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Le Canadien enlisé

Brett Kulak (à gauche)  et Jesperi Kotkaniemi (à droite) entourent leur adversaire Dillon Dube.

Les Flames rendent visite au Canadien mercredi soir.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Il a beau essayer, après 40 matchs, rien n’y fait. Les séances vidéo, les courts entraînements, le repos, la répétition des valeurs cardinales, le retour des blessés : rien. Le Canadien tourne en rond.

Conséquemment, il en étourdit plus d’un, mais trop peu souvent l’adversaire.

À la base, la façon de jouer des Flames, vainqueurs du CH 4-1 mercredi soir, déplaît souverainement aux Montréalais. On ne parle pas ici de grand raffinement ou de stratégies évoluées – après tout, Darryl Sutter dirige cette équipe – mais plutôt de rondelles rejetées profondément dans le territoire, de batailles le long des rampes, de mouvement circulaire en zone offensive, de cœur à l’ouvrage.

Ils ont eu le dessus dans tous ces départements. Il s’agissait d’une quatrième défaite de suite pour le CH contre Calgary, une troisième depuis que leur nouvel entraîneur a pris les rênes. Le Tricolore a inscrit trois buts durant ces quatre rencontres.

Cette prestation n’avait rien à voir avec les performances léthargiques des deux matchs en Alberta. Le Canadien a fourni un effort… Enfin, certains membres de l’équipe l’ont fait. Nous y reviendrons.

Ce peut être compréhensible jusqu’à un certain point. Il s’agit d’une saison étrange, d’un calendrier impitoyable qui empêche d’offrir le meilleur rendement à chaque match. On parle aussi d’une équipe qui misait sur sept joueurs, mercredi, qui n’étaient pas dans sa formation la saison dernière.

En temps normal, le Bleu-blanc-rouge n’aurait même pas encore franchi la mi-saison et aurait eu beaucoup plus de temps pour intégrer tout ce beau monde dans son giron, dans son projet, dans son système. Ça sonne comme une excuse? Ce ne l’est pas.

On a eu bien assez de temps pour comprendre le système. C’est notre responsabilité d’exécuter. C’est mental. On doit se concentrer sur notre style, a assuré Jeff Petry.

Ce style axé sur la vitesse, nous a-t-on répété, et qui tire son essence du soutien au porteur de la rondelle que sont censés s’offrir les coéquipiers entre eux, mais qui, trop souvent, s’effrite.

C’est souvent cette explication qui est retenue pour expliquer les déboires de l’équipe un soir de déconvenue. Les prestations en demi-teinte, individuelles ou collectives, ne devraient toutefois pas avoir lieu d’être avec 16 matchs à disputer à la campagne, surtout lorsque l’équipe qui vous talonne débarque en ville.

La façon de créer du support c’est d’être actif. C’est une façon de compétitionner. Souvent, quand il y a moins de support, il y a moins de succès dans les batailles, parce que c’est l’engagement que tu y mets, a expliqué Dominique Ducharme.

Alerte nouveau thème : le manque d’engagement. Le discours reviendra plusieurs fois après la rencontre.

Ici, par exemple.

On n’avait pas assez de joueurs qui jouaient à leur potentiel. À un moment donné, tu essaies d’allumer des feux et de créer des étincelles. On a besoin de plus de beaucoup de joueurs.

Une citation de :Dominique Ducharme

Ou encore ceci, toujours de l’entraîneur-chef.

Ça revient à la base du jeu. Le niveau de compétition était plus élevé de l’autre côté.

Le Canadien a eu ce qu’[il] méritait, a même ajouté Ducharme.

Plus inquiétants encore ont été les propos de Petry.

Nous devons être sur la même longueur d’onde. Ça n’aide pas quand c’est juste trois ou quatre joueurs qui le sont. On doit sortir de la zone avec la rondelle en groupe de cinq, on doit traverser la zone neutre en groupe de cinq. Là se trouve notre inconstance, a lancé le défenseur, un peu exaspéré.

La recette du succès contre le Tricolore s’élabore tranquillement.

Du jeu simple et hargneux dans le territoire des Montréalais, une pression soutenue à deux, voire trois attaquants quand le CH reprend le contrôle et tente d’organiser une sortie de zone. Ses défenseurs peinent à contrer tout ça. Parfois parce que les avants ne parviennent pas à se libérer ou décampent trop rapidement, parfois parce que les arrières tardent à prendre leur décision.

La confusion s’installe et, ultimement, placé devant les contradictions du Canadien, le directeur général dit de son équipe du milieu qu’elle est déroutante. À qui le dites-vous.

Petry avait toutes les réponses après la défaite.

C’était difficile de sortir de notre territoire. On passait du temps dans notre zone et, une fois sortis, on était fatigués, on se débarrassait de la rondelle et on allait faire un changement plutôt que d’attaquer à cinq, a-t-il fait valoir.

Un joueur de hockey

Le capitaine du Canadien Shea Weber avant le match contre les Maple Leafs de Toronto, samedi soir, à Montréal.

Photo : Reuters / Jean-Yves Ahern

Les revirements ont été nombreux. Alexander Romanov, Corey Perry, Shea Weber, on en passe et des plus belles.

Le cas du capitaine d’ailleurs commence à poser un défi inattendu ou, disons, plus rapide que prévu. Weber présente des signes de ralentissement évident. Il faudra probablement bientôt s’accoutumer à ce que le grand défenseur ne soit tout simplement plus en mesure d’engranger autant de temps de glace et de responsabilités.

S’il ne le peut pas, qui le fera? Petry, tout flamboyant qu’il sait être, peut en prendre une partie, mais il a ses lacunes en plus d’avoir l’immense, presque l’entière, responsabilité d’être, pour le moment, le seul véritable arrière à caractère offensif de la formation.

Et même si lui possède toute la volonté du monde, si l’engagement n’est pas unanime, les résultats risquent de stagner.

Marc Bergevin a parié l’an dernier. Il a misé sur la conjugaison, la juxtaposition de deux générations de talents qui s’unifieraient à temps pour en faire une équipe gagnante.

La vieille garde, menée par Weber et Carey Price, semble s’essouffler un brin, et la jeune, Nick Suzuki et Jesperi Kotaniemi en tête, n’y est peut-être pas tout à fait prête encore. Entre les deux, ce n’est pas le cœur de Bergevin qui balance, mais son avenir.

Jusqu’à preuve du contraire, le ciment de toute cette fragile fondation se nomme Brendan Gallagher. Le Canadien devra bien finir à apprendre à gagner sans lui.

En rafale

Jake Allen a perdu quatre des cinq matchs depuis l’absence de Carey Price. Le Canadien, lui, a maintenant subi 5 défaites en temps réglementaire à ses 7 derniers matchs, tandis qu’il en avait subi 8 lors des 33 premiers.

Toujours concernant Allen, ses coéquipiers lui ont offert 9 buts au cours de ses 5 récents duels, dont 4 sont survenus contre les Maple Leafs lundi soir. Faites le calcul…

Montréal a peiné toute la soirée dans le cercle des mises au jeu et a terminé à 40 % d’efficacité. On accorde parfois trop d’importance à cette statistique, mais elle demeure pertinente lorsqu’on la décortique et que l’on voit quelles équipes ont échoué lors des mises au jeu importantes.

Le Tricolore a remporté 5 de ses 23 confrontations dans sa zone dans le match. Il en a perdu quatre de suite (!) dans son territoire… en 13 secondes (!!!). Tout de suite après la quatrième, Noah Hanifin a marqué le premier but du match.

Les Flames sont maintenant à quatre points du CH, mais ont disputé trois matchs de plus. Il reste toutefois quatre duels entre les deux équipes, dont un vendredi soir. Advenant une victoire des Albertains, la course aux séries pourrait devenir un tantinet plus captivante.

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