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Trop hasardeux de présenter les JO à Tokyo, dit Hayley Wickenheiser

Elle parle à la caméra.

Hayley Wickenheiser

Photo :  @wick_22/Twitter

Radio-Canada

L'ancienne hockeyeuse Hayley Wickenheiser n'est pas certaine qu'il soit pertinent, et surtout prudent, d'organiser des Jeux olympiques en pleine pandémie.

Le 17 mars 2020, Hayley Wickenheiser avait sonné l'alarme sous la forme d'un petit message sur les réseaux sociaux.

Cinq jours après sa mise en garde, le Canada annonçait qu'il n'enverrait pas d'athlètes à Tokyo à l'été 2020. Le 24 mars, les JO étaient reportés d'une année.

Nous sommes en avril 2021, et l'ancienne championne olympique tire à nouveau la sonnette d'alarme. Elle obtiendra dans quelques jours son diplôme de médecine et, dans les derniers mois, elle a pu constater de visu les ravages de la pandémie.

Déjà avant la pandémie, j'avais dit qu'on ne pouvait pas organiser les Jeux. Aujourd'hui, je me le demande encore, explique Hayley Wickenheiser en entrevue au réseau anglais de Radio-Canada.

Elle vit la pandémie de l'intérieur, à l'hôpital Foothills de Calgary. Elle voit la souffrance des gens, l'angoisse face à cet ennemi invisible.

C'est très dur avec tout ce que j'ai vu et vécu dans la dernière année de penser aux Jeux olympiques, explique-t-elle. La souffrance est encore partout.

Une femme portant un masque chirurgical tient un bâton de hockey.

La médaillée olympique Hayley Wickenheiser avec un groupe de bénévoles pour soutenir les travailleurs de la santé.

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Hayley Wickenheiser comprend la position du Japon qui a déjà injecté 15 milliards de dollars dans ces Jeux olympiques.

La décision d'annuler ou non doit être prise par le corps médical, par les experts en santé publique, pas par les partenaires du CIO, ajoute-t-elle.

Je me demande si la sécurité et la santé des athlètes sont en haut de la liste des priorités. Je pose encore la question, car en 2020, avant que les Jeux soient reportés, ce n'était pas le cas.

Les athlètes du monde entier tentent tant bien que mal de se préparer, mais la préparation n'est pas idéale, loin de là.

Je sais que si j'étais encore athlète, je voudrais y aller à tout prix, reconnaît l'ancienne hockeyeuse. C'est pour cela qu'il faut quelqu'un avec du recul qui leur dise si oui ou non, ça vaut le coup d'y aller ou non.

Ce n'est pas au CIO de prendre cette décision, précise Hayley Wickenheiser.

C'est aux médecins, aux spécialistes qui ont l'expérience des pandémies de prendre l'ultime décision, car ils n'ont rien à gagner ni à perdre si les Jeux ont lieu ou non.

Ils marchent.

Des passants masqués dans les rues de Tokyo

Photo : Reuters / ISSEI KATO

Près de 15 000 athlètes sont attendus à Tokyo pour ces Jeux. À cela s'ajoutent les membres des délégations, les officiels, les bénévoles et les représentants des médias.

Il leur reste peut-être un mois avant de devoir prendre la décision, dit Hayley Wickenheiser. Il faudrait que la situation vaccinale change radicalement au Japon. Rappelons-nous que nous allons débarquer chez des gens.

Les Japonais subissent encore la crise. Nous devons penser à eux, à leurs besoins.

Une citation de :Hayley Wickenheiser, ancienne athlète olympique, future médecin

Le président du Comité olympique canadien David Shoemaker estime que les Jeux peuvent se dérouler de façon sécuritaire.

Les Jeux sont importants pour les athlètes qui vivront leur rêve, pour le public qui les regardera et qui a besoin d'énergie positive, explique-t-il dans un courriel envoyé au réseau anglais de Radio-Canada. Les protocoles sanitaires et de sécurité mis en place par le comité d'organisation et le CIO sont sans précédent.

Plan de profil d'un dirigeant en entrevue

Le chef de la direction du Comité olympique canadien, David Shoemaker

Photo : Radio-Canada

Comme les athlètes n'auront pas l'obligation d'être vaccinés ni n'auront à respecter de quarantaine à leur arrivée au Japon, il est impossible de croire que les protocoles sanitaires suffiront.

Il y aura des cas positifs, déclare Hayley Wickenheiser. C'est impossible à éviter. Peut-on faire vacciner tous les athlètes avant d'aller au Japon? Comment peut-on les protéger? Mon rôle au sein de la commission des athlètes est de rappeler que la santé et la sécurité doivent passer avant tout le reste. Je ne sais pas si on pourra mettre tous les athlètes dans une bulle sanitaire.

Le président du COC rappelle qu'il est en communication constante avec le corps médical pour s'assurer de mettre en place les meilleurs protocoles.

Nous espérons que les athlètes pourront se faire vacciner avant de partir pour le Japon, précise David Shoemaker. Ce sera une protection de plus qui s'ajoutera à toutes les mesures déjà mises en place.

L'affiche de la campagne This is our shot lancée par Hayley Wickenheiser

La campagne This is our shot lancée par Hayley Wickenheiser

Photo :  @wick_22/Twitter

Hayley Wickenheiser lancera le 28 avril une campagne de sensibilisation à l'importance de se faire vacciner, appelée This is our shot (C'est à notre tour).

Les gens ne savent pas qui croire, explique l'ancienne championne olympique. Ils ne veulent plus écouter la classe politique. Dans certaines régions du Canada, elle n'a pas été à la hauteur. Le manque de communication a touché les populations.

Il faut contrôler ce que nous pouvons contrôler, et c'est de s'assurer que tout le monde se fasse vacciner, conclut Hayley Wickenheiser.

Avec les informations de CBC

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