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Histoires d’identité et de constance

Ils discutent.

Phillip Danault, Ben Chiarot, Brendan Gallagher et Shea Weber à l'entraînement, à Brossard

Photo : Courtoisie Canadiens.com

CALGARY – C’est Dominique Ducharme lui-même qui l’a dit. Le Canadien commence tout juste à retrouver ses repères depuis la blessure à Brendan Gallagher.

On dirait que depuis la perte de Gallagher, on s’est retrouvé dans une crise d’identité, a laissé tomber l’entraîneur jeudi après un entraînement improvisé à l'aréna Saddledome.

C’est une chose de le constater sur la patinoire lorsqu’on est un observateur extérieur. C’en est une autre de l’admettre candidement lorsqu’on est à la barre de l’équipe. Mais s’il y a bien une facette de sa personnalité à laquelle Ducharme nous a habitués depuis deux mois, c’est cette rafraîchissante franchise.

Le Tricolore n’a remporté que trois de ses neuf matchs sans le petit ailier droit et n’a pas toujours bien paru, autant dans la victoire que dans la défaite d’ailleurs.

Les deux derniers duels contre les Oilers étaient toutefois d’un autre acabit. Il y a bien eu des errances ici et là, des manques de concentration pouvant très bien être dus à ce calendrier éreintant, mais l’effort et la volonté de retrouver cette identité se sont manifestés.

De la retrouver et de l’ajuster en fait. L’apport de Gallagher et sa façon de jouer ne sont plus à démontrer. Il convient parfaitement au style de hockey répandu dans la LNH en ce moment. Du hockey dur, plus permissif, moins dans la finesse (sauf si vous vous appelez Connor McDavid), bref, ramené à sa plus simple expression.

C’est ce que Ducharme voit comme la troisième étape d’une saison, celle où les jeux de passes mignons n’ont presque plus leur place.

On travaille à changer des habitudes, des façons de penser. Ça prend du temps pour changer des habitudes. Tu passes à travers des moments difficiles, on se connaît mieux comme équipe.

Une citation de :Dominique Ducharme

Cette mentalité plus pugnace était à l’honneur à Edmonton, mercredi particulièrement.

Ben Chiarot l’a bien incarnée. En compagnie de son partenaire Shea Weber, et aidé par la clémence des arbitres, ils en ont fait voir de toutes les couleurs aux vedettes des Oilers. Le défenseur de Hamilton a passé 27 minutes sur la glace à peine quatre matchs après s’être remis d’une fracture à la main.

N’importe quel amateur le constate à l’œil nu, l’intensité a grimpé d’un cran. Le problème, c’est que le CH n’arrivait pas à s’astreindre à cette nouvelle cadence.

Les patrons, Marc Bergevin en tête, ont répété toute la saison que le Tricolore pouvait pratiquer n’importe quel style de jeu et qu’il était, d’une certaine façon, bâtie pour avoir du succès en séries éliminatoires, ce qui est peut-être vrai. Mais au moment où le jeu s’apparentait de plus en plus à ce qu’on retrouve en séries justement, l’équipe s’aplatissait.

Les joueurs et l’entraîneur justifiaient même leur manque de production à l’attaque en raison de son style abrasif. La source se tarit un peu partout dans la ligue, en effet, mais Montréal était tout de même bon dernier en attaque depuis la blessure à Gallagher avant le match de mercredi.

Il y avait une contradiction dans les termes. Le Canadien a toutefois semblé comprendre ce qu’il avait à faire lors du dernier match.

Il faut maintenant reproduire l’effort et le résultat, un défi généralisé qui a trop souvent ralenti cette formation cette année.

Dans un horaire chargé, le niveau d’énergie a des hauts et des bas, a expliqué Ben Chiarot. Mais il y a toujours une équipe de l’autre côté qui est payée pour jouer au hockey. Elle essaie de faire la même chose. Quand tu travailles fort, tu finis par obtenir plus de bons résultats et plus de constance. Mais, parfois, ce ne sera pas ta soirée, même si tu as une bonne préparation.

L’idée ici, c’est que ta soirée revienne plus souvent qu’à son tour.

Cayden Primeau, ce professionnel

À quand le tour de Cayden Primeau? Incessamment, faut-il croire.

Ducharme n’a rien voulu confirmer, mais voilà plusieurs jours qu’il laisse entendre que le fils de Keith devrait sauter dans la mêlée.

Surtout que l’état de santé de Carey Price est encore nébuleux selon les nouvelles colportées par l’entraîneur, comme c’est souvent le cas avec les commotions cérébrales. Le Bleu-blanc-rouge affronte les Flames deux fois en 22 heures vendredi et samedi, et il y a fort à parier que Primeau obtienne le troisième départ de sa carrière dans la LNH à l’une ou l’autre de ces occasions.

Il utilise son bâton.

Cayden Primeau repousse le tir de Nick Paul sous le regard de Ryan Poehling,

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Jake Allen a obtenu sept des neuf derniers départs et a joué deux périodes dans l’un des deux matchs qu’il n’a pas amorcés. Voilà un homme occupé qui pourrait l’être davantage encore si Price peine à se rétablir.

En Primeau, le Canadien mise certes sur un jeune gardien de 21 ans qui compte deux matchs d’expérience dans la Ligue nationale, et dont le dernier remonte au 11 décembre 2019, mais également sur un jeune homme dont on vante souvent les qualités.

Il a une attitude de pro. C’est un gardien de qualité et une personne de qualité. Il se présente à l’aréna tous les jours, il se concentre sur sa progression. Comme jeune, tu ne dois pas faire trop de projections. Tu ne peux pas commencer à te demander quand tu auras la chance de t’établir. Tu ne dois pas déroger de ton plan. Il a son plan, il veut progresser, a lancé Ducharme.

Depuis son séjour dans la LNH il y a près d’un an et demi, le gardien a montré beaucoup de maturité. À l’image du club à Laval, Primeau a survolé la Ligue américaine cet hiver avec une fiche de 11-3-0, une moyenne de 2,07 et un taux d'efficacité de ,911.

Des prestations qui ont aidé sa confiance.

Quel sera le plus gros ajustement une fois entre les poteaux d’un match de la LNH?

Le rythme, a répondu le gardien. Je m’en souviens de ça de l’an dernier. C’était plus élevé. Je me sens bien dans les entraînements. Je serai prêt.

Il y en a un autre qui semble prêt. À tout le moins, qui trépigne d’impatience. Un petit Américain bourré de talent au lancer dévastateur. Mais l’on dirait bien qu’il risque d’attendre un peu plus longtemps que son compatriote.

En rafale

Le Canadien aurait normalement dû profiter d’une journée de congé jeudi, comme le stipule la convention collective. Elle prévoit quatre congés par mois, mais les joueurs ont préféré sauter sur la glace.

Weber est allé en discuter directement avec Ducharme.

Un, il n’y a pas grand-chose à faire. Deux, ils voient l’importance de chaque moment. Tant qu’à attendre à l’hôtel, c’est un signe positif. Ils prennent ça à cœur, a fait savoir l’entraîneur.

Durant la séance d’un peu plus d’une trentaine de minutes, l’accent a surtout été mis sur l’avantage numérique. L’attaque massive a fourni un but au dernier match, mais n’en compte que 3 lors des 37 dernières occasions.

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