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José Théodore et Jocelyn Thibault sympathisent avec Jonathan Drouin

Gros plan du gardien de but

José Théodore avec le Canadien de Montréal en 2006

Photo : Getty Images / Dave Sandford

Radio-Canada

Deux anciens gardiens de but du Canadien se sont prononcés jeudi sur la pression de jouer à Montréal et sur l’effet qu’elle peut avoir sur les membres de l’équipe.

Mercredi, après que le CH eut annoncé que Jonathan Drouin prenait congé de l'équipe pour des raisons personnelles, son coéquipier et ami Phillip Danault est venu à sa défense. Sans entrer dans les détails de son absence, il a rappelé à quel point il peut être difficile pour un Québécois de jouer à Montréal.

José Théodore a fait ses premières armes dans la Ligue nationale avec le Tricolore à une époque où l’équipe ne regorgeait pas de talents.

En entrevue avec Roseline Fillion à l’émission Tout un matin à l’antenne d’ICI Première, Théo conserve un aspect positif de son expérience devant le filet du Bleu-blanc-rouge.

Dès que tu arrives avec le grand club, c'est là que tu t'aperçois que c'est jour après jour, sept jours par semaine. Tous les gens te parlent de hockey, ils veulent savoir ce qui se passe, pourquoi on ne gagne pas. C'est sûr qu'on a beaucoup d'attention, beaucoup de pression, mais je pense qu'il y a un moyen de transformer la pression en du positif. Moi, ça m'a aidé à me surpasser personnellement, a indiqué le lauréat des trophées Hart et Vézina en 2002.

Il a expliqué qu’il lui a fallu apprendre à jongler avec les hauts et les bas, les périodes d’adulation publique comme celle où la moitié de la population est prête à vous échanger.

« Quand ça va bien, tu en profites, mais tu essaies de ne pas être trop haut. Et quand ça va mal, tu ne vas pas être trop bas et faire une dépression non plus. Alors, je trouvais un milieu. Quand ça allait moins bien, c'est sûr, je sortais moins, peut-être plus réservé à moi-même. Mais je m'arrangeais pour travailler deux fois plus fort pour que je revienne dans les bonnes grâces de tout le monde. »

— Une citation de  José Théodore, ancien gardien du Canadien de Montréal

Il reconnaît qu’en tant que joueur du Canadien, on ne peut pas agir n’importe comment. Il est d’avis que les amateurs sont plus conciliants quand l’équipe gagne.

Peu importe, que [Carey] Price, que [Jonathan] Drouin, s'ils sortent dans les clubs, ils peuvent faire ce qu'ils veulent, mais s’ils performent sur la glace, tout le monde est content, a-t-il soutenu.

Il en veut pour preuve le fait que Pierre Turgeon avait demandé à être échangé peu de temps après être arrivé dans la métropole parce qu’il trouvait la pression trop forte.

D'autres gars, comme moi, comme Vincent Damphousse, jouer à Montréal, moi, j'adorais ça. Ça me faisait me surpasser. Et je savais à quoi m'en tenir aussi. Si je ne performais pas, je m'attendais à me faire huer, et c'était à moi de m'en sortir. Tôt ou tard, toute bonne chose a une fin. Patrick Roy a été échangé, moi aussi.

Enfiler de grosses jambières

Mercredi après-midi, à l'émission Vivement le retour animée par Mathieu Beaumont à Sherbrooke, Jocelyn Thibault y est allé de ses observations face à ce que vit peut-être Jonathan Drouin.

Pour lui aussi, la pression est réelle et elle ne se retrouve pas uniquement sur les épaules des Québécois.

On fait juste penser à Shea Weber dans les dernières semaines. Carey Price a eu sa part de critiques dans le passé. Effectivement, pour les francophones, ça ajoute une couche de plus, a dit celui qui a eu l’ingrate tâche de succéder à Patrick Roy, contre qui il avait été échangé.

Plan de profil du gardien

Jocelyn Thibault à Montréal en 1997

Photo : Getty Images / Robert Laberge

Celui qui est maintenant propriétaire du Phoenix de Sherbrooke dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec estime que les médias sociaux agissent comme un accélérant sur les braises.

« Je n’ai pas connu l’époque des médias sociaux, heureusement. J’ai beaucoup de sympathie pour les athlètes professionnels et pas juste pour les joueurs du Canadien qui vivent leur carrière présentement. Les médias sociaux amènent la pression à un autre niveau et c’est difficile pour les athlètes, principalement à Montréal. »

— Une citation de  Jocelyn Thibault, ancien gardien du Canadien de Montréal

Il croit que les joueurs ne lisent pas et n’entendent pas tout ce qui se dit à leur sujet dans les médias. Il admet toutefois qu’ils ne peuvent pas ignorer l’impression générale qui se dégage autour d’eux.

Tu ne peux pas ne pas savoir qu’il y a un mauvais vibe autour de toi ou tel joueur. Les joueurs sont dans une bulle, mais pas tant que ça. Même si tu ne lis pas les articles de journaux à ton sujet, tu as un feeling, juste par rapport aux questions qui te sont posées tous les jours, a-t-il précisé.

Pour Jocelyn Thibault, il va de soi que la pression est plus forte pour ceux qu’il appelle les game changers, les gardiens de but, les joueurs qui doivent marquer et récolter des points.

Pour les joueurs de quatrième ligne qui scorent deux buts par année, ce n’est pas grave. Tu n’as pas cette pression-là de marquer tous les soirs, d’avoir des chiffres, de gagner tous les soirs. Tu n’as pas cette pression-là quand tu es un joueur secondaire, a-t-il poursuivi.

Pour lui, la pression est plus forte comme francophone et encore plus comme joueur qui a un rôle important.

Je pense que jouer pour le Canadien pour un francophone, c’est quelque chose à faire dans sa vie. C’est quelque chose qui te marque. Je le souhaite à tout le monde. Chaque joueur est différent.

Il se souvient de Vincent Damphousse, son compagnon de voyage dans les avions et les autobus.

Vincent écoutait tout le temps les lignes ouvertes. Ça ne le dérangeait pas, il trouvait ça drôle. Maintenant, avec les médias sociaux, c’est différent. Il y a des joueurs qui ont une carapace plus grosse que d’autres. Je ne dirais jamais à un francophone de ne pas signer à Montréal. Regarde Danault. Il n’aurait probablement jamais eu la carrière qu’il a s’il n’avait pas signé à Montréal, a conclu Thibault.

Il est penché vers l'avant.

Jonathan Drouin

Photo : Getty Images / Christian Petersen

Avant de clore son intervention, José Théodore a parlé de la perception des amateurs entre le salaire et le rendement du joueur. En ce sens, il est d’avis que le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, n’a pas rendu service à Drouin.

« Je pense qu'on aurait pu éviter ça si Bergevin ne lui avait pas donné le gros contrat en partant, avant même qu'il ait fait un but avec le Canadien. Et ce n'est pas la faute du joueur. Sauf que, trop souvent, à Montréal, on évalue avec les salaires qu'ils font. Et Jonathan Drouin, on regarde son salaire de 6 millions [5,5 M$ sur la masse salariale de l'équipe, NDLR], et on s'attend à ce qu'il marque 20-30 buts. »

— Une citation de  José Théodore

Mais la réalité, a enchaîné Théodore, c'est que, présentement, on s'attend à beaucoup de Jonathan Drouin, et c'est à lui de trouver le milieu.

Si Jonathan écoute [l’émission], c'est quand même un jeu. On est très, très privilégiés d'être payés pour jouer au hockey. On s'amuse, et je peux te dire que je suis à la retraite, mais je payerais pour retourner à mes années à Montréal. Faut en profiter quand ça passe.

(Avec les informations de Roseline Fillion et Mathieu Beaumont)

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