenir une grande, propulsée par cette belle jeunesse et solidement ancrée sur le socle à deux têtes Carey Price et Shea Weber?

Pour l’instant, les bambins font sans les deux vétérans, ce qui est peut-être plus encourageant encore.

Avec trois passes lundi, Suzuki a maintenant 10 points à ses 6 derniers matchs.

Caufield s’est d’ailleurs dit impressionné par la constance du joueur de centre. Peut-être ce trait de caractère l’a-t-il frappé au cours des cinq petits matchs qu’il a joués dans la LNH, mais le fait est que Suzuki recherche encore la clé de voûte de cette qualité énigmatique qui demeure souvent inaccessible à bien des joueurs.

L’Ontarien de 21 ans a amassé 12 points à ses 12 premiers matchs cette saison en plus de la séquence de 10 en 6 susmentionnée. Entre les deux, il a récolté 15 points en 33 matchs. Rien de dramatique, mais loin de son potentiel.

Il a pris une coche. C’est difficile d’être constant soir après soir dans la LNH. Il veut gagner, il veut faire la différence et il la fait.

Une citation de :Phillip Danault à propos de Nick Suzuki

L’an passé, j’étais un peu protégé. Maintenant, on me fait confiance contre n’importe quoi. J’ai eu de la difficulté en milieu de saison, mais je veux continuer d’apprendre et de progresser, a indiqué Suzuki.

Sa relance est survenue depuis qu’il évolue au sein d’un trio particulièrement bien équilibré avec Tyler Toffoli et Joel Armia, et en même temps que celle de Jeff Petry d’ailleurs, lui aussi sur une excellente séquence de huit points à ses cinq derniers matchs.

Cet essor a aussi dynamisé l’avantage numérique. L’attaque massive tourne à 29 % d’efficacité (7 en 24) au cours des huit derniers matchs, une prestation bonne pour le 3e rang dans la ligue pendant cette période.

Sans compter que Montréal a remporté ces trois victoires après avoir comblé un retard, souvent double, dans chacune de ces rencontres.

Tout tombe en place pour le Bleu-blanc-rouge alors qu’il commençait à se faire minuit moins une. Josh Anderson l’a dit, il n’y a pas d’interrupteur pour retrouver un jeu de qualité, ça se bâtit patiemment.

Montréal semble sur le point d’y arriver, tout ça en l’absence de six joueurs cruciaux. Ducharme risque de devoir jongler avec beaucoup de personnel sous peu et n’aura pas vraiment le droit à l’erreur dans cette ingrate tâche qui lui a été confiée en milieu de saison.

Par contre, ces tractations ne concernent pas les amateurs qui ont enfin de quoi se réjouir en voyant Suzuki remplir les grandes attentes placées en lui et Caufield déjà prêt à défoncer les portes de la Ligue nationale.

Une réflexion dominait toutes les autres quand on a vu la recrue marquer le but gagnant lundi soir. Et dire qu’il n’y avait personne dans les gradins pour voir ça…

En rafale

Jesperi Kotkaniemi traverse une vilaine séquence. Le Finlandais a inscrit une seule passe en 14 rencontres et n’a plus vraiment de rôle défini depuis les nombreuses blessures à des attaquants. Ducharme l’a à nouveau placé à la gauche de Danault et de Josh Anderson, ce qui venait toutefois avec un affrontement contre le trio de Matthews.

Ça ne s’est pas très bien passé, au point où l’entraîneur l’a cloué au banc pour la deuxième moitié de la troisième période ainsi qu’en prolongation. Il n’était pas blessé, a précisé Ducharme quand on lui a demandé ce qui expliquait cette décision.

Mine de rien, Suzuki vogue maintenant sur un rythme de croisière de 60 points sur une saison de 82 matchs. Pas mal pour un centre de deuxième année.

La soirée a été particulièrement ardue pour Alexander Romanov. Après six revirements francs où il a fait cadeau de la rondelle à l’adversaire, dont l’un d’eux qui a mené au premier but des Leafs, l’on a arrêté de compter. Après avoir passé 21 et 23 minutes sur la glace à ses deux derniers matchs, l’arrière a été rétrogradé du deuxième au troisième duo défensif et a dû se contenter de 13 min 43 s de temps de jeu. Ces choses arriveront avec un défenseur recrue.

Jeff Petry a atteint le plateau des 40 points pour une quatrième année de suite. Son sommet est de 46, ce qui semble inatteignable cette année, mais il l’avait atteint en 82 matchs. Cette fois, il en totalise 40 en 51 rencontres, soit un rythme de croisière de 64 points reporté sur une saison normale.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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