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Faire du vélo de montagne en famille : portrait et conseils

Deux cyclistes descendent une piste de vélo dans le bois.

Deux cyclistes descendent une piste de vélo dans le bois.

Photo : Louis Jalbert

L'un des sports qui ont profité de la pandémie pour aller chercher de nouveaux adeptes est bien le vélo de montagne. La discipline connaît un regain de popularité depuis quelques années, mais il y a eu une explosion de l’intérêt la saison dernière. D’ailleurs, plusieurs centres ont connu des augmentations de près de 50 % de leur achalandage.

Si vous avez tenté de vous procurer un nouveau vélo ou juste d’entretenir le vôtre, vous l’avez probablement constaté.

Parmi les nombreuses raisons, le vélo de montagne se pratique de plus en plus en famille. Pour le président du conseil d’administration du centre Empire 47 (E47) à Lac-Delage, Louis Boissinot, l’image du téméraire qui dévale les pentes à vive allure avec un vélo hors de prix ne représente pas la majorité des adeptes.

L'année passée, on a vu un boom extraordinaire des jeunes familles, raconte-t-il. On voyait les gens se présenter avec de vieux vélos, des petits bouts de chou avec de petits vélos achetés de premiers prix. C'est extraordinaire!

Au cours des dernières années, de nombreux centres ont aménagé leurs sentiers pour répondre aux besoins des cyclistes de tous les niveaux.

Elle sourit.

Une femme roule sur un vélo de montagne.

Photo : Facebook E47

Dans les sentiers de vélo de montagne de premières générations, il y avait plus de racines, des roches. Et ils étaient moins bien entretenus, moins bien indiqués, reconnaît Louis Boissinot. Mais là, depuis quatre ou cinq ans, les stations ont commencé à mieux s'organiser et à faire de nouveaux tracés, des sentiers plus léchés, plus agréables.

Des experts peuvent emprunter maintenant le même sentier que des débutants pour descendre la montagne. La grande différence, évidemment, c'est la vitesse à laquelle on le fait. Beaucoup de sentiers offrent deux lignes de descente. À un moment donné, si c'est trop abrupt, trop difficile, un sentier va bifurquer et sera plus facile pour continuer à descendre, puis il va rejoindre le même sentier. Cette mentalité-là, ce genre de design là, c'est de plus en plus connu et de plus en plus appliqué. C'est merveilleux.

Une citation de :Louis Boissinot, président du conseil d'administration d'Empire 47 à Lac-Delage

Plusieurs centres offrent aussi des zones d’habiletés selon l’âge de l’enfant. Par exemple, pour les 3 à 7 ans, ce sera un terrain plat avec de petits monticules et de petits obstacles. La difficulté augmente avec l’âge de l’enfant.

Les plus vieux pourront s’amuser dans les pumptracks, des pistes à obstacles en boucle, asphaltées ou en terre battue. D’ailleurs, ce type d’installation déborde des centres de vélos de montagne puisque de nombreuses municipalités en ont construit sur leur territoire au cours des dernières années. (Varenne, Sainte-Béatrix, Montmagny, Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, Cowansville, etc. )

À quel âge peut-on initier un enfant au vélo de montagne?

La réponse est probablement au moment où le parent sera à l’aise.

Elle est accompagnée d'un enfant.

Une enfant d'environ 5 ans est assise sur un vélo de montagne.

Photo : Gracieuseté Facebook E47

Gilles Morneau, l’auteur du Guide pratique du vélo de montagne : le bonheur est dans le bois, publié en mars dernier, constate lui aussi qu’il y a de plus en plus de familles qui pratiquent le vélo de montagne et le nombre grandissant de dispositifs pour les accommoder n’y est pas étranger.

Un banc de vélo pour enfant de la compagnie canadienne Mac-Ride.

Un banc de vélo pour enfant de la compagnie canadienne Mac-Ride.

Photo : Gracieuseté site Internet Mac-Ride

Les gens amènent leurs enfants de plus en plus jeunes, explique-t-il. Maintenant, tu peux asseoir ton enfant entre tes mains sur le tube horizontal sur ton vélo de montagne. Les gens les prennent à partir de un an et demi, dès qu'ils sont capables de s'asseoir, puis de tenir le guidon. Ça donne aux jeunes des sensations de pilotage. Comment virer, comment se pencher dans les tournants. Après ça, lorsqu'ils embarquent sur leurs petits vélos, ils ont moins peur de ce qui les attend.

Ils sont sur une piste ensablée.

Un enfant de moins de 1 an est assis derrière le guidon du vélo d'une femme.

Photo : Gracieuseté site Internet Mac-Ride / Picasa

Les draisiennes, ou vélos d’équilibre, sont aussi très présents dans les sentiers.

Si l’on a juste une petite côte à monter, on fait juste accrocher un élastique (corde de remorquage) après le guidon de l'enfant, souligne Gilles Morneau. Le parent peut tirer son enfant, ensuite décrocher ça et laisser l'enfant aller par lui-même. La technologie s'est beaucoup adaptée à la situation des familles, les sentiers aussi. Les centres offrent des sentiers intéressants, mais pas trop difficiles.

Pour les enfants capables de pédaler seuls, vous pouvez trouver sur le marché des vélos allant d’une centaine de dollars à plus de 600 $. Pour Gilles Morneau, au-delà du coût, le plus important est que le vélo soit adapté à la taille de l’enfant.

L'enfant, il n'est pas assez lourd ou exigeant pour qu'on ait besoin d'un vélo d'une très haute qualité, dit l’auteur. Il faut s’assurer qu'il est à la bonne grandeur, que ses petites mains soient capables d'actionner les leviers pour les changements de vitesse et le freinage. Il y a beaucoup d'ajustements à faire. Rapprocher les leviers pour qu'ils ne soient pas trop loin pour les petits doigts. Il faut faire attention que le vélo ne soit pas trop lourd non plus.

Mis à part le casque, il pourrait être pertinent d’investir dans l’achat de gants, de coudières et de genouillères pour les enfants. Une mauvaise chute et un genou écorché peuvent freiner rapidement l’envie d’un enfant de faire du vélo.

Un petit cours avec ça?

Un autre signe de la popularité de ce sport est l’offre croissante de camps de jour pour les enfants. Difficiles à trouver il y a quelques années, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Un enfant descend un obstacle en vélo de montagne.

Le centre E47 à Lac-Delage s'est donné comme mission de rendre le vélo de montagne accessible aux familles.

Photo : Gracieuseté Facebook E47 / JOC

E47 en offre depuis deux ans maintenant, on en retrouve aussi au Centre national de cyclisme de Bromont, mais aussi dans plusieurs municipalités.

Gilles Morneau recommande d’ailleurs à tous les débutants, adultes y compris, de suivre une formation pour bien s’initier au vélo de montagne et ainsi éviter les blessures.

C’est un peu comme comme le ski alpin, remarque l’auteur. C'est normal que tu suives un cours au début et c’est un petit peu le même raisonnement qu'il faut avoir avec le vélo de montagne. Avant de se lancer là-dedans, suivez un petit cours. Surtout lorsqu'on parle de jeunes qui aiment l'adrénaline et qui font d'autres sports, on dirait qu'ils s'embarquent dans le vélo de montagne et ils s'imaginent qu'ils vont suivre les meilleurs tout de suite.

La plupart des centres de vélo de montagne, mais aussi certaines entreprises privées, peuvent vous initier aux rudiments de ce sport.

Un autre conseil que Gilles Morneau vous offre pour que vos sorties soient les plus agréables possible est d’apprendre à faire l’entretien de base sur votre vélo. Réparer une crevaison ou la chaîne, ajuster les suspensions ou le volume d’air dans les pneus, etc.

Non seulement pour éviter les attentes aux boutiques de vélos, mais pour être capable de faire les réparations lorsque ça vous arrive en sentier. Si l’on est à plusieurs kilomètres du stationnement, il vaut mieux savoir comment réparer en chemin. Il y a tellement de tutoriels maintenant sur Internet que chaque situation est facile à trouver. Il faut avoir les outils de base aussi et se bâtir un bon petit coffre à outils.

À quoi s’attendre pour la saison 2021?

On ne peut pas prédire ce que la météo va nous réserver cet été, mais Louis Boissinot s'attend à une grosse saison pour E47. En 2020, le centre avait vendu 3500 abonnements de saison. En comparaison, à la fin du mois de mars, plus de 2200 abonnements avaient déjà trouvé preneur, même si les sentiers n'étaient pas encore ouverts.

Cet achalandage pourrait faire peur. L’an dernier, l’arrivée massive des cyclistes a surpris certains centres qui ont vu des embouteillages se former près des stationnements et dans les aires d’accueil. Avec l’expérience en poche, la plupart ont pris des mesures pour s’assurer que ça ne se reproduise plus.

Avant, notre problème, c'était de faire les sentiers pour recruter de nouveaux adeptes, remarque Gilles Morneau. L'année dernière, notre problème a été de faire face à cet achalandage-là, d'adapter nos infrastructures et nos systèmes pour que ça puisse quand même être une belle expérience. Parce que ce qui se passe, ça bouchonne aux entrées lorsque les gens doivent prendre leurs billets, puis se stationner. Mais une fois rendus dans les sentiers, nos réseaux sont assez grands pour qu'on n'ait pas cette impression de foule. Lorsqu'on est rendu, dans les sentiers, il y a vraiment assez de place pour tout le monde.

E47 a aussi dû faire des ajustements.

Cette année, on est prêt à répondre à la demande. On ajoute des stationnements temporaires à l'extérieur de la zone. On a des agents de stationnement. On a des gens à l'accueil qui vont demander aux gens de respecter la distanciation sociale et tout le monde porte le masque.

Une citation de :Louis Boissinot, président du C. A. d'Empire 47 à Lac-Delage

Si vous voulez éviter les foules, Louis Boissinot conseille de se procurer un abonnement de saison, vous pourrez donc vous lancer sur les pistes sans vous présenter à l’accueil.

Les centres de vélo de montagne s’attendent à travailler fort encore cette année. Plus de visiteurs représentent aussi plus d’heures à entretenir les sentiers, mais Louis Boissinot garde le sourire.

Ça va être une très grosse saison, tant mieux. Mieux ça va être merveilleux. Maintenant, il faut que l’on soit capable de garder le momentum pour les années futures. Mais je pense que oui, on est optimiste là-dessus!

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