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Kim Clavel au-delà du réel

Elle tient un chien dans une main et caresse un poulain de l'autre.

Kim Clavel a retrouvé avec bonheur les chevaux de la ferme familiale.

Photo : Courtoisie Kim Clavel - Twitter

Jean-François Chabot

Une fois de plus, Kim Clavel est sortie de sa bulle de confort. Après trois mois passés sous les regards de milliers de Québécois, la boxeuse veut maintenant retrouver ses marques.

De son propre aveu, l’expérience de la téléréalité Big Brother Célébrités lui a fait vivre des moments de réflexion qui s’ajouteront dorénavant à un coffre d’outils déjà bien garni.

J’ai vraiment appris à me connaître beaucoup dans cette aventure-là. Il y a beaucoup de choses qui me serviront pour la vraie vie. J’ai fait face à beaucoup de situations où j’ai dû gérer mes émotions. Ça va me servir pour mes combats futurs, d’apprendre à garder la tête froide et de rester concentrée, a indiqué la championne des mi-mouches de la NABF.

Ce n’était pas la bulle la plus difficile à vivre parce qu’on est bien traités. On est quand même dans une maison de luxe, on mange bien. C’est le fait d’être enfermée pendant 92 jours, sans pouvoir aller à l’épicerie, sans aller au dépanneur, sans pouvoir sortir ou marcher dehors, a-t-elle poursuivi.

Tu es vraiment encabanée. Tu ne peux pas regarder dehors à part dans la chambre des affrontements. Les fenêtres sont toutes barricadées. Tu ne peux pas ouvrir les fenêtres. Il fait clair 24 heures sur 24. Il y a des lumières pour les caméras, ce qui fait qu’on n’est jamais dans le noir total. J’ai vraiment trouvé ça dur.

Une citation de :Kim Clavel, boxeuse professionnelle

Toutefois, elle ne croit pas qu’elle en gardera quelque séquelle négative. Je jette tout ce qui est négatif et je garde juste le positif. Le reste, je n’en ai pas besoin. Je suis forte entre les deux oreilles. Je vais de l’avant, j’ai mon objectif en tête et je me dis que cette expérience m’aura servi pour atteindre mes objectifs dans la vie, a-t-elle soutenu.

La prudence de l’entourage

Son entraîneuse depuis ses débuts, Danielle Bouchard, n’est pas aussi catégorique. C’est pourquoi un plan est déjà en place au cas où sa protégée aurait besoin d’une attention particulière.

Ce sont quand même des questions qu’on se pose parce qu’on fait face un peu à l’inconnu. On n’a jamais eu à vivre avec une situation comme ça, une athlète qui vit une téléréalité, qui revient dans la vie normale. On va apprendre à vivre avec ça, a d’abord expliqué celle qui, en 2007, a été la première Québécoise à se battre pour un titre mondial.

On en a parlé beaucoup en équipe de travail. On a aussi mis dans la balance que ça pouvait être plus difficile que prévu. Elle aura peut-être besoin d’avoir plus de repos ou peut-être même un travail en psychologie sportive ou en psychologie de la personne, dépendamment des besoins qu’on va avoir. On est préparés à l’éventualité où Kim aurait besoin d’aide.

Une citation de :Danielle Bouchard, entraîneuse de Kim Clavel

Bouchard insiste sur le fait que tout passe par un bon équilibre dans une routine quotidienne bien établie.

Un épuisement psychologique à la suite d’une aventure comme ça, ça prend un temps de récupération comme pour le physique. C’est le même principe. Ça passe par de saines habitudes de vie, une routine qui se réinstalle, des heures de sommeil qu’un athlète a besoin d’avoir, une bonne alimentation, les collations, etc.

Objectif Montréal, le 20 août

Durant son séjour devant les caméras, Kim Clavel a appris d’Yvon Michel qu’il y avait un plan pour la présentation de son prochain combat, le 20 août, à Montréal.

Le promoteur voit grand et se croise les doigts afin qu’il puisse tenir son événement en présence de spectateurs au stade de tennis du parc Jarry.

En attendant, Clavel va s’appliquer justement à retrouver ses réflexes et ses automatismes. Même si elle avait sous la main poids et haltères ainsi qu’un sac de sable pour cogner à volonté, il reste qu’elle s’est entraînée seule sans bénéficier des observations de son entourage habituel.

J’ai quand même fait beaucoup d’entraînement. Je suis plus légère à la sortie qu’à la rentrée. J’aurais un combat la semaine prochaine et mon poids serait correct. Je faisais 15 rounds de sac avec 30 secondes de pause. Je travaillais les trucs que je travaillais avec Danielle avant d’y entrer, a dit la jeune femme de 30 ans.

C’est sûr que je n’ai pas fait de sparring. Je dois donc me remettre dans ma routine de boxe… Faire des pads (frapper dans les mitaines), préparer la stratégie, avoir l’œil extérieur des entraîneurs. Cette semaine, je prends ça vraiment off. Je pense rendre visite à ma sœur aux États-Unis pour ensuite aller à Porto Rico pour rejoindre Stéphan Larouche et Jean Pascal pour amorcer un camp d’entraînement pour se remettre dedans, a-t-elle poursuivi avec un brin d’enthousiasme dans la voix.

Elle s'entraîne sur une galerie.

Kim Clavel à l'entraînement dans les Laurentides avec Danielle Bouchard à l'été 2020.

Photo : Courtoisie Danielle Bouchard

Là encore, Danielle Bouchard parle d’une relance par étape.

On a fait le calcul des semaines. Sa condition physique générale, sa boxe en général, cette partie est quand même là. On va faire des évaluations pour savoir où elle en est physiquement. À partir de là, avec le préparateur physique, on va établir un plan à long terme.

Une citation de :Danielle Bouchard

Pour ce qui est de voir la boxeuse prendre un avion pour Porto Rico, Bouchard laisse entendre que la décision pourrait n’être prise qu’au dernier moment.

Faire partie du camp d’entraînement de Jean (Pascal) est une éventualité, dépendamment de la planification de Jean parce qu’il n’a pas de signature officielle de contrat (pour un combat). Selon les développements de ce côté, on va s’ajuster à tout ça, a précisé Bouchard.

Une adversaire de choix

Avec la perspective que Kim Clavel puisse se battre en championnat du monde à la fin de l’année ou au début de 2022, il est clair que le duel annoncé pour le 20 août revêt une importance cruciale.

Ça va prendre un combat qui va être un bon challenge pour Kim. On ne peut pas amener une adversaire qui ne mettra pas Kim en danger d’une certaine façon. Ce sera peut-être le dernier combat de préparation avant l’obtention d’un championnat du monde. On ne peut pas se permettre d’amener quelqu’un qui ne fera pas avancer Kim pour la prochaine étape, a affirmé Danielle Bouchard.

Toutefois, le choix de candidates de qualité pourrait s’avérer restreint si les mesures de la santé publique ne sont pas assouplies d’ici là.

On avance comme tout le monde sans trop savoir où on sera rendu au mois d’août. Est-ce que les consignes auront changé par rapport aux voyageurs? Est-ce qu’on aura la permission de faire venir une athlète de l’extérieur?

C’est à espérer que les vaccins soient avancés. On regarde les Jeux olympiques et on ne sait pas encore s’ils vont avoir lieu. Les qualifications continentales en boxe pour nos athlètes (pour les Amériques) viennent d’être annulées. On est tous un peu sur le qui-vive à savoir qu’est-ce qui s’en vient pour nous.

Une citation de :Danielle Bouchard

Ce sont malheureusement des questions pour lesquelles on n’a pas la réponse maintenant. Si c’était pour se battre au mois de mai, je vous dirais qu’on va passer à autre chose. Mais on a quand même espoir en sachant que le combat est au mois d’août qu’il y ait une ouverture plus grande, a ajouté Bouchard, visiblement encore inquiète.

L'arbitre lève le poing de Kim Clavel en signe de victoire.

Kim Clavel lors de sa victoire dans la bulle de Las Vegas en juillet 2020.

Photo : Mikey Williams/Top Rank

Une pause nécessaire

Durant les 92 jours de la téléréalité, Kim Clavel dit avoir surtout ressenti un grand vide en étant privée de contacts avec sa famille et ses proches, tant dans sa vie personnelle que professionnelle.

C’est pourquoi, à la première occasion, dès qu’elle a pu mettre le nez dehors, elle a tout de suite pris la direction de cette campagne qu’elle connaît si bien.

Avec le confinement et le couvre-feu à 8 h (20 h), je ne pouvais pas faire grand-chose. J’avais fait les paiements automatiques pour mon téléphone, mais sur une mauvaise carte (de crédit). Les paiements n’ont pas passé. Je n’avais plus de téléphone. Je n’avais rien. Je n’ai pas pu appeler personne (rires). Ç’a allait pas bien mes affaires, a-t-elle dit.

C’est pour ça que je suis venue chez ma mère. La ferme, les animaux, les chiens. Hier, je suis allée prendre une grande marche dans le bois. J’avais besoin d’espace. Je me sentais comme claustrophobe, encabanée. Ouf! On dirait que la petite cage qui était autour de mon cœur s’est enlevée. Je me sens libre. Et c’est ce qui m’a manqué le plus.

Une citation de :Kim Clavel

La boxeuse a aussi bien sûr mentionné toutes les personnes qui l’entourent et qui lui font du bien.

Ma famille, mon père à qui j’ai l’habitude de parler deux à trois fois par semaine. Je n’avais pas entendu le son de sa voix depuis des mois. Mes entraîneurs et ma gang du gym… Je réalise que les petits trucs qu’on trouve banals prennent un tout autre sens. Je réalise à quel point c’est important quand tu n’y as plus accès.

Il n'est pas question pour le moment, pour elle, de reprendre du service dans son rôle d’infirmière auxiliaire, surtout si elle doit partir bientôt pour Porto Rico.

À son retour, Kim Clavel devra se jeter corps et âme dans sa prochaine bataille.

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