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Le casse-tête olympique des fédérations sportives canadiennes

Le coureur regarde sur la piste après sa performance.

Triple médaillé olympique à Rio, Andre De Grasse est un athlète attendu à Tokyo, mais il doit d'abord officiellement s'y qualifier.

Photo : Getty Images / Maja Hitij

Plusieurs dizaines d’athlètes canadiens en quête d’un billet olympique se trouvent dans le néant à moins de trois mois des Jeux de Tokyo. Les nombreuses annulations de compétitions durant la crise sanitaire obligent le Comité international olympique (CIO) et les fédérations nationales à revoir leurs critères de sélection.

Le sombre portrait de la situation épidémiologique, avec l’émergence de variants du coronavirus, fait craindre le pire aux associations sportives du pays. C’est le cas d’Athlétisme Canada, qui a pris la décision samedi dernier de ne pas envoyer une équipe aux mondiaux de relais, à Chorzow, en Pologne.

D'autres occasions s'offriront aux membres de la fédération nationale. Il n’empêche que ce désistement complique une tâche déjà laborieuse. D'autant plus qu'il n'est pas garanti que les déplacements internationaux soient bien moins risqués d'ici la fin de la période de qualification, le 29 juin.

Quelques jours plus tôt, du 24 au 27 juin, il est prévu que les essais olympiques se déroulent à Montréal, seulement si les conditions sanitaires s'améliorent. Athlétisme Canada a indiqué le 26 avril qu'il serait impossible à l'heure actuelle de présenter la compétition.

Rien pour aider, des doutes subsistent concernant le coup d'envoi d'une série de neuf rencontres nationales de qualification en vue des Jeux olympiques, les 20 et 21 mai, à Ottawa. Les quatre premières manches doivent avoir lieu en Ontario, qui a formellement demandé l'aide des Forces armées canadiennes et de la Croix-Rouge, lundi, afin de lutter contre la troisième vague de COVID-19.

Pour le moment, seuls les marathoniens Trevor Hofbauer et Dayna Pidhoresky, ainsi que le marcheur Evan Dunfee, ont confirmé leur présence à Tokyo dans l'équipe d'athlétisme.

Le triathlon n’est pas plus épargné. La fédération internationale n’a eu d’autre choix à la mi-mars que d'étendre le processus de qualification olympique du 1er mai au 21 juin, accordant des points dans six compétitions durant cette période.

Déjà, l’une d’entre elles a été annulée. La Coupe du monde d’Osaka, qui devait lancer le bal les 8 et 9 mai, a été rayée de la carte en raison des mesures sanitaires strictes. L’épreuve suivante doit être présentée le 15 mai à Yokohama, alors que des arrêts au Portugal, en Italie, en Angleterre et au Mexique compléteront le tableau.

Plonger vers l'inconnu

Le casse-tête est similaire à la piscine. La Coupe du monde de plongeon de Tokyo, qui devait avoir le double mandat d’ultime qualification olympique et d’épreuve test, a été reportée par la Fédération internationale de natation (FINA) du 18 au 23 avril aux six premiers jours de mai.

Selon la FINA, la compétition n’offrait pas un cadre sécuritaire aux athlètes provenant des quatre coins du globe. C’est ce qui a poussé Diving Australia à tirer un trait sur l’événement, considérant que ses protégés seraient mis à risque de contracter le coronavirus.

Inquiété par la flambée des variants, le gouvernement japonais a décrété l'état d’urgence, au moins jusqu'au 11 mai, dans la capitale nippone, à Osaka, à Kyoto et à Hyogo.

Installée sur le tremplin, dos à la piscine, Meaghan Benfeito tourne la tête.

Meaghan Benfeito compte trois médailles de bronze à son palmarès olympique, dont une en solo au 10 m à Rio.

Photo : Radio-Canada / Alain Décarie

L'événement est fort attendu par la sélection canadienne, et principalement par Meaghan Benfeito, une habituée des Jeux d’été, qui n’a pas encore officiellement dégoté ce qui constituerait son quatrième laissez-passer aux Olympiques.

Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu sont les seules plongeuses qualifiées pour le rendez-vous au pays du Soleil levant grâce à leur conquête de l’argent au 3 m synchronisé des Championnats du monde de 2019, à Gwangju, en Corée du Sud.

Par ailleurs, la FINA s’est tournée vers Barcelone pour l'organisation de la dernière étape de qualification olympique en natation artistique, après avoir été incapable de l’organiser à Tokyo, deux fois plutôt qu'une, et jonglé avec l’idée de supprimer la compétition.

En attente du verdict

De leur côté, les boxeurs canadiens ont récemment appris à leur plus grand désarroi que les qualifications continentales, déjà remises une première fois, n'auront tout simplement pas lieu en raison de la pandémie.

Ainsi, le CIO s'en remet à d'autres critères de sélection pour Tokyo 2020, changeant la donne pour plusieurs pugilistes. Pas moins de 13 espoirs du Canada étaient inscrits aux divers tournois à Buenos Aires, en Argentine, dont Mandy Bujold. Celle qui était en congé de maternité a pour sa part fait appel à la Charte de l'instance, lundi, s'estimant brimée par le nouveau processus mis en place.

Anne Marcotte (gauche) et Mandy Bujold (droite)

Mandy Bujold (à droite) a demandé au Comité international olympique de revoir ses critères de sélection.

Photo : Courtoise Boxe Canada - Virgil Barrow

Les judokas Christa Deguchi et Jessica Klimkait savent quant à elles à quoi s’en tenir. Les résultats enregistrés le 8 juin prochain aux mondiaux de Budapest feront foi de tout, à moins qu’elles n'aient un rendement identique.

Ce n’était toutefois pas le plan initial envisagé par Judo Canada, qui prévoyait une confrontation 2 de 3 au sommet entre les deux premières au classement international dans la catégorie des moins de 57 kg.

Onze représentants de l'unifolié s'envoleront vers la Hongrie pour prendre part aux Championnats du monde, qui se dérouleront du 6 au 13 juin. Parmi le groupe, certains ont des visées olympiques, notamment Antoine Bouchard, Étienne Briand et Arthur Margelidon.

Absent pour soigner une blessure à une côte subie à la fin mars, Antoine Valois-Fortier suivra avec attention le parcours de Briand, qui pourrait forcer la tenue de combats de barrage entre les compatriotes.

Antoine Valois-Fortier est couché le dos sur un tatami.

Antoine Valois-Fortier veut débarquer à Tokyo frais et dispos, quitte à laisser tomber le chemin de traverse.

Photo : Getty Images / Ryan Pierse

La complexité des épreuves tests

Réorganisé en novembre, le calendrier des 18 épreuves tests en vue des JO doit constamment être revu. Les sports inscrits au programme olympique devaient être passés au peigne fin entre mars et mai, sauf que le contexte épidémiologique complexifie toujours la tenue d’événements d’envergure.

Jusqu'ici, les athlètes internationaux en gymnastique et en water-polo ont été privés de leur test olympique.

Et le temps pourrait finir par manquer, le décompte des 100 jours avant la cérémonie d’ouverture étant bien enclenché. Les épreuves tests sont d’une importance capitale pour le comité organisateur, qui s’appuie sur ces compétitions afin de s’accoutumer et fignoler sa préparation avant le jour J.

Rappelons que la formation canadienne qui a participé aux derniers Jeux d’été, à Rio, était composée de 314 athlètes dans 27 sports.

Elle tient le drapeau canadien.

Rosie MacLennan mène la délégation canadienne lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Rio.

Photo : Getty Images / Clive Brunskill

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