•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un tout nouveau festival de films consacré au vélo de montagne

Le cycliste effectue un saut sur une butte de terre

Lucas Rey-Sierro

Photo : Laurent Bilodeau

Michel Chabot

Les mordus du vélo de montagne auront droit à un premier festival de films sur leur passion. Les organisateurs du Festival iF3, bien connu dans le monde du ski et du surf des neiges pour ses événements annuels depuis 2007, ont décidé de donner une nouvelle vitrine à ce sport qui connaît un vif engouement au Québec.

Ça fait deux ou trois ans qu’on se fait demander de l’ajouter parce que c’est une clientèle similaire, explique Luc St-Jacques, président du Festival iF3. Il y a vraiment beaucoup de skieurs et de planchistes à travers le monde qui font du vélo de montagne. Quatre-vingt-cinq pour cent de notre clientèle passe dans l’autre monde quand ils ne sont pas en ski ou en planche.

L'iF3 se targue de tenir le plus important rassemblement mondial depuis des années : 25 000 personnes sont abonnées à sa page Facebook. Et ses ambitions avec le vélo sont aussi grandes.

L’iF3 Mountain Bike Film Festival 2021 sera présenté gratuitement, de façon virtuelle, du 6 au 8 mai. Des émissions en direct mettront en vedette des athlètes professionnels et des producteurs de films sur leur site www.if3mountainbike.com.

Vingt-et-un films, dont 12 de niveau professionnel, sont en lice pour les prix qui seront déterminés par le vote du public.

La soirée du vendredi 7 mai est dédiée aux productions québécoises. Le cycliste Lucas Rey-Sierro y est inscrit en compagnie du vidéaste Laurent Bilodeau qui a réalisé le film Flow for fun. Ancien champion junior québécois de descente, le jeune Bromontois de 21 ans se passionne pour cette discipline depuis longtemps.

Je produis des vidéos depuis que j’ai 14 ans pour des équipes de vélo, avec les commanditaires, mentionne-t-il. iF3, ça va ouvrir un peu plus. J’ai été diffusé sur pinkbike.com, qui est le plus grand site de vélo de montagne, où tous les vidéos se retrouvent. J’ai réussi à avoir des vidéos qui sont allés au niveau national, Pinkbike Canada. Je connaissais iF3 pour le ski. Ils sont super gros et c’est bon de savoir qu’ils vont grandir et je suis content qu’ils se lancent dans le vélo de montagne.

Lucas Rey-Sierro, qui travaille à la conception des pistes au centre national de Bromont, désire développer son art et en faire une carrière.

C’est sûr que c’est le rêve, pouvoir vivre de sa passion du vélo. On voit de plus en plus d’athlètes qui étaient pros en descente, ou qui avaient le potentiel pour le devenir, qui s’enlignent dans la voie de la création de contenus. Je pense à des gars comme les Britanniques Kade Edwards ou Kaos Seagrave, qui sont de jeunes talents prometteurs en descente, mais qui sont aussi excellents dans le freestyle et les sauts. Ils poussent beaucoup dans les médias sociaux, ils se font supporter par des marques et ils pourront assurément gagner leur vie avec ça.

Une citation de :Lucas Rey-Sierro

C’est certain que quelqu’un peut y arriver en faisant de grosses productions vidéo, autant dans le ski, la planche à neige que le vélo de montagne, soutient Luc St-Jacques. Il y a d’autres sports un peu plus en marge, on peut penser au kayak de rivière et au surf, où les images sont spectaculaires. Nous explorons de ce côté. Mais dans le vélo de montagne, la communauté est assez importante pour que nous organisions un événement annuel dans le but de créer une visibilité optimale.

Chaque année, il y a des amateurs qui se présentent, qu’ils soient athlètes ou producteurs, qui deviennent éventuellement professionnels. Ils se font engager par les productions et gagnent ainsi leur vie avec leur passion. C’est pour ça que l’on continue. Ça crée un beau mariage entre la relève et ceux qui sont très bien établis.

Des films de plus en plus léchés

La qualité des productions en ski ne cesse de s’améliorer avec le temps. Et cette évolution n’est pas sur le point de s’atténuer, selon le président de l'iF3.

Chaque année, on se fait surprendre avec des images ou des techniques jamais vues qui surpassent celles des années précédentes, fait valoir M. St-Jacques. Les prouesses athlétiques sont absolument phénoménales. C’est en lien avec l’équipement et avec la recherche en matière de sauts.

Je pense qu’il n’y a pas encore de limites qui sont atteintes. Pour le vélo de montagne, nous sommes en mode découverte et analyse, donc nous recueillons le plus de projets possible pour voir ce qui existe dans le but d’établir nos catégories pour l’année prochaine. C’est ahurissant ce qu’on peut voir.

Une citation de :Luc St-Jacques, président du Festival iF3

Il y a vraiment de grosses productions partout dans le monde, ajoute Rey-Sierro. Anthill Films, ils sont vraiment gros et ils produisent des choses de qualité. On a récemment eu droit au Reel MTB, organisé par les X Games. On y a vu des pros qui se consacrent à fond dans les vidéos. C’est clairement quelque chose qui prend de l’ampleur. Et de plus en plus, des athlètes semblent laisser un peu la compétition pour se diriger vers la création de contenus dans les médias sociaux.

Ça reste une petite communauté, le vélo de montagne, ajoute-t-il. Donc, dès qu’on est capable d’avoir de bons vidéos sur les médias sociaux et qu’ils soient partagés, je crois que ça aide à grandir assez rapidement.

iF3 présentera son 14e gala international de films de ski et de planche en octobre prochain et en inaugurera un avec le vélo de montagne en avril 2022.

Les athlètes et les producteurs intéressés peuvent soumettre leurs projets qui seront tous vus par le comité de sélection à la fin de la période d’inscription.

Si le potentiel est bon, on les place dans la sélection officielle et ils seront présentés pendant le festival, en ligne ou en personne, selon les restrictions relatives à la COVID-19, précise Luc St-Jacques. Durant le gala, les juges feront une remise de prix. Il y a 26 prix dans ce volet. Ce qui fait notre notoriété dans le monde c’est que les producteurs et les athlètes veulent recevoir ces prix-là. Nous nous sommes fait dire par certains récipiendaires que ça les avait beaucoup aidés à obtenir des contrats et des commanditaires afin qu’ils puissent poursuivre leur rêve.

La popularité du vélo de montagne

Les adeptes du vélo de montagne représentent près de la moitié des membres inscrits à la Fédération québécoise des sports cyclistes. En 2019, ils étaient 4217, un record. Ce chiffre a baissé de 34 % en 2020 en raison de la pandémie. Mais depuis le début de l’année, les inscriptions ont presque doublé comparativement à la même période l’an passé.

À Bromont, toutefois, l’engouement n’a jamais ralenti, selon Lucas Rey-Sierro.

La participation a explosé l’année dernière, dit-il. Dans les magasins, c’est fou, il n’y a plus de vélos à vendre. L’usagé se vend aussi cher que le neuf.

Mais les usagers des pistes n’ont pas à s’inquiéter, il y a de la place pour tout le monde. Il y a tellement de kilomètres de sentiers, et les gens se divisent en plusieurs disciplines, la descente, l’enduro… Ils vont un peu partout et tout se passe bien. En tous cas, l’année dernière, il n’y a jamais eu d’embouteillage.

Un autre centre en Estrie, le Wolf Bike Park, à Mansonville, commence à faire du bruit. Les créateurs de ce parc, Simon Drouin et Alexandre Duquette, présenteront d’ailleurs leur projet dans le cadre du Festival iF3, vendredi soir, avec leur film intitulé The Beast is Born.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !