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Chronique

Le dernier passage de la comète Nadal?

Il court et frappe la balle en coup droit.

Rafael Nadal à Monte-Carlo

Photo : Getty Images / VALERY HACHE

J’ai eu la chance de voir plusieurs matchs de Rafael Nadal depuis le début de la nouvelle saison de tennis. J’ai le sentiment de goûter les dernières bouteilles d’un grand millésime. Un grand cru exceptionnel, incomparable, unique, que je savoure en sachant qu’il sera bientôt épuisé.

J’y prends plus de plaisir encore depuis qu’on a ouvert la saison sur terre battue, son terrain de jeu, son parc d’attractions, sa tribune.

Ses rencontres avec le jeune Grec Stefanos Tsitsipas ont été des pièces d’anthologie, tant sa défaite à Melbourne en février (sur le dur) que sa victoire à Barcelone dimanche dernier (sur terre battue). Deux grands matchs, deux spectacles remarquables!

Nadal a raté l’occasion de croiser Tsitsipas une troisième fois à Monte-Carlo. L’Espagnol a été éliminé en quarts de finale par le Russe Andrey Rublev qui a joué, à mon avis, le match de sa vie. C’était, encore une fois, du très grand spectacle.

Unique

Rafael Nadal est unique. Ses 61 victoires en tournois disputés sur terre battue représentent un sommet. C’est 12 de mieux que Guillermo Vilas, un autre gaucher, qui vient au 2e rang avec 49. Bjorn Borg en compte 32, Novak Djokovic, 15, Jimmy Connors, 12, Roger Federer, 11 à peine.

L’amalgame de mobilité, de vitesse de réaction et de qualités techniques de Nadal le place dans une classe à part. Je joins à cette chronique une vidéo qui vous permettra d’apprécier ces qualités. Regardez-la en mode plein écran, bien sûr.

De toutes ses aptitudes, c’est la mobilité qui me semble la plus importante sur terre battue. La surface est un peu plus lente. On ne vous y prend pas de vitesse aussi facilement. À l’exception du service, la vigueur reste importante, mais devient presque secondaire tant elle est d’abord tributaire de l’emplacement où on la déploie.

Un gamin

Federer est une mécanique remarquable, presque inusable, dirait-on. Sa vigueur, au service notamment, l’a toujours bien servi, son flegme aussi.

Djokovic est le joueur de l’heure. Ses qualités athlétiques se comparent à celles de Nadal. Il exécute comme personne. Il applique sa recette comme un maître.

Nadal, lui, a souvent l’air de peiner, d’être au bout de sa raquette. Il gagne ou perd à coup de fronde, avec un air de gamin heureux ou contrarié.

La comète

Il sera en quête d’un 14e titre à Roland-Garros à la fin mai. Il y célébrera ses 35 ans. Plusieurs joueurs et joueuses poursuivent leur carrière avec succès à cet âge, mais quand on mise d’abord sur la mobilité pour vaincre, le ralentissement guette.

Et j’ai bien l’intention de guetter aussi au cours du prochain mois. Sur terre battue, il est inscrit à Madrid, du 2 au 9 mai; puis à Rome, du 9 au 16 mai, et enfin à Paris du 30 mai au 13 juin.

Il est aussi inscrit aux Internationaux du Canada en août. L’ATP jouera à Toronto cette année. Il faudra espérer sa présence à Montréal en 2022, au mieux.

Vaut mieux ne pas trop attendre. Des phénomènes comme Nadal sont comme des comètes qui ne passent que tous les siècles et disparaissent sur l’horizon. On n’a pas intérêt à les rater.

Savourons sans regret.

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