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L’adrénaline est merveilleuse, car elle couvre la douleur

Photo d'une équipe de rugby jouant sur un terrain extérieur.

Xavier Jourson sur le terrain avec son équipe de rugby

Photo : Radio-Canada / Xavier Jourson

Xavier Jourson

C’est officiel, mon projet a un an. J’ai choisi symboliquement de mettre l’accent sur le 19 avril, date à laquelle j’ai acheté mon premier vélo de course. Beaucoup de choses se sont passées durant cette année.

Cela dit, il faut vivre dans le présent en s’inspirant du passé. Mon état actuel, tant sur le plan mental que physique, est au beau fixe, tout comme les jours qui se profilent. Ma blessure s’est bien résorbée, mon projet rayonne de plus en plus. Certains commanditaires d’envergure sont venus se greffer à ma conquête du Norseman.

Justement, le Norseman est dans 16 mois et les premiers soupçons d’adrénaline se font ressentir.

C’est la vie qui est la performance, l’art est ce qui survit à la vie

Mon adrénaline a toujours été motivée par la recherche de performance, la compétition et le fait de me mesurer aux autres. Ce sentiment a guidé toute ma carrière de joueur de rugby.

Tout part du vestiaire. En écrivant ces lignes, je sens encore l’odeur de l’huile camphrée qui chauffe mes jambes tel un combattant de MMA, parce que oui, un terrain de rugby, c’est une arène avec 30 combattants qui sont prêts à tout pour avoir le dessus sur l’autre.

Le moment qui me manque le plus, c’est lorsque les joueurs enfilent leur maillot et qu’il n’y a plus un bruit dans le vestiaire, juste des regards, des regards de guerriers qui sont prêts à en découdre. C’est tout simplement grandiose! Je ne vous parle même pas des matchs éliminatoires, qui à eux seuls peuvent vous faire perdre le sommeil. Avec des pulsions cardiaques aussi élevées, impossible de tenir en place.

Radiographie d'une main fracturée.

Une triple fracture de la main s'est soldée par trois mois de plâtre, deux opérations et deux vis de 12 cm dans la main.

Photo : Radio-Canada / Xavier Jourson

C’est cette quête d’adrénaline qui a rythmé ma vie et qui me pousse à relever ce défi audacieux. J’anticipe le moment où je serai dans le bateau, juste avant de sauter dans une eau à 6 degrés pour entamer une course de plus de 15 heures. Ça peut sembler masochiste, mais c’est aussi ce qui me galvanise.

L’adrénaline est en fait le mélange de plusieurs sensations : la crainte, la peur, l’inconnu, le défi, l’ego, etc. Le fait de ne pas connaître l’issue ajoute du piment à la rencontre. Durant ma carrière, j’ai atteint des sommets d’adrénaline au point de réussir à jouer durant plus de 60 minutes avec une triple fracture de la main. Résultat : trois mois de plâtre, deux opérations et deux vis de 12 cm dans la main. L’adrénaline chasse la douleur…

Être optimiste est un combat

Mon plus grand combat en affrontant ce Norseman est la bataille contre moi-même. Bien que l’athlète en moi soit exigeant, j’ai vite pris conscience que je devais me défaire de ma mentalité de sportif qui pratique un sport de  brutes 

Le Norseman est un défi où mon corps devra être mon allié et le temps ma fiancée. C’est un apprentissage nouveau qui exige que je reprogramme certaines habitudes. Et cela ne se fait pas en un jour. Il y a des acquis à conserver, mais d’autres à bannir. C’est le prix d’entrée pour exceller dans ce nouveau sport, aux antipodes des terrains de rugby qui m’ont formé.

Photo de Xavier Jourson sur un vélo d'entraînement

« J’ai choisi symboliquement de mettre l’accent sur le 19 avril, date à laquelle j’ai acheté mon premier vélo de course. »

Photo : Radio-Canada / Fabien Kouamé

J’ai aussi appris à écouter mon corps qui est mon réel médecin et thermomètre. Même à vélo, les premières choses que j’ai cherchées ont été les montées abruptes du chemin Camillien-Houde ou les pentes ardues de Magog. L’adrénaline, encore et toujours. C’est fou, ce sentiment…

Néanmoins, là où j’estime avoir progressé et bénéficié de mes acquis, c’est sur l’aspect mental. Une blessure physique et des querelles de cœur vous transforment en un véritable  Jafar , une machine intraitable qui veut tout gagner.

J’encourage tous ceux qui osent se lancer des défis plus grands que nature à foncer. Sachez-le, l’être humain n’a aucune limite.

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