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Benjamin St-Juste surpris et encore sur un nuage

Le demi de coin s'apprête à capter un ballon de football qui se dirige vers lui.

Benjamin St-Juste au jour d'essai organisé à l'Université du Minnesota le 1er avril 2021, à Minneapolis.

Photo : Associated Press / Andy Clayton- King

La nuit a été courte pour Benjamin St-Juste. Quand son nom a été prononcé à la télévision vendredi soir, ses notifications ont explosé sur son téléphone cellulaire. Il estime en avoir eu à peu près 1000, au point où son téléphone s’est éteint.

Après un premier bain de presse avec les représentants médiatiques de la capitale américaine, il a essayé de dormir.

Une douzaine d’heures après avoir été repêché par l’équipe de football de Washington au troisième tour de l’encan de la NFL, le demi de coin a admis à un groupe de journalistes québécois qu’il ne réalisait pas encore pleinement ce qui lui arrivait.

Je suis un gars qui aime prendre du recul sur les choses et je pense que ça va me prendre deux ou trois jours avant de saisir ce qui m’arrive, a-t-il expliqué samedi aux médias canadiens. C’était fou quand c’est arrivé, et je vais m’en souvenir toute ma vie.

St-Juste s’attendait à être repêché vendredi, mais pas nécessairement si rapidement et encore moins par Washington. Il a été choisi en début de troisième tour.

Ses entrevues avec les entraîneurs de cette équipe s’étaient bien déroulées, mais n’étaient pas récentes. Il a été surpris par l’appel de l’entraîneur-chef Ron Rivera.

Il m’a dit qu’il allait me sélectionner avec leur prochain choix, dans quelques minutes, a raconté St-Juste. C’était un peu bizarre. Il y avait beaucoup d’émotions et j’étais comme sur un nuage. Je vais m’en souvenir toute ma vie. C’était vraiment un beau moment.

St-Juste était à Atlanta avec sa copine et sa belle-famille. Dans la même pièce, sa famille, retenue au Canada, et une vingtaine de proches se partageaient des carrés d’écran en visioconférence.

C’est d’ailleurs les membres de sa famille qu’il a eus en tête en premier.

J’ai pensé à eux qui ne pouvaient pas être avec moi en raison des restrictions sanitaires, a dit le demi de coin. J’étais ému en pensant à tous les sacrifices que mon père a faits pour moi. Mon frère aussi était super ému, parce qu’il suit mon parcours depuis longtemps. Ma mère, elle, portait le chandail que j’ai porté au Senior Bowl cet hiver.

Un homme, une femme et leur fils adolescent marchent dans un parc en souriant.

Il est vrai que le chemin de St-Juste vers la NFL n’a pas été simple. En fait, il ne doit pas être simple pour bien des joueurs.

Adolescent, il a même été retranché de l’équipe du Québec. On jugeait alors qu’il manquait parfois de concentration et qu’il se fiait un peu trop à son talent et à ses qualités athlétiques indéniables.

C’était une déception parmi tant d’autres, mais elle m’a forcé à me réveiller, a ajouté St-Juste. J’ai compris ce jour-là que rien n’est acquis dans la vie et j’ai commencé à m’entraîner plus fort après et à me concentrer sur moi-même. J’ai ensuite pu obtenir des bourses d’études aux États-Unis et ça m’a aidé à forger la personne que je suis aujourd’hui.

Il veut maintenant inspirer les plus jeunes à l’imiter. Ça faisait 25 ans qu’un Québécois n’avait pas été repêché aussi hâtivement au repêchage. En fait, le seul qui a été repêché plus rapidement que lui a été le porteur de ballon Tshimanga Biakabutuka, au 8e rang au total par les Panthers de la Caroline en 1996.

En comparaison, Laurent Duvernay-Tardif avait été choisi au sixième tour par les Chiefs de Kansas City en 2014.

J’ai toujours voulu accéder à la NFL, mais je voulais aussi être un exemple pour la plus jeune génération, a admis St-Juste. Le fait d’avoir été repêché si tôt, j’espère que ça va donner espoir aux plus jeunes et qu’il y en aura de plus en plus au cours des prochaines années dans la NCAA et dans la NFL.

La polyvalence sera son atout principal

St-Juste devrait se rapporter aux installations de l’équipe d’ici une quinzaine de jours pour un premier camp.

Bien qu’il ait été repêché d’abord et avant tout comme demi de coin, il estime que sa polyvalence et sa taille pourraient l’aider à voir du terrain très rapidement. Il peut aussi jouer comme maraudeur, notamment.

Avec les nouvelles formations offensives dans la NFL et les receveurs grand format, ma polyvalence me donne la chance d’être utilisé dans plusieurs schémas défensifs différents et non pas seulement comme demi de coin. Je pense que ça va me permettre d’être sur le terrain dès mon année recrue.

Il attrape un ballon durant un entraînement au Senior Bowl.

Benjamin St-Juste

Photo : Facebook/Benjamin St-Juste

St-Juste n’est pas le seul Canadien à avoir été repêché au cours des dernières heures. Samedi après-midi, le porteur de ballon albertain Chuba Hubbard a été choisi au quatrième tour par les Panthers de la Caroline.

La veille, en plus de St-Juste, le maraudeur Jevon Holland, de Coquitlam en Colombie-Britannique, et le receveur de passes Josh Palmer, de Brampton en Ontario, ont respectivement été choisis aux 2e et 3e tours.

Les quatre joueurs canadiens repêchés égalent un record établi en 2014 pour un repêchage de la NFL.

On se connaît tous un peu et on voulait être plusieurs à entrer dans la NFL, a dit St-Juste. Nos parcours sont différents de ceux des Américains et on veut bâtir la prochaine génération de joueurs de football.

Deux autres joueurs québécois, Pier-Olivier Lestage et Bruno Labelle, pouvaient quant à eux s’entendre en tant que joueurs autonomes avec des équipes de la NFL d’ici la fin de la journée.

Dès la fin du repêchage, les Carabins de l'Université de Montréal ont annoncé que Lestage avait obtenu un contrat avec les Seahawks de Seattle.

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