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Rugby Canada n’a pas protégé ses athlètes, estiment 37 joueuses

L'entraîneur donne ses instructions aux joueuses rassemblées autour de lui.

John Tait et les joueuses canadiennes ont remporté la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Rio en 2016.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le processus mis en place par la Fédération canadienne de rugby n’a pas protégé les athlètes et n’a pas reconnu les abus et le harcèlement dont estiment avoir été victimes 37 anciennes et actuelles joueuses du programme national de rugby à 7.

C’est ce que dénoncent ces joueuses mercredi dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, deux jours après l’annonce du départ de l’entraîneur de l’équipe nationale féminine, John Tait, à la suite d’une enquête menée cet hiver par une firme spécialisée en ressources humaines.

Les enquêteurs ont récolté les témoignages de 37 athlètes. Ils ont conclu que le comportement adopté par Tait ne se qualifiait pas comme étant du harcèlement, selon la définition de la fédération. Les deux parties ont toutefois décidé qu’il était préférable que Tait quitte l'équipe.

Nous avons suivi les procédures stipulées dans la politique de Rugby Canada, qui a été mise en place en 2013, écrivent les 37 joueuses dans un communiqué. Nous estimons que le processus ne nous a pas protégées et n’a pas reconnu les abus et le harcèlement dont nous croyons avoir été victimes. Rugby Canada a depuis changé sa politique de 2013.

Les joueuses réclament des changements significatifs et estiment qu’il existe une culture de peur et du silence dans le sport lorsque les athlètes sont victimes de violence psychologique, d’intimidation et de harcèlement.

Elles ajoutent que les athlètes ne devraient jamais éprouver d’anxiété extrême, de dépression, de racisme, de troubles de l’alimentation, de faible estime de soi ou encore de maladie mentale dans le cadre de leur participation à un sport, peu importe le niveau.

Il incombe à Rugby Canada de s’assurer qu’ils comprennent nos expériences et tracent la voie vers un environnement d’entraînement positif et respectueux, poursuit le communiqué. Nous avons l’intention de prendre part à la discussion pour que des changements positifs soient mis en œuvre dans notre sport. Rugby Canada nous a assurées que l’évaluation indépendante commencera immédiatement et nous avons hâte de travailler avec eux.

Les joueuses qui ont déposé une plainte formelle à l’origine de la démarche représentent 55 % des athlètes actuelles et anciennes qui ont participé au programme d’entraînement centralisé de l’équipe senior féminine à 7.

Leur communiqué stipule que d’autres athlètes partagent les plaintes formulées par le groupe, mais qu’elles ont choisi de ne pas participer au processus pour des raisons personnelles.

La dépêche se conclut de la sorte :

Nous réclamons que l’athlète soit pleinement valorisé. Nous croyons qu’en unissant nos efforts, nous pouvons améliorer notre sport pour les générations à venir. Voici pourquoi maintenant.

Une ancienne joueuse témoigne sur les réseaux sociaux

La Québécoise Frédérique Rajotte a pris la décision de quitter le programme national pour le bien de sa santé mentale il y a huit ans. Avant de rentrer chez elle, elle avait dénoncé à Rugby Canada le climat toxique qui régnait au sein de l’équipe.

Elle l’a fait sans peur de représailles, puisque ses valises étaient faites et qu’elle n’avait plus la crainte d’être retranchée ou punie pour sa sortie.

Elle écrit aujourd’hui que ses inquiétudes, sans les préciser, étaient partagées par plusieurs de ses coéquipières de l’époque, mais qu’elles avaient été balayées sous le tapis par les dirigeants de Rugby Canada.

Elle court avec le ballon sous le bras droit.

Frédérique Rajotte avec l'équipe canadienne de rugby

Photo : Rugby Canada

Sept ans plus tard, actuelles et anciennes joueuses de l’équipe nationale font front commun pour partager leurs expériences d’abus psychologiques et de négligence vécus. Je vous supplie d’entendre leurs voix et de cesser de les faire taire.

Déjà, en 2014, les parents de Rajotte avaient écrit une lettre à la fédération nationale pour les inviter à faire preuve de leadership, pour le bien du sport et des athlètes qui méritent mieux.

Vous devez enquêter et parler ouvertement avec vos athlètes et, pourquoi pas, avec leurs parents ou leurs psychologues sportifs qui sont bien souvent leurs confidents, ont écrit les parents de Rajotte. Vous devez changer la façon dont les joueuses sont traitées. Nous savons que quelque chose doit être fait sans quoi le programme implosera. Nous espérons que cette lettre sera prise au sérieux.

Aux yeux des athlètes solidaires de la prise de parole actuelle, la réponse semble évidente. Jusqu’ici, trop peu a été fait.

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