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Le retour du balancier

Connor McDavid récolte trois points en moins de sept minutes et les Oilers battent le Canadien 4-1.

Jeff Petry tente de contenir McDavid derrière le filet.

Connor McDavid et Jeff Petry

Photo : usa today sports / Perry Nelson

EDMONTON – Pendant combien de temps Connor McDavid peut-il être contenu? Réponse : 5 matchs, 2 périodes, 10 minutes, 11 secondes.

Après 40 minutes de jeu à Edmonton lundi soir, le probablement meilleur joueur au monde, dixit Dominique Ducharme, fulminait. Coups de bâton sur la bande en rentrant au banc, mauvaises décisions en avantage numérique, McDavid distribuait les mises en échec pour évacuer sa frustration.

Le scénario que Phillip Danault lui a fait subir à merveille depuis le début de la saison, soit le priver de temps et d’espace, se répétait et le numéro 97 s’en trouvait fort dépourvu, se faisait supplanter dans les tentatives de tirs par le Canadien lorsqu’il était sur la glace et a même gâché un deux contre zéro avec toute la grâce d’un danseur amateur dans un cours d’initiation à la claquette. L’équipe en entier avait obtenu seulement deux chances de marquer de qualité après deux périodes.

Bref, on était loin du probablement meilleur joueur au monde. Et comme McDavid n’avait que deux passes à ses cinq premiers matchs contre le Tricolore cette saison, la même fiche que Leon Draisaitl d’ailleurs, il était tout à fait envisageable de le voir à nouveau être blanchi.

Erreur. Grossière, ajouterons-nous.

Ce n’était qu’une question de temps, évidemment, mais ça s’est produit à un fort mauvais moment pour le CH qui patauge dans la vase, qui erre dans les limbes depuis si longtemps et qui subit difficilement ce revers de 4-1.

Il étend la jambière pour bloquer une attaque adverse.

Carey Price n'est pas revenu au jeu après la première période.

Photo : usa today sports / Perry Nelson

Vous avez l’impression que l’équipe perd tout le temps? Rassurez-vous, vous n’avez point perdu votre instinct. Depuis son départ canon, le Tricolore a remporté 12 victoires à ses 33 derniers matchs…

Tout le monde en perd un peu son latin.

Bref, tout ça pour dire que McDavid a fait bien peu de cas des malheurs de l’adversaire et lui a fondu dessus avec une telle célérité que 6 min 48 s auront suffi pour donner une triple gifle au CH et porter l’estoc final.

Il a d’abord repéré le défenseur Ethan Bear seul dans l’enclave au terme d’une longue séquence en territoire montréalais.

Puis, est arrivé ceci.

Il est passé à travers tout le monde […] Il y a juste lui qui peut faire ça, a laissé tomber Danault.

Description très juste.

McDavid en a ajouté quelques instants plus tard en lançant Jesse Puljujarvi qui a mis le match hors de portée du Canadien.

Il a fait deux jeux dans les moments importants. Le troisième but, on poussait pour essayer de garder la rondelle en territoire offensif. C’est des gros jeux à des moments clés dans le match. Des fois, ces joueurs-là font la différence. C’est certain que tu aimerais tout contrôler. Mais il a reçu la rondelle en bonne position et il a réussi à passer à travers nos défenseurs, a expliqué Ducharme.

Cette saison, McDavid a 15 points en 8 matchs contre les Flames, 21 en 9 contre les Sénateurs, 10 en 9 contre Toronto, 8 en 5 face à Vancouver et 15 en 7 contre Winnipeg. Et l’on croyait qu’il allait se contenter de 2 passes en 5 rencontres devant le Tricolore? Allons donc.

Tous les joueurs qui ont été appelés à la barre pour témoigner de cet autre revers l’ont affirmé : contre McDavid, ce genre de match va arriver. C’est inévitable. Là n’est pas le problème.

La panne sèche

Il se situe plutôt dans l’incapacité chronique des Montréalais à générer de l’attaque, à menacer et, surtout, à marquer des buts.

Certes, il ne s’agit pas de la seule tare. Les lacunes sont nombreuses, les failles se multiplient, les fondations prennent l’eau et les fuites éclatent un peu partout. L’on pourrait longuement discourir sur les ratés du capitaine Shea Weber, par exemple, ou sur les problèmes de Carey Price, qui a d’ailleurs quitté la rencontre après la première période, nous y reviendrons.

Attardons-nous plutôt sur l’attaque un instant.

Lundi, il aura fallu un effort combiné de Corey Perry, 35 ans, et Eric Staal, 36, pour inscrire l’unique but des Montréalais dans la rencontre. Un but chanceux marqué grâce au patin de Staal.

Depuis la blessure à Brendan Gallagher survenue le 5 avril, l’équipe a réussi 12 filets en 8 matchs, dont un dans un filet désert. On parle ici d’une moyenne de 1,5 but par match, ce qui la place au 30e rang dans la LNH pendant cette période. Le Tricolore en a accordé 27 entre-temps et présente un dossier de 2-6-0.

Plus inquiétant encore est son apathie en contre-attaque, une fois installé en territoire adverse ou en avantage numérique. Autrement dit, dans tous les départements offensifs. Les surnombres créés par les revirements, autrefois légion, ont disparu. Le Canadien peine à se diriger au filet lorsqu’il fait circuler la rondelle dans le territoire adverse et sabote lui-même ses efforts trop souvent par une attaque massive qui manque de conviction.

Ce duel contre les Oilers était particulièrement physique, âprement disputé. Chaque pouce de terrain était vendu chèrement. Exactement le style dans lequel le Tricolore était supposé exceller, nouvellement bâti pour les séries éliminatoires, assurait-on jusqu’à tout récemment, parce que cette rencontre avait toutes les allures d’un match éliminatoire justement.

Ce seront des matchs serrés à partir de maintenant. Tout le monde se bat pour les places en séries. Les buts seront marqués comme celui de Staal, en allant au filet. Les jeux mignons, les buts mignons, ça n’arrivera plus. Ce seront des buts devant le filet, des retours de lancers et on doit trouver une façon de générer.

Une citation de :Jeff Petry

Lui-même n’a plus marqué depuis 16 matchs. Son coéquipier à la ligne bleue, Weber, est 0 en 18. Jesperi Kotkaniemi, 0 en 11, et Jonathan Drouin, 0 en 25.

Qu’est-ce que le Canadien n’arrive plus à faire depuis plusieurs semaines contrairement au début de la saison quand tout lui souriait à l’attaque?

Je ne vois rien de majeur, a répondu Jake Allen. Parfois, quand tu ne marques pas, tu tiens ton bâton plus serré. Mais qu’est-ce que j’en sais. Je suis un gardien. Je n’ai jamais marqué un but de toute ma vie.

Mais on a beaucoup de gars qui peuvent marquer. On l’a vu, ils l’ont fait avant, je ne suis pas inquiet pour eux, a ajouté le gardien.

Il y a pourtant toutes les raisons de l’être, car les autres formations semblent avoir trouvé la recette du succès contre le CH en cantonnant les attaquants en périphérie, les forçant à s’échanger la rondelle près de la bande sans que quiconque dans l’équipe ne soit en mesure de briser ce cercle vicieux et d’attaquer le centre de la glace.

Allen a bien raison de dire qu’il convient de prendre une grande respiration, se regrouper, se donner quelques heures avant de voir ce qu’ils peuvent faire de mieux.

Visiblement, personne n’a encore trouvé la réponse à cette question

En rafale

Carey Price n’est pas revenu au jeu à l’entame de la deuxième période. Les thérapeutes ont averti Ducharme quelque cinq minutes avant la fin du premier entracte que la soirée de travail du gardien vedette était terminée.

L’entraîneur a assuré qu’il ne s’agissait pas d’une résurgence de sa blessure au bas du corps des dernières semaines, mais plutôt d’une blessure au haut du corps engendré par un contact avec Alex Chiasson lors d’un but de McDavid finalement refusé pour cause d’obstruction.

Le Québécois est entré en contact avec la tête de Price qui est probablement passé par le protocole des commotions cérébrales. Est-il blessé au cou ou à la tête? Le CH n’a pas donné davantage de nouvelles.

La bonne nouvelle pour le Canadien : les Flames de Calgary n’ont pas profité de cette débâcle pour se rapprocher au classement. Ils se sont inclinés devant les Sénateurs d’Ottawa.

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