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Il y aura des cas de COVID-19 aux Jeux de Tokyo, selon cet expert

Selon le Dr Isaac Bogoch, l'absence de quarantaine et de vaccination obligatoire augmente les chances d'éclosion.

Elle porte un masque.

Une personne marche devant un panneau publicitaire des Jeux de Tokyo.

Photo : afp via getty images / BEHROUZ MEHRI

Radio-Canada

À moins de 100 jours des Jeux olympiques et paralympiques d'été de Tokyo, de nombreuses questions restent sans réponse à propos du déroulement de ces événements sur le plan sanitaire.

Plus de 15 000 athlètes du monde entier y ont rendez-vous, et des dizaines de milliers de représentants des médias, d'officiels et autres membres du personnel de soutien se rendront également au Japon.

Un nouveau document a été produit par le Comité international olympique (CIO) pour faire la lumière sur les comportements que devront adopter les athlètes, les médias et les officiels avant, pendant et après les compétitions.

CBC Sports a contacté le Dr Isaac Bogoch, médecin spécialiste des maladies infectieuses et membre du groupe de travail sur le vaccin contre la COVID-19 de l'Ontario, pour connaître son point de vue sur les risques associés à la tenue de ses Jeux olympiques en pleine pandémie.


Q. Quels risques les athlètes canadiens courent-ils en participant à ces Jeux?

R. Cela dépend. S'ils sont vaccinés, leurs risques sont extrêmement faibles. S'ils ne sont pas vaccinés, ils devront travailler très fort pour respecter les protocoles afin de s'assurer qu'ils ne soient pas infectés.

J'espère que les participants aux Jeux olympiques seront vaccinés avant la compétition.


Q. Les vaccins ne sont pas obligatoires pour participer aux Jeux. Jusqu’à quel point est-ce un problème?

R. C'est un problème. Nous sommes en période de vaccination et vous rassemblez beaucoup de gens à proximité, parfois à l'intérieur. C'est ainsi que ce virus se transmet.

Cela signifie simplement que vous avez beaucoup moins de marge de manœuvre pour protéger les athlètes et les autres personnes pendant les Jeux.


Q. Quel est le risque de voyager sur des vols commerciaux pour participer aux Jeux?

R. Les risques sur les vols commerciaux sont extrêmement faibles. Ce n'est pas 0 %, mais c'est beaucoup moins que ce que les gens pensent et c'est en grande partie parce que tout le monde porte un masque, en plus des systèmes de ventilation très sophistiqués.

Il y a eu des cas de COVID-19 transmis dans les avions, mais le nombre est beaucoup plus petit que vous ne le pensez si on considère que ça fait beaucoup de personnes dans un environnement intérieur.


Q. Sur quoi peut-on s’appuyer pour penser que ces Jeux seront sécuritaires?

R. Vous devez penser à quatre grands éléments. La sécurité des athlètes et de leurs proches. La sécurité publique et la santé publique. L’éthique. Et le quatrième est la perception.

Nous avons encore besoin de clarté pour aborder ces quatre enjeux. Nous avons besoin de plus d'informations à ce sujet pour aller de l'avant.


Q. Qu'est-ce qui vous préoccupe du point de vue canadien?

R. Il s'agit d'un événement international de grande envergure. D'une part, je comprends que cela fasse un bien immense pour le monde, mais, d'autre part, vous ne pouvez pas mettre les individus en danger. Vous ne pouvez pas mettre les gens en danger au Japon. Et vous devez fournir un gain aux gens. J'espère que le CIO offrira au monde une certaine plus-value en organisant ces Jeux qui vont au-delà du divertissement et de la compétition mondiale.

J'espère qu'ils feront un don important au programme COVAX pour aider à vacciner les gens dans les pays à faible revenu d'où viennent de nombreux athlètes.


Q. Il n'y a pas de quarantaine obligatoire de 14 jours après l'arrivée au Japon. Quelle est l'ampleur du problème?

R. Si vous n'avez pas de quarantaine obligatoire et que vous n'imposez pas de vaccination, vous ne serez pas surpris qu'il y ait des éclosions de cas de COVID-19.

Vous avez peut-être des tests de dépistage et vous savez que les tests peuvent certainement vous aider. Cependant, si vous avez un nombre important de personnes non vaccinées, et s’il n’y a pas eu de quarantaine, les tests ne peuvent que permettre de déterminer rapidement les personnes infectées et de limiter la propagation du virus. Mais ils n'empêcheront pas les éclosions.

Il existe des moyens créatifs de contourner ce problème. Vous pouvez vous mettre en quarantaine avant votre départ. Des tests avant de partir et des tests à l'arrivée. Vous pouvez vacciner les personnes à l'arrivée. Vous pouvez faire arriver les gens plus tôt. Il y a plein de choses à faire pour rendre cela plus sécuritaire.


Q. Est-ce que l’on devrait permettre aux Japonais d'assister aux épreuves?

R. Je ferais très attention de rassembler les gens, en particulier dans les environnements intérieurs, s’ils ne sont pas vaccinés. Je serais personnellement très hésitant à ce sujet. Personne ne devrait s'étonner que si vous les réunissez dans une salle intérieure, il puisse y avoir transmission.

Vous pouvez réduire ce risque avec des masques et des protocoles, mais il s'agit d'un virus très transmissible.


Q. Devrait-on se préoccuper davantage des variants?

R. Oui. Les variants démontrent simplement que toutes les épidémies que nous voyons seront plus importantes. Et selon les probabilités, certaines personnes infectées, même si beaucoup d'entre elles sont en bonne santé, ce sont de jeunes athlètes, développeront des symptômes plus importants. Il faut être prudent. Et pas seulement dans les lieux de compétition, mais aussi dans leurs déplacements et là où ils vivent.


Q. Que peut-on faire pour éviter les faux positifs?

R. Vous pouvez avoir des laboratoires qui sont capables de répéter les tests immédiatement si vous avez un test faussement positif. Cela dit, il y a un coût à tout ça. Ce n'est pas la vie comme d'habitude. C'est une pandémie olympique. Vous n'allez pas bénéficier de tous les accommodements de Jeux normaux. Vous pouvez avoir la capacité de laboratoire d'effectuer rapidement des tests répétés si vous considérez que quelqu'un a un test faux positif.


Q. Quelle est la probabilité que 15 000 athlètes se rassemblent et qu'il n'y ait pas de cas de COVID-19?

R. Je serais stupéfait si cela se produisait. S'il n'y a pas de quarantaine, que vous n'imposez pas de vaccins, et que des gens entrent et sortent, je serais surpris. Ils sont en provenance du monde entier.

Il va probablement y avoir quelques tests positifs. Cela dépendra en grande partie de deux choses : quels sont les détails de leurs protocoles locaux pour trouver les cas et les empêcher de se propager. Et deuxièmement, le plus difficile, quel est le respect de ces protocoles sur le terrain? C'est la grande difficulté.

(D'après un texte de Devin Heroux, de CBC Sports)

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