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Diego Maradona victime de soins de santé « déficients »

Une femme pleure devant une murale de Maradona.

La mort de Diego Maradona, le 25 novembre 2020, a causé une onde de choc monstre en Argentine et dans le quartier de la Boca, à Buenos Aires, où il a commencé à cimenter sa légende.

Photo : Getty Images / Tomas Cuesta

Agence France-Presse

La légende du football argentin Diego Maradona, décédée en novembre 2020, a reçu un traitement « inadéquat, déficient et imprudent » par l'équipe soignante qui l'entourait peu avant sa mort. Elle lui aurait prodigué un traitement conduisant à une lente agonie, a dit un rapport d'experts rendu public vendredi. Ils estiment que l'icône du soccer a été« abandonné à son sort ».

Dans un document de 70 pages, la commission médicale chargée d'enquêter à la demande de la justice argentine sur les dernières heures de la vedette mondiale a déterminé que Diego Maradona a commencé à mourir au moins 12 heures avant d'être retrouvé sans vie et a enduré une période d'agonie prolongée.

Le rapport précise que les signes de danger de mort qu'il présentait ont été ignorés et que les soins infirmiers prodigués sont entachés de déficiences et d'irrégularités.

Le parquet a ouvert une enquête qui cherche à déterminer une éventuelle négligence ou imprudence dans les traitements médicaux administrés à Diego Maradona, décédé d'un problème cardiaque le 25 novembre 2020 à l'âge de 60 ans, seul dans sa résidence de Tigre, au nord de Buenos Aires.

Les déclarations de deux des cinq filles de l'ex-capitaine de l'équipe argentine, Gianinna (31 ans) et Jana (24 ans), qui pointaient le neurochirurgien Leopoldo Luque comme responsable de la détérioration de l'état de santé de leur père, avaient déclenché la procédure judiciaire.

Pas traité au bon endroit

La commission médicale de 20 experts, dont les médecins légistes qui ont pratiqué l'autopsie et des spécialistes de diverses disciplines médicales, conclut que l'ancien champion du monde aurait eu de meilleures chances de survie s'il avait été hospitalisé dans un centre de soins approprié et polyvalent. Compte tenu du tableau clinique, clinico-psychiatrique et du mauvais état général, il aurait dû poursuivre sa rééducation et son traitement interdisciplinaire dans une institution appropriée, insiste le document.

Les experts ont indiqué que Diego Maradona n'était pas en plein usage de ses facultés mentales ni en mesure de prendre des décisions concernant sa santé après son opération pour un hématome à la tête début novembre.

Selon son médecin personnel, Leopoldo Luque, l'ex-joueur de Boca Juniors, Naples et Barcelone avait insisté pour quitter le milieu hospitalier et avait refusé d'être conduit dans un autre centre de soins.

L'équipe médicale traitante a pleinement et complètement envisagé la possibilité de l'issue fatale du patient, mais est restée absolument indifférente à cette question, et n'a pas changé son comportement et son approche médicale [...] et a abandonné à son sort, l'ex-capitaine de la sélection argentine championne du monde 1986 au Mexique, accuse le rapport.

Sept mises en examen

Pour l'ancien porte-parole de Diego Maradona, Sebastian Sanchi, interrogé par l'AFP, il est clair que la commission (médicale) dit que les choses n'ont pas été faites correctement.

Sept personnes ont été mises en examen par le procureur de la République de San Isidro, dans la banlieue de Buenos Aires, responsable de l'enquête : le neurochirurgien Leopoldo Luque, la psychiatre Agustina Cosachov, un psychologue, deux infirmiers (un homme et une femme) qui étaient au chevet de Diego Maradona, ainsi que le superviseur de ces infirmiers et un médecin coordinateur de l'hospitalisation à domicile.

En Argentine, les peines pour abandon par négligence ou homicide involontaire vont de 5 à 15 années de prison. Une procédure judiciaire distincte est également en cours concernant l'héritage du joueur disputé entre ces cinq enfants, ses frères et son dernier représentant légal, Matias Morla.

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