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Canadien : il faudra plus que de l’expérience d’ici la fin

Toffoli lève le bras dans les airs pour célébrer son but contre Markstrom.

Avec 21 buts, Tyler Toffoli se retrouve maintenant au 5e rang des meilleurs buteurs du circuit, à égalité avec plusieurs autres joueurs.

Photo : usa today sports / Jean-Yves Ahern

De la valeur de l’expérience l’on convient, sauf qu’au hockey, elle rime parfois avec vieillissement, ralentissement, déclin, si vous souhaitez dire les choses crûment.

Le Canadien n’est pas une jeune équipe, contrairement à la croyance populaire. Il y a de jeunes joueurs, certes, importants qui plus est, mais la formation que Dominique Ducharme a sous la main est même plutôt âgée.

Vendredi soir, lors du gain de 2-1 à l’arraché sur les Flames de Calgary, le seul rival qui lui conteste sa place en séries, ça paraissait par moments.

En fait, la formation avait une moyenne d’âge de 28,2 ans, ce qui la place au 6e rang des équipes les plus âgées de la ligue si l’on prend les valeurs de début de saison pour les 30 autres.

Donc, l’expérience est importante, disions-nous. Marc Bergevin en a fait venir un voyage complet cette saison, avec des bagues de la Coupe Stanley attachées aux pieds qui plus est, pour encadrer ses jeunes talents et faire du CH une équipe compétitive.

Celle de Corey Perry a été bénéfique jusqu’à présent, celle d’Eric Staal l’est moins. Lorsqu’on les réunit sur un même trio, il y a parfois de quoi grincer des dents.

Staal en particulier a semblé en quête de repères toute la soirée, à la recherche d’une bouée de sauvetage. En fin de première période, il s’est fait subtiliser la rondelle à sa ligne bleue par Andrew Mangiapane qui a décampé à moitié seul, une action heureusement sans conséquence. Mais l’ancienne gloire des Hurricanes a paru tellement dépassée par la vitesse du jeu qu’elle en a perdu sa vision périphérique. Il ne faut pas tant s’étonner de son différentiel de -7 en 7 matchs dans le contexte.

Dominique Ducharme a dit avoir apprécié le travail du trio de Staal (avec Perry et Artturi Lehkonen) en deuxième période.

Ils ont eu de bons moments, a-t-il laissé tomber.

Puis, sur Staal lui-même.

C’est un gars d’expérience. Quand les choses vont moins bien, il le sait, il est au courant. Et quand ça va bien, il sait pourquoi. On a besoin de lui. Il apporte des choses intangibles. C’est un compétiteur et il va nous aider, a ajouté l’entraîneur-chef.

L’intangible, c’est bien. Rien contre l’intangible. Ça flotte dans les airs, c’est subtil, ça soude parfois, c’est utile. Mais le tangible n’est pas mal non plus.

Ces failles sautent aux yeux des simples observateurs, mais les joueurs le savent mieux que quiconque. Difficile de justifier la présence de Jake Evans dans les gradins, par exemple, si cette déliquescence se poursuit.

L’entraîneur du Tricolore n’a dirigé que 23 matchs dans la LNH. Peut-être l’idée d’écarter un joueur de la trempe de Staal, au palmarès si reluisant, le tracasse-t-il. Ce ne serait que normal. Mais ne pas récompenser les plus méritants est aussi une source possible de mécontentement dans le vestiaire.

De plus en plus, Ducharme est obligé d’esquiver des questions sur certains de ses vétérans lors de ses points de presse. Celles sur Shea Weber reviennent de plus en plus souvent et, évidemment, l’entraîneur les dévie habilement.

À l’image de l’équipe, le capitaine a peiné dans son territoire vendredi, particulièrement en première période lorsqu’il a remis le disque directement à Sean Monahan en haut de territoire alors que le CH était à bout de souffle. Ainsi, on en a eu pendant un autre bon trente secondes à se désarticuler dans sa zone pour étouffer la menace des Flames. Ces jeux s’accumulent depuis plusieurs semaines.

L’équipe est encore construite en partie autour de lui. Si Weber n’arrive plus à offrir davantage, le Tricolore se retrouvera avec un problème sur les bras qui compromettra son projet à court, moyen et long terme.

Les vétérans de cette équipe peuvent certainement représenter un parfait complément, d’excellents meneurs derrière les portes closes et par leur attitude sur la glace, mais le salut du Canadien pourrait passer entre d’autres mains : la qualité du jeu des nouveaux venus et des jeunes centres.

Des arbitres séparent des joueurs lors d'une échauffourée.

Des arbitres séparent des joueurs lors d'une échauffourée.

Photo : usa today sports / Jean-Yves Ahern

La guigne

Le succès du Tricolore semble désormais intrinsèquement lié à la progression de Nick Suzuki. Des hauts et des bas cette saison pour le jeune homme, au point où la fameuse guigne de la deuxième année a été évoquée. On a la guigne facile.

C’est difficile par moments peut-être, mais davantage que l’an passé?

C’est toujours un peu plus dur pour les joueurs de deuxième année. Quand tu débarques dans la ligue, au début, les autres ne te connaissent pas, mais après oui. Et ils tentent de rendre ta vie plus difficile. On fait la même chose de notre côté. C’est un combat.

Une citation de :Shea Weber à propos de la deuxième saison dans la LNH de Nick Suzuki

Particulièrement quand le jeune en question devient l’attaquant le plus utilisé et fait face aux confrontations les plus difficiles. Ducharme a éloigné Suzuki de la plus féroce compétition depuis quelque temps et les résultats commencent à se faire sentir.

L’on pourrait aisément arguer que, de toute façon, l’inconstance est le lot de l’immense majorité des joueurs de hockey, qui plus est des plus jeunes. Avec ses deux passes vendredi, l’Ontarien de 21 ans totalise maintenant 27 points en 41 matchs, soit exactement la moitié d’une saison normale dans la LNH. Il serait en route vers une campagne de 54 points.

Depuis le lock-out de 2012-2013, seuls 43 attaquants de 21 ans et moins ont réussi plus de cinquante points en une saison, soit un peu moins de cinq par année en moyenne (4,8). Un seul du Bleu-blanc-rouge durant toute la période étudiée : Alex Galchenyuk en 2015-2016.

Outre les exceptions évidentes à la Connor McDavid, on y retrouve presque exclusivement des vedettes comme Mathew Barzal, Mikko Rantanen, Nikolaj Ehlers, Taylor Hall ou Jonathan Huberdeau. Il y a bien quelques Dylan Strome et Nick Schmaltz, mais ils sont rares.

Suzuki n’a peut-être pas sa prestance du début de l’année, malgré tout, il vient d’engranger 9 points à ses 12 derniers matchs.

Plus impressionnant, quand il a participé au pointage de son équipe, le Canadien a maintenu un dossier de 15-3-5. Sans sa contribution? 4-10-4.

Vendredi, ce sont davantage ses ailiers, à commencer par Joel Armia qui a disputé un fort match, qui l’ont fait bien paraître. N’empêche que c’est lui qui a attiré trois couvreurs avant de repérer Tyler Toffoli seul dans l’enclave pour ouvrir la marque. Et c’est encore lui qui a amorcé la sortie de zone, l’une des rares en contrôle durant la soirée, qui a mené au but gagnant, encore de Toffoli, en fin de rencontre.

On a eu des discussions avec Suzie et Tof ce matin, a lancé Ducharme. J’ai vraiment aimé la façon dont ils ont réagi. Nick était dynamique. C’est de cette façon qu’il va avoir du succès.

À 21 ans, Suzuki est déjà devenu essentiel à l’équipe. C’est, en soit, un bel accomplissement. L’encadrement des plus vieux est évidemment nécessaire, mais il faudra plus que de l’expérience et des intangibles pour que le CH représente véritablement une menace. Vendredi soir, face au style râpeux des Flames, il s’en est fallu de bien peu pour que le Canadien soit à nouveau impuissant.

Quand on se donne à ses joueurs d’expérience, il n’y a pas que son innocence que met dans la balance le Canadien, contrairement à ce que chantait Francis Martin, il y a sa saison aussi.

En rafale

Toffoli a inscrit ses 20e et 21e buts de la campagne. Calcul rapide, sur une saison complète, l’ailier maintient le rythme d’une saison de 42 buts. Jake Allen n’a pas tari d’éloges à son égard après la rencontre.

J’ai beaucoup joué contre lui dans l’Ouest. Il a joué avec (Darryl) Sutter, c’est un système différent. Maintenant, il obtient plus de chances et tu vois qu’il a toujours eu cette touche de marqueur. Il sait où aller. Et quand il a ses occasions, la plupart du temps, elles rentrent ou elles passent près. C’est un joueur intelligent. Ce n’est pas le plus rapide, d’aucune façon, mais si tu es plus intelligent tu n’as pas besoin d’être rapide, tu sauras où aller. Et la rondelle part dès qu’il la reçoit. Il ne dribble pas avec et c’est immense. Dès qu’il la reçoit, elle est partie. Si tu veux marquer dans cette ligue, c’est comme ça que tu dois faire.

Sans viser personne, il y a peut-être là une belle leçon.

Parlant d’Allen, il a enregistré sa deuxième victoire en six départs consécutifs depuis la blessure à Carey Price. Le Néo-Brunswickois présente une moyenne de 2,88 et un taux d"efficacité de ,900 en l’absence du gardien numéro un.

Le Canadien a donc repoussé Calgary à six points de lui. Avec trois matchs de plus à disputer, Montréal se retrouve en excellente position, même si les Flames peuvent toujours espérer combler une partie de ce retard s'ils remportaient les trois derniers duels entre les deux équipes.

Par ailleurs, le CH misait sur les services de Ben Chiarot, de retour après avoir raté les 15 derniers matchs. Le défenseur était à l'écart du jeu après avoir subi une fracture à la main droite lors d'un combat, le 10 mars. Il a retrouvé son partenaire de jeu habituel, Shea Weber. Il a passé un peu plus de 22 minutes sur la glace.

Bien involontairement, il a été responsable de l'unique but des adversaires. Le tir de Lindholm a dévié sur lui avant de se retrouver dans le fond du filet.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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