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La FIFA appuie l'UEFA dans son opposition au projet de Super Ligue

Il prononce un discours sur une estrade.

Gianni Infantino, président de la FIFA

Photo : Getty Images / Matthias Hangst

Agence France-Presse

Le président de la FIFA est venu mardi au secours du soccer européen, secoué par le projet de Super Ligue.

Gianni Infantino a menacé d'exclusion les 12 équipes dissidentes, sans toutefois avancer de mesures concrètes ni de délai.

Réunis en congrès à Montreux, en Suisse, les représentants des 55 associations membres de l'UEFA ont entendu M. Infantino réaffirmer fermement l'opposition de la fédération internationale à ce projet, concurrent direct de la Ligue des champions, épreuve phare de l'UEFA depuis 1955.

Soit vous êtes dedans, soit vous êtes dehors.

Une citation de :Gianni Infantino, président de la FIFA

Il s'oppose à ce système fermé, où les équipes fondatrices auraient leur place garantie chaque saison, au lieu de devoir se qualifier dans leurs championnats nationaux.

Les promotions et les relégations sont un modèle qui a été couronné de succès, a-t-il rappelé.

Sa prise de parole au congrès de l'UEFA était particulièrement attendue par le soccer européen, qui aura besoin de la FIFA pour mettre en place les sanctions qu'il entend infliger aux équipes dissidentes.

Une sanction, discutée juridiquement, serait de bannir leurs joueurs des compétitions internationales avec leur sélection, comme l'Euro ou la Coupe du monde.

Les hostilités sont ouvertes depuis lundi, mais le président de la FIFA a néanmoins ouvert la porte à une réconciliation en assurant les propriétaires des équipes concernées qu'il était encore temps de changer d'avis.

Un premier tribunal donne raison à la Super Ligue

Le Danois Jesper Moller, membre du comité exécutif de l'UEFA, s'attend à l'exclusion des équipes en cause.

Je ne veux pas détailler les motifs légaux, mais ça n'arrivera pas, c'est impossible, a dit le président du Real Madrid Florentino Pérez, et nouveau président de cette Super Ligue, au sujet d'une possible exclusion.

Selon Antoine Duval, spécialiste du droit européen du sport à l'institut Asser de La Haye, une exclusion exposerait l'UEFA à des actions en dommages et intérêts par les chaînes détentrices des droits de télévision.

Les fondateurs de la Super Ligue (six clubs anglais, trois espagnols et trois italiens) ont, de leur côté, déjà prévenu l'UEFA et la FIFA, dans une lettre consultée par l'AFP, qu'ils avaient lancé préventivement des procédures judiciaires pour garantir la naissance de leur projet.

Un premier tribunal, celui de Madrid, a d'ailleurs interdit mardi à l'UEFA et à la FIFA toute mesure contre le lancement de la Super Ligue. Il s'agit d'une première victoire judiciaire pour cette compétition privée.

Dans ce texte, le tribunal de commerce no 17 de Madrid indique avoir ordonné à la FIFA et à l'UEFA, le temps que le dossier soit jugé sur le fond, de s'abstenir d'adopter toute mesure ou action [...] qui empêche ou pose des difficultés, de forme directe ou indirecte, à la préparation de la Super Ligue de football.

Ce tribunal précise, par ailleurs, avoir interdit aux deux instances de prendre des mesures disciplinaires ou des sanctions à l'encontre des clubs, des dirigeants et des joueurs engagés dans la préparation de la Super Ligue.

Il leur interdit, en particulier, d'exclure les clubs et/ou les joueurs [...] de toute compétition de club internationale ou nationale.

Il faudra voir comment l'UEFA et la FIFA ripostent à cette injonction prononcée par un seul tribunal espagnol, alors que leurs menaces de mesures de rétorsion concernent toute l'Europe.

La Commission européenne dit ne pas être compétente pour bloquer la naissance de la Super Ligue, selon son vice-président Margaritis Schinas.

Un modèle américain

En lançant leur compétition dès que possible, sans plus de précision, les 12 équipes veulent créer une ligue comparable aux championnats nord-américains de basketball (NBA) ou de football américain (NFL).

Deux équipes françaises au minimum pourraient se joindre au groupe, selon une source proche des clubs dissidents.

La Super Ligue prévoit une saison opposant 20 équipes avec des séries éliminatoires avec 15 membres de droit (les 12 clubs fondateurs et trois autres à déterminer) et cinq autres équipes choisies selon les résultats de la saison précédente.

La nouvelle compétition, selon ses promoteurs, est vouée à générer des ressources supplémentaires pour toute la pyramide du football.

Les clubs fondateurs recevront un versement en une fois de l'ordre de 3,5 milliards d'euros (5,25 milliards de dollars canadiens).

À titre de comparaison, l'UEFA avait perçu 3,2 milliards d'euros (4,80 M$) pour ses compétitions de clubs en 2018-2019, avant la pandémie.

Zidane ne veut pas donner son opinion

Le Real Madrid est l'un des 12 clubs fondateurs de la Super Ligue. Son président Florentino Perez a été placé à la tête de la structure chargée de concrétiser le projet.

J'ai mon avis, mais je ne vais pas vous le donner, a simplement dit l'entraîneur du Real Zinédine Zidane en rencontre de presse, mardi.

L'ancien international français a ensuite ajouté : C'est une question pour une personne : le président.

Vous allez dire : "Zidane ne se mouille jamais, il ne dit jamais rien", a-t-il poursuivi. Pourquoi? Parce que ce qui m'anime, c'est mon travail, ce que je fais au jour le jour.

Chacun a son opinion, mais moi je ne suis pas ici pour parler de cela. Je suis là pour parler de la Liga, de la Ligue des champions. Le reste, ce n'est pas mon travail, a-t-il rappelé.

Le vestiaire du Real a-t-il discuté de la création de cette Super Ligue?

Pas du tout, a-t-il affirmé sèchement. On parle d'une seule chose, du prochain match. Les joueurs ne pensent qu'à cela. Le reste, on ne peut ni le contrôler ni en parler. Rien.

Une idée novatrice

L'entraîneur de la Juventus, Andrea Pirlo, a estimé mardi que la nouvelle Super Ligue, portée par le président du club Andrea Agnelli, était un projet d'avenir, tout en appelant ses joueurs à rester concentrés sur la qualification en Ligue des champions.

C'est une évolution pour le monde du football. Il y a eu beaucoup de changements ces dernières années : de la Ligue des champions, à la façon de jouer, en passant par les règles, a expliqué Pirlo lors de la conférence de presse d'avant-match contre Parme, en Serie A, prévu mercredi.

Mais je ne suis pas la meilleure personne pour vous expliquer cela, a précisé l'ancien vainqueur de la Coupe du monde en 2006. Le président [de la Juventus, NDLR] est en première ligne et c'est à lui d'en parler.

M. Agnelli a en effet été propulsé vice-président de la nouvelle structure privée qui prévoit d'organiser cette compétition européenne semi-fermée.

Ce matin, le président nous a expliqué ce qu'est ce projet, pas en détail, mais dans les grandes lignes, a poursuivi Pirlo.

Il nous a donné une grande confiance et a réitéré que le plus important est de continuer notre travail, car la Ligue des champions se mérite en gagnant sur le terrain.

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