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Tokyo veut recruter 500 infirmières pour les JO, le milieu hospitalier en colère

Des infirmières soignent une personne malade.

Des infirmières au travail à l'hôpital universitaire Kyorin de Tokyo

Photo : afp via getty images / YOSHIKAZU TSUNO

La Presse canadienne

De nombreuses personnes du milieu hospitalier japonais s'insurgent contre la demande du comité organisateur des Jeux olympiques de Tokyo de recruter 500 infirmières pour aider à la présentation de l'événement.

Le personnel infirmier affirme être déjà surchargé par la pandémie.

Le comité organisateur, qui dit avoir besoin de plus de 10 000 personnes du domaine médical sur les sites des compétitions, veut recruter des infirmières, à titre de bénévoles par surcroît, alors que les villes de Tokyo et d'Osaka ont été placées en état d'urgence.

En plus d'être vraiment frustré, j'étais surpris de voir à quel point il y avait un manque d'empathie, a expliqué Mikito Ikeda, infirmier à Nagoya depuis 10 ans.

Cela démontre à quel point on peut parfois négliger des vies humaines.

Dans un communiqué de la Fédération des syndicats du personnel de la santé du Japon, le secrétaire général, Susumu Morita, a rappelé que le pays devrait mobiliser ses ressources pour lutter contre la pandémie plutôt que pour organiser des Jeux olympiques.

Nous devons cesser de demander à ces infirmières de quitter leur poste pour être bénévoles aux Jeux olympiques. Elles doivent avant tout nous permettre de lutter contre la pandémie, a dit Susumu Morita.

Un message publié sur Twitter proclamant que les infirmières étaient contre la présentation des Jeux dans leur pays a été partagé plusieurs milliers de fois au Japon.

Un infirmier présente une seringue contenant une dose du vaccin contre la COVID-19 à une collègue.

Le personnel médical au travail à Tokyo pour enrayer la pandémie de COVID-19.

Photo : Getty Images / CHARLY TRIBALLEAU

Même avant la pandémie, les infirmiers et infirmières japonais travaillaient dans des conditions beaucoup moins avantageuses qu'aux États-Unis ou en Grande-Bretagne.

Nos hôpitaux ne peuvent pas se permettre de perdre une seule infirmière. Et maintenant, le comité organisateur en veut 500. Comment pensent-ils que c'est possible? se demande Mikito Ikeda.

Le nombre de décès liés à la COVID-19 a récemment franchi le cap des 10 000 au Japon.

Le président de l'Association médicale de Tokyo, Haruo Ozaki, a dit qu'il serait extrêmement difficile de présenter les Jeux au moment où les nouveaux variants se transmettent rapidement.

Nous avons entendu assez d'arguments concernant l'importance des Jeux, a-t-il souligné. La vérité est qu'il sera extrêmement difficile de présenter les Jeux sans augmenter le nombre d'infections, tant au Japon qu'à l'extérieur du pays.

Le premier ministre japonais, Yoshihide Suga, a suggéré que les membres du personnel infirmier qui ont démissionné dans les dernières semaines pourraient travailler pendant les Jeux.

J'ai entendu dire que plusieurs infirmières prennent du temps de repos, donc je crois que cela serait possible, a affirmé le premier ministre.

Une déclaration qui a été très mal reçue et qui a été fortement dénoncée.

De récentes consultations publiques ont rapporté que jusqu'à 80 % de la population japonaise préférerait que les JO soient de nouveau reportés, ou encore qu'ils soient complètement annulés.

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