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La spectaculaire montée du baseball féminin au Québec

Elle s'élance au bâton.

Une joueuse de baseball

Photo : WBSC

Les filles jouent de plus en plus au baseball et Baseball Québec veut que cette croissance se poursuive au cours des prochaines années.

Au cours des derniers mois, on a créé la Ligue féminine de baseball du Québec pour permettre aux jeunes filles de jouer entre elles, sans avoir à intégrer les ligues masculines.

En 2018, on a atteint un sommet avec plus d’une centaine d’équipes et près de 3500 joueuses.

Si la pandémie a ralenti la progression du sport en 2020, elle pourrait aussi l’accentuer au cours des prochaines années.

Baseball Québec tente d’accrocher de nouvelles adeptes en cognant à la porte d’équipes de sports d’hiver pour les inviter à essayer le baseball.

La nouvelle coordonnatrice du développement et leadership féminin à la fédération, Vanessa Riopel, estime que les jeunes sportives prennent plaisir à retrouver leurs coéquipières d’hiver.

Avec la COVID, plusieurs n’ont pas pu pratiquer leur sport hivernal, que ce soit le hockey ou la ringuette, raconte-t-elle. Je sais qu’il y a plusieurs équipes de ringuette qui voulaient venir s’amuser en équipe, parce qu’elles n’ont pas pu compétitionner cet hiver. Elles sautent sur le terrain en équipe pour essayer un nouveau sport.

Des ligues 100 % féminines

Un peu comme au hockey il y a plusieurs années, les jeunes filles s’intégraient aux équipes masculines de baseball sans toujours y trouver leur compte.

Chez les très jeunes, ça fonctionne. Ça se complique chez les plus grandes, quand l’écart de force physique se creuse entre garçons et filles.

On le voit dans les cours d’éducation physique au primaire, souvent les filles lancent plus fort que les gars, dit Vanessa Riopel. Leur développement se fait plus tôt, mais à un moment donné, elles se font rattraper.

Pour faciliter le développement des jeunes athlètes, on a annoncé en février la création de cette ligue.

Un joueuse avec une queue de cheval frappe la balle.

Logo de la nouvelle ligue féminine de baseball du Québec

Photo : Baseball Québec

Cette ligue offre aux joueuses du Québec, des plus jeunes jusqu'au niveau senior, de jouer dans des équipes 100 % féminines, contre des équipes 100 % féminines.

Vanessa Riopel sait qu'encore cet été, il y aura probablement de jeunes filles qui devront jouer avec les garçons parce qu’elles ne sont pas assez nombreuses dans leur région ou parce qu’elles choisiront des équipes masculines en raison du niveau de jeu.

On ne peut pas arriver du jour au lendemain et dire : "Les filles jouent avec les filles et les gars jouent avec les gars." C’est un changement qui va se faire graduellement, mentionne-t-elle.

Elle voit le jour où la question ne se posera plus, comme au soccer. Quand tu vas t’inscrire au soccer, on sait que, si tu es une fille, tu joues au soccer féminin. Et si tu es un gars, tu joues au soccer masculin.

Baseball Québec accorde tellement d’avantages et de ressources au baseball féminin. La mentalité change et c’est prometteur.

Équipes féminines et leadership

Regrouper les jeunes filles dans leurs propres équipes et dans leurs ligues leur permettra de beaucoup mieux se développer athlétiquement, mais aussi mentalement. Elles pourront plus facilement prendre leur place.

Les filles vont développer un volet qu’elles développent moins quand elles jouent avec les gars, le leadership. Elles vont pouvoir mener une équipe et développer autre chose que des qualités athlétiques, souligne Vanessa Riopel.

L'ancienne lanceuse de l’équipe du Canada sait de quoi elle parle, puisqu’elle a toujours joué avec les hommes avant de se retrouver dans les équipes provinciales et nationales.

Ils nous acceptent et ils sont généreux d’accepter les femmes dans leur gang de gars, mais ce n’est pas là que tu vas arriver et que tu vas mener quand tu es la seule fille.

Moi, c’est en pratiquant d’autres sports avec des filles, comme le flag football et le basketball, que j’ai pu développer cet aspect-là (le leadership).

C’est un aspect qu’on oublie souvent quand on développe une athlète. Les filles arrivent au plus haut niveau et vivent des émotions qu’elles n’ont jamais vécues. Ce n’est pas en arrivant avec les équipes du Québec qu’elles doivent vivre ça. Il faut que ce soit développé avant.

Une citation de :Vanessa Riopel

Quand Vanessa Riopel parle de baseball au féminin, elle va beaucoup plus loin que les balles rapides ou les coups de circuit. Elle revient constamment au côté formateur de son sport.

Le baseball est un sport d’erreurs. C’est un sport où tu dois te relever. Ton erreur est inscrite au tableau. Tout le monde a vu la balle qui est passée entre tes jambes. Tu t’élances dans le beurre, tu échappes la balle, tu fais un mauvais relais. C’est important de se remonter après tout ça et peut-être faire le jeu gagnant.

C’est un sport qui travaille beaucoup le développement personnel et je pense que les filles au Québec peuvent utiliser ce sport-là pour devenir de meilleures personnes.

Une citation de :Vanessa Riopel

Les meilleures avec les meilleures

Si la Ligue féminine de baseball veut regrouper le plus grand nombre d’équipes possible, les meilleures athlètes seront regroupées au sein des équipes du Québec.

Les meilleures joueuses de 17 ans et plus peuvent se retrouver dans une formule qui ressemble à l’Académie de baseball du Canada (ABC) ou même à un camp d’automne des meilleurs espoirs professionnels.

Les 28 joueuses sélectionnées ont été divisées en deux équipes (Bleues et Blanches) qui s'affronteront toutes les semaines, en plus de jouer des matchs contre les formations de la ligue midget de Lanaudière.

Les matchs entre les Bleues et les Blanches ne seront pas toujours des parties de baseball traditionnelles. Par exemple, on pourrait amorcer toutes les manches avec une coureuse au deuxième but, comme lors des matchs en prolongation dans les ligues majeures.

Un des objectifs est de développer des joueuses qui se joindront éventuellement à l’équipe nationale pour les grandes compétitions, comme les Jeux panaméricains, où le Canada a remporté la médaille d’argent à Toronto en 2015.

La formation des moins de 16 ans sera basée dans la région de Saint-Hyacinthe. Daniel Brodeur dirige cette équipe depuis 2017 et est notamment appuyé par deux anciennes joueuses des équipes du Québec et du Canada, Isabella Denis et Anne-Sophie Lavallée.

Tous les week-ends, l’équipe saute sur le terrain pour un entraînement en matinée et un match en après-midi. Une fois l’année scolaire terminée, on ajoute des matchs en semaine contre des équipes de la région.

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