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Une bonne dose de confiance

Le Canadien a comblé deux retards de deux buts pour l'emporter, vendredi soir, au Centre Bell.

Jeff Petry félicite son coéquipier Nick Suzuki après son but marqué face aux Jets.

Nick Suzuki a marqué deux buts en plus de récolter une mention d'aide dans la victoire du Canadien face aux Jets de Winnipeg. Il a inscrit quatre buts lors des quatre derniers matchs de l'équipe.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

« On n’a pas eu beaucoup de ce genre de matchs récemment », ont été les premiers mots de Jake Allen quand il s’est assis pour parler aux médias. C’est presque un euphémisme.

Vous pouvez toujours compter sur le gardien pour donner l’heure juste. Dans la victoire comme dans la défaite, Allen ne se défile pas.

Individuellement, l’homme qui tient le fort en l’absence de Carey Price n’a peut-être pas joué à la hauteur de ses attentes : l’échappée dont le tir de Paul Stastny lui glisse entre les mains, le deux contre un où il se compromet un peu tôt et ouvre une brèche à Trevor Lewis.

Tout cela, pour une fois, n’avait que peu d’importance et Allen pouvait finalement célébrer le gain après avoir profité d’une attaque de qualité, soutenue, de ses coéquipiers, un privilège qui lui a rarement été accordé cette saison.

Par deux fois, Montréal a comblé un retard de deux buts (0-2 et 1-3) pour s’emparer de cette importante victoire, devenue nécessaire après celle des Flames jeudi soir et pour se rapprocher des Jets du même coup.

Pourtant, 48 heures plus tôt, le CH avait aussi été mené rapidement 2-0 par les Maple Leafs et s’était effondré. Dominique Ducharme avait confié que ce retard était apparu à ses joueurs comme une montagne impossible à gravir.

Trois joueurs s'enalcent.

Le joueur des Jets de Winnipeg Trevor Lewis célèbre l'un de ses deux buts.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Lorsque le Tricolore domine la possession de la rondelle et obtient plus de chances de marquer que l’adversaire, mais perd 1-0 après 20 minutes, ou quand il revient dans le match, mais se fait rabattre au sol lors d’un deux contre un provoqué par une erreur bête d’Erik Gustafsson, il y a lieu de croire que cette équipe va hisser le drapeau blanc.

Après tout, comme l’a dit Allen, on aurait pu regarder ailleurs, c’est sûr.

C’est arrivé qu’on ait fait ça cette année, mais on a travaillé fort et on a trouvé une façon de gagner, a-t-il ajouté.

Il ne faut pas avoir peur d’être en retard dans un match. On est une bonne équipe, on est capable de revenir, a répété Nick Suzuki, auteur de deux buts et une passe dans la rencontre.

C’est immense pour notre confiance, pour notre position au classement. De marquer cinq buts, ça nous donne confiance qu’on peut mettre la rondelle dans le filet. Il faut continuer comme ça, a dit Ben Chiarot.

Ne serait-ce que dans le discours des joueurs, dans le ton ferme, dans les regards francs, l’on voyait là un monde de différence avec les pâles démonstrations de contrition qui suivaient les nombreux revers récemment.

Pas de doute, celle-là a fait du bien.

De jeunes catalyseurs

C’est lors de l’échauffement que l’on a appris que Shea Weber s’absenterait pour le match. Blessure au haut du corps, a spécifié le Canadien sur son compte Twitter.

Si le CH a longtemps été épargné par les blessures, c’est maintenant l’hécatombe. Weber a rejoint un groupe de cinq vétérans essentiels au succès de l’équipe déjà sur la touche. Au total, c’est près de 36 millions en salaires qui manquent à l’appel.

Voilà de surcroît que Joel Armia pourrait s’ajouter à ce groupe. Le Finlandais a été frappé durement par Derek Forbort en toute fin de rencontre et sa tête a donné durement contre la baie vitrée. L’ailier droit est rentré au vestiaire péniblement, tête baissée, où, l’on imagine, il a dû se soumettre au protocole des commotions cérébrales. Il en a déjà subi une en début de saison.

Pour le moment, on se croise les doigts. Ç’a l’air pas si mal, a indiqué Ducharme.

Bref, en l’absence de tout ce beau monde, le Canadien a dû composer avec quelques incongruités comme Jesperi Kotkaniemi à l’aile de la première unité ou encore un trio de vétérans de 104 ans avec Corey Perry, Michael Frolik, Eric Staal. Ce n’est pas chose commune dans la Ligue nationale moderne.

Les quatre trios se sont plutôt bien débrouillés contre des Jets visiblement aussi en manque de confiance – ils ont maintenant perdu six matchs d’affilée – mais celui piloté par Jake Evans, en compagnie d’Artturi Lehkonen et de Cole Caufield a été particulièrement impressionnant.

L’importance du repos et de pouvoir miser sur de jeunes jambes à l’occasion ne pouvait être soulignée à plus gros traits.

Evans a été laissé de côté pendant six rencontres après la date limite des échanges, essentiellement pour faire de la place à Staal. Un imbroglio administratif l’a ensuite probablement contraint à végéter dans les coulisses plus longtemps que Ducharme ne l’aurait souhaité. Mais le voilà et le numéro 71 profite de sa chance.

Son trio a accordé une seule tentative de tir au Jets en 6 min 24 s de jeu à cinq contre cinq. Leur taux de possession tourne autour de 90 % selon l’indicateur consulté, un ratio astronomique. Une domination pure.

Evans a forcé Mason Appleton à le faire trébucher en première période pour procurer un avantage numérique à son équipe. Le Torontois de 24 ans mène d’ailleurs le Tricolore pour le nombre de punitions qu’il fait écoper à l’adversaire par tranche de 60 minutes de jeu à 1,85. Il est 12e dans la LNH parmi ceux qui ont disputé au moins 20 matchs.

Son trio a poursuivi son travail de sape au deuxième engagement avec une présence de près d’une minute dans la zone offensive qui s’est conclue par un poteau de Caufield. À leur présence suivante, le trio a fait mouche par l'entremise de Lehkonen après une entrée de zone patiente par Evans.

Ducharme a envoyé les trois comparses amorcer la troisième période, histoire de donner le ton.

Ils volaient sur la glace dès le départ, a estimé Jake Allen. Jake [Evans] était le centre et il montrait la voie. Il a entraîné le jeune Cole avec lui, l’a amené dans la bataille. Cole a eu quelques chances. Honnêtement, les buts vont venir, tu peux le voir dans les entraînements. Et Lehky a fait ses affaires. Il bouge bien, passe la rondelle. Lui et Jake ont créé le chaos dans la zone adverse au profit de Cole.

Exactement le genre de prestation dont le Bleu-blanc-rouge avait besoin de ces jeunes joueurs, plus reposés, probablement plus en santé que leurs coéquipiers, pour pallier le manque de vitesse de certains et, surtout, pour compenser la fatigue qui s’accumule chez ceux qui n’ont pas eu de répit.

Dans ce contexte, la prestation de Nick Suzuki, dominant, opportun quand il le fallait, a aussi de quoi rassurer son entraîneur.

De bonnes nouvelles après des semaines difficiles. Le CH n’est pas sorti du bois, mais il en voit peut-être l’orée.

Comme l’a dit Ducharme, le défi est d’être capable de revenir le lendemain et de faire la même chose. Les Sénateurs attendent de voir ça.

En rafale

Ducharme a laissé entendre qu’il était peu probable que Weber soit en mesure de jouer samedi soir contre Ottawa. Le capitaine s’est blessé au début du voyage dans l’Ouest, a-t-il précisé.

Il a joué avec cette blessure pendant tout le voyage et même le dernier match ici. Quand on dit que c’est un vrai, un guerrier, c’est pas des blagues, a laissé tomber l’entraîneur.

Il joue toujours avec quelque chose, a renchéri Ben Chiarot. C’est un guerrier et c’est pour ça qu’il est notre capitaine.

En l’absence du capitaine et des deux adjoints partants, Jeff Petry, Corey Perry et Josh Anderson arboraient le A sur leur chandail.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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