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À quand le retour des partisans aux matchs de la LNH au Canada?

Selon une experte, les équipes canadiennes devraient miser sur des tests antigéniques.

Quelques amateurs de l'Avalanche avec un couvre-visage regardant un match dans l'aréna.

Les partisans de la LNH sont de retour dans presque tous les amphithéâtres aux États-Unis, mais pas au Canada.

Photo : usa today sports / Ron Chenoy

En Amérique du Nord, une grande majorité d’équipes professionnelles autorise la présence d’amateurs dans les gradins, malgré la pandémie de COVID-19.

Dans la NBA, 27 organisations ont choisi d’ouvrir les portes de leur amphithéâtre au public. Les 31 équipes du baseball majeur accueillent des partisans dans les stades.

Au hockey, les Capitals de Washington deviendront le 27 avril prochain la 23e formation de la LNH à autoriser l’accès aux spectateurs. Jusqu’à 2100 personnes seront invitées à voir leur équipe à l’oeuvre. Les Blackhawks de Chicago sont la seule équipe américaine du circuit Bettman à ne pas avoir annoncé de retour pour l'instant.

Toutes ces formations sont basées aux États-Unis, en considérant la situation particulière des Raptors et des Blue Jays. Les Torontois se sont exilés cette saison en Floride pour éviter de multiplier les déplacements extrafrontaliers.

Pendant ce temps, les équipes canadiennes de la LNH se contentent d'examiner avec prudence la situation.

En mars, le vice-président aux affaires publiques et communication du Canadien, Paul Wilson, écrivait à Radio-Canada Sports : Nos équipes travaillent depuis plusieurs semaines déjà afin de sécuriser nos salles pour une réouverture prochaine.

Il réagissait ainsi à l’annonce du gouvernement du Québec permettant l’ouverture des salles à un maximum de 250 personnes.

C’était donc avant que la troisième vague de cas de COVID-19 déferle sur la province. Nous prendrons le temps de bien étudier l’annonce du gouvernement afin de bien en saisir les détails et nous assurer ainsi de respecter les consignes des autorités, avait-il répondu à l’époque.

Nous avons hâte d’accueillir à nouveau les spectateurs et de faire revivre le sport et les spectacles dans nos salles.

Une citation de :Paul Wilson, vice-président aux affaires publiques et communication du Canadien

Les Canucks de Vancouver, eux, ont déclaré fin mars (Nouvelle fenêtre) avoir entamé des discussions préliminaires avec les autorités locales pour un retour graduel de leurs partisans au Rogers Arena. Son de cloche semblable du côté des Oilers d'Edmonton, des Jets de Winnipeg et des Flames de Calgary.

Dans la Ligue canadienne de football (LCF), les dirigeants se croisent les doigts pour obtenir une autorisation de la santé publique des provinces.

Pendant ce temps, aux États-Unis, plus de 3000 supporteurs se réunissent chaque match pour encourager les Panthers de la Floride ou les Stars de Dallas depuis le début de la saison. Plus de 25 000 personnes étaient présents lors du dernier Super Bowl à Tampa Bay.

Et au baseball, les Texans ont même rempli au maximum de sa capacité le stade Globe Life Field pour le match d’ouverture des Rangers.

Comment expliquer cet écart saisissant entre deux pays voisins?

D’abord, par le pourcentage de personnes vaccinées plus élevé aux États-Unis (40 %) qu’au Canada (un peu moins de 30 %). Ce taux procure un certain sentiment de sécurité aux organisations américaines quand vient le temps de déverrouiller les tourniquets.

Ce n’est pas la seule explication, avance Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Selon moi, une raison qui favorise le retour des rassemblements aux États-Unis est l'utilisation des tests rapides antigéniques, plus populaires là-bas qu'ici.

En 15 minutes, on obtient un résultat. C’est un peu le fonctionnement d’un test de grossesse. C’est beaucoup plus rapide recevoir un résultat qu’avec les tests PCR, utilisés majoritairement au Québec, explique-t-elle.

Aux États-Unis, comme dans bien d’autres pays dans le monde, on a fait le choix d’investir dans ces tests, mentionne l’experte en économie de la santé, qui a interpellé de nombreuses fois le gouvernement du Québec à ce sujet.

Un homme avec un casque de canard lève le bras pour manifester sa joie. Il est entouré de partisans ayant un couvre-visage.

Les Ducks ont joué leur premier match à domicile devant des partisans le 16 avril dernier, face aux Golden Knights.

Photo : usa today sports / Jayne Kamin-Oncea

À grande échelle, ces tests antigéniques s’avèrent moins précis que les tests PCR. Mais ils peuvent nous alerter instantanément ou presque lorsqu’un patient est dans une phase d’hypercontagiosité, argue-t-elle. Pour limiter la propagation, c’est un excellent outil.

Le taux de précision des PCR est excellent, mais il ne détecte pas si le patient est au début ou à la fin de sa maladie comme le permet le test antigénique, ajoute Roxane Borgès Da Silva. Cette information est précieuse. Car, à partir de là, on peut déterminer si le patient est vraiment à risque de transmettre le virus.

Six organisations exigent aux partisans de se soumettre à un test de détection contre la COVID avant d’entrer dans leur amphithéâtre. Trois d'entre elles sont situées dans l’État de New York : les Sabres de Buffalo, les Rangers de New York et les Islanders de New York. Les trois autres sont les Sharks de San José, les Ducks d'Anaheim et les Kings de Los Angeles, en Californie.

Le Lightning de Tampa Bay demande également aux acheteurs de billets de subir un test, mais seulement ceux dont le siège se trouve à proximité de la glace, à 10 mètres ou moins.

Équipes de la LNH demandant aux spectateurs de subir un test de dépistage :

  • Rangers
  • Islanders
  • Sabres
  • Ducks
  • Kings
  • Sharks
  • Lightning (partiellement)

Les Red Wings de Détroit encouragent leurs partisans à le faire, mais ne demandent aucune preuve de résultat négatif à l’entrée.

Les 15 autres équipes de la LNH qui admettent des partisans dans leur amphithéâtre (en incluant les prochains en lice, les Capitals) n’exigent pas pareil test. La plupart demanderont plutôt aux spectateurs de remplir un questionnaire, attestant qu’ils n’éprouvent aucun symptôme.

Certaines équipes, comme les Devils du New Jersey et les Predators de Nashviulle, se réservent le droit de vérifier la température des invités à leur arrivée. Le Heat de Miami, dans la NBA, a même recours à des chiens renifleurs.

Plusieurs partisans rassemblés avec quelques sièges les séparant. Tous portent des masques.

Les Coyotes autorisent maintenant jusqu'à 7900 partisans à leurs matchs.

Photo : usa today sports / Matt Kartozian

La popularité des tests à action rapide aux États-Unis n’est donc pas la seule raison qui explique le retour des partisans dans les gradins.

L’importance de la liberté individuelle, variant d’un État à l’autre, joue aussi un rôle, convient Roxane Borgès Da Silva. Sur la manière d’approcher la question, c’est comme si on était sur deux planètes différentes selon si on se trouve au Maine ou au Texas, illustre-t-elle.

Est-ce qu’il y a une plus grande tolérance au risque dans certains États plus républicains, plus libertariens? Probablement.

Une citation de :Roxane Borgès Da Silva

Le rapport de force entre les positions politiques et les recommandations des autorités en santé publique peuvent alors diverger. Ça doit certainement avoir une influence sur les décisions prises quand la population est d’abord en grande majorité en faveur de la liberté individuelle.

Néanmoins, si on souhaite ouvrir les portes du Centre Bell ou du Rogers Arena, l’experte parle à nouveau des tests antigéniques comme étant la clé. Ce n’est pas un outil de diagnostic, mais un excellent outil de dépistage.

Elle se base notamment sur des expérimentations concluantes qui ont eu lieu dans des salles de concert en Europe ces dernières semaines.

Une manière d’assurer un retour des partisans dans un environnement sécurisé serait donc d’obliger ces tests, selon l'experte. La santé publique pourrait les inclure dans sa liste de conditions.

Les organisations canadiennes pourraient même ajouter le coût dans leur tarif. Ça coûte 5 $ par test, environ. Et il pourrait y avoir des cliniques de dépistage aux alentours de l’amphithéâtre.

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