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Pier-Olivier Lestage près de la NFL, sans faire de bruit

Un joueur de football, vêtu de blanc et arborant du maquillage noir sur le visage, regarde devant lui sans son casque.

Pier-Olivier Lestage

Photo : courtoisie : Carabins / James Hajjar

Pier-Olivier Lestage pourrait se coucher samedi soir avec un contrat d’une équipe de la NFL en poche. Si c’est le cas, le garde des Carabins de l’Université de Montréal aura de quoi être fier.

Même s’il n’a pas joué le moindre match depuis l’automne 2019, comme tous les joueurs universitaires canadiens d’ailleurs, l’athlète de 23 ans a réussi à attirer l’attention de quelques équipes américaines qui se préparent à regarnir leur arsenal au repêchage de la NFL de jeudi à samedi.

La perspective d’être repêché ou de signer un contrat en tant que joueur autonome le fait sourire. Surtout que trois nouveaux Québécois pourraient faire leur entrée dans la grande ligue dans les prochains jours.

En plus de Lestage, le demi de coin Benjamin St-Juste s’attend à être repêché, tandis que l’ailier rapproché Bruno Labelle intéresse aussi des formations.

Je suis un peu nerveux et un peu fébrile, a confié le colosse en entrevue avec Radio-Canada Sports. Je n’ai pas vraiment d’attente et je suis simplement heureux que mon nom soit dans les discussions et qu’on me considère comme un joueur qui pourrait avoir sa place dans la NFL. C’est flatteur, mais je modère mes attentes.

Que son nom soit déjà, comme il le dit, dans les discussions est remarquable. Le chemin vers la NFL pour des footballeurs canadiens est déjà complexe, il est encore plus cahoteux lorsque les saisons de football sont annulées et que les frontières sont fermées.

Dans un monde idéal et sans COVID, Lestage aurait pu confirmer son potentiel énorme en dominant à sa quatrième saison avec les Carabins. Il aurait ensuite participé au East West Shrine Bowl, en Floride, qui consiste en une semaine d’entraînements suivis d’un match pour certains des meilleurs espoirs américains.

Puis, en mars, il aurait invité les recruteurs d’équipes de la NFL à venir évaluer ses habiletés lors d’une journée de tests physiques qui servent de jalon de mesure entre les espoirs. C’est le parcours qu’ont suivi avant lui Laurent Duvernay-Tardif, Antony Auclair, Mathieu Betts et Marc-Antoine Dequoy, notamment.

On connaît la suite.

Il n’y a pas eu de saison, pas de East West Shrine Bowl et pas de journée d'essai, parce que la NFL permet seulement aux joueurs de les tenir dans leur ville de naissance ou encore sur le campus de leur université. Cet hiver, Lestage s’entraînait au Tennessee.

Le présentiel a fait place au virtuel.

Avec la quarantaine de 14 jours imposés aux visiteurs, les équipes n’auraient pas dépêché leur recruteur à Montréal, dit Lestage, sans amertume. On a donc fait les mêmes tests en se filmant et on a envoyé les bandes vidéo aux équipes. J’aurais bien sûr aimé montrer ce dont j’étais capable devant mes coéquipiers et mes proches, mais avec la COVID on doit oublier la normalité.

Je suis quand même très satisfait de ce que j’ai fait compte tenu des circonstances pour espérer réaliser mon rêve, ajoute-t-il. J’entends de bons commentaires de certaines équipes. On ne peut rien me garantir, mais je pense que je suis dans une bonne position quand même.

Ni Lestage ni son agent Sasha Ghavami ne veulent dévoiler le nombre d’équipes qui ont manifesté de l’intérêt. Les deux ne veulent pas créer d’attentes inutiles.

Un joueur de football vêtu de blanc et de bleu s'apprête à bloquer un rival vêtu de rouge.

Pier-Olivier Lestage lors d'un match des Carabins

Photo : courtoisie : Carabins / James Hajjar

On sait que c’est un très très bon joueur de football et que sa bande vidéo de 2019 a impressionné bien des équipes, mentionne Ghavami. Il a connu un parcours atypique au cours de la dernière année, et il a fait preuve de beaucoup de résilience et d’ajustement. On veut juste avoir une opportunité.

Si Lestage dit ne pas avoir épaté personne avec ses tests physiques, il estime qu’ils ont confirmé qu’il était du calibre des espoirs du prochain repêchage. À 1,90 m et 140 kg (6 pi 3 po/310 lb), il n'est pas énorme pour un joueur de sa position, mais sa hargne au jeu en fait un adversaire redoutable.

Mes tests m’ont permis de ne pas me faire rayer des listes des recruteurs, affirme-t-il. J’ai les qualités athlétiques, maintenant ma principale carte de visite c’est mes bandes vidéo.

Il a aussi eu l’occasion de se mesurer à certains espoirs américains lors du Tropical Bowl en février. Encore là, les conditions n’étaient pas optimales pour Lestage qui n’avait pas enfilé les épaulettes depuis plus d’un an.

Il devait aussi s’ajuster aux règlements américains, un peu différents des canadiens. S’il a trouvé la première journée difficile, il s’est bien repris dans le deuxième entraînement et dans le match.

Je savais que je serais rouillé. Et la première journée ne s’est pas bien passée, raconte Lestage. Je ne veux pas dire que la première journée était à oublier, parce que j’ai beaucoup appris, mais j’ai pu être solide lors des deux autres journées. Je suis content d’avoir pu ajouter des séquences à ma bande vidéo et de prouver ma valeur contre des espoirs américains.

On a bien fait d’aller aux États-Unis pour montrer de quel bois je pouvais me chauffer et pour répondre aux interrogations des recruteurs quant à ma capacité d'adaptation.

S’il a principalement évolué à la position de garde pendant cette semaine, Lestage a aussi beaucoup travaillé pour jouer au centre, notamment avec son ami et colocataire Dimitri Morand, quart-arrière pour les Carabins.

Je suis plus à l’aise à la position de garde, mais j’apprends la position de centre pour avoir le plus d’outils dans mon coffre à outils, précise Lestage. Plus je suis polyvalent, meilleure est ma valeur.

Il peut aussi compter sur la notoriété de Paul Alexander, un entraîneur spécialisé dans le travail des joueurs de ligne, pour promouvoir sa candidature.

Le repêchage de la LCF après la NFL

Qu’il soit choisi ou non au repêchage de la NFL, Lestage entendra assurément son nom au repêchage de la Ligue canadienne, le 4 mai.

Il est classé au 7e rang des espoirs de la LCF et est le seul parmi les 16 meilleurs espoirs à avoir joué son football universitaire au pays. En fait, ils ne sont que 3 parmi les 20 joueurs classés.

On n’a pas eu de saison, alors c’est dur de nous évaluer, analyse Lestage. Je ne suis pas outré de ça, mais je trouve ça un peu malheureux. Les gars sur la liste sont Canadiens, mais ils jouent avec des règlements américains depuis trois ou quatre ans. C’est une ligue canadienne avec des règlements canadiens.

Bien sûr, il a grandi en regardant jouer les Alouettes et aimerait retrouver Danny Maciocia, son ancien entraîneur, sur l’autre flanc du mont Royal. Sauf que Montréal parlera pour la première fois, en théorie, au 10e rang.

J’ai super hâte et je vais jouer où on me prend, même si je suis un gars de Montréal, dit-il. Il y a la NFL, mais la LCF est une très belle ligue professionnelle et je serais très content de jouer dans cette ligue.

En attendant, Lestage vivra les deux repêchages, rassemblés virtuellement avec sa famille et ses proches, surtout qu’il pourrait déjà être aux États-Unis pour un camp au moment du repêchage de la LCF.

En 2021, si on veut mettre l'accent sur l’essentiel, ça passe bien souvent par Zoom.

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