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Entre optimisme, doutes et incertitude à 100 jours des Jeux de Tokyo

Une foule rassemblée sous des parapluies observent dans la pénombre le cadran indiquant le nombre de jours avant les Jeux olympiques de Tokyo.

Le cadran donnant le décompte avant les Jeux de Tokyo

Photo : Getty Images / Tomohiro Ohsumi

Les Jeux olympiques de Tokyo auraient dû s'ouvrir il y a plus de 265 jours dans un monde qui n’avait pas encore été chamboulé par la COVID-19.

Aujourd’hui, le compte à rebours est reparti de plus belle et, si tout se passe comme prévu, les Jeux s'ouvriront dans moins de 100 jours.

Le comité organisateur a modestement marqué le coup au cours des dernières heures. Après tout, l’opinion publique au Japon montre toujours d’importantes réserves quant à la tenue de l'événement cet été.

Le plus récent sondage révèle que 72 % des Japonais souhaitent un nouveau report des Jeux ou carrément leur annulation.

Un immeuble illuminé avec la phrase : 100 days to...

Le décompte des 100 derniers jours avant les Jeux de Tokyo 2020 est commencé.

Photo : afp via getty images / KAZUHIRO NOGI

Le Comité international olympique (CIO) garde le cap dans la tempête.

Les Jeux auront certainement lieu et débuteront le 23 juillet, a dit John Coates, le président du comité de coordination du CIO, dans une vidéo envoyée aux médias. Toutes les mesures seront mises en place pour assurer la santé et la sécurité des participants en regard à la COVID-19. Je n’ai aucune hésitation à affirmer qu’ils seront les Jeux les plus sécuritaires possible.

Les athlètes sont notre priorité et ils pourront profiter des meilleures infrastructures mises en place par une extraordinaire organisation, a-t-il ajouté. Les gens qui regarderont ces Jeux pourront voir à l'œuvre les meilleurs athlètes dans cette compétition unique.

Le Comité olympique canadien est aussi fort optimiste quant à la tenue des JO.

J’éprouve une confiance réaliste et je suis optimiste face aux Jeux, confie Eric Myles, chef des sports au COC. Les Jeux vont avoir lieu, je n’en ai aucun doute. Je suis sûr à plus de 90 % que le 23 juillet, tout sera prêt pour le début des Jeux.

Ils seront assurément bien différents de la normale.

Les athlètes ne pourront pas festoyer comme ils le veulent ni profiter de l’appui et des encouragements de leurs proches puisque les spectateurs étrangers ne seront pas admis sur les sites de compétitions.

Meaghan Benfeito

Meaghan Benfeito

Photo : Associated Press / Tibor Illyes

Pour ses quatrièmes et derniers Jeux, la plongeuse Meaghan Benfeito sera un peu en terrain inconnu.

Je sais que ce sera différent. Mais pour moi, le plus important, c’est qu’on puisse participer, dit-elle en entrevue avec Radio-Canada Sports. Oui, les spectateurs nous apportent beaucoup d’adrénaline et ça nous pousse à offrir un meilleur spectacle. Ce ne sera pas pire qu’un entraînement, alors je vais le prendre comme ça. J’ai vu la piscine à Tokyo, je sais à quoi elle ressemble. Je n’y ai pas encore plongé. J’ai hâte de la voir en vrai bientôt.

Benfeito et les autres plongeurs canadiens devraient s’élancer dans la piscine des Jeux pour la première fois au début du mois de mai dans une Coupe du monde servant, notamment, de qualifications.

D’ailleurs, les athlètes canadiens de 28 sports sont toujours plongés dans le processus de qualifications.

Le processus de qualifications est toujours complexe et déchirant. Mais cette année, le défi est multiplié par 10, affirme Eric Myles. On assiste à un refoulement vers la date limite pour soumettre le nom de nos athlètes qui est le 5 juillet. Si jamais, dans certains sports, on ne pouvait pas tenir de qualifications, on a des protocoles établis avec les fédérations internationales. C’est moins souhaitable parce que les athlètes eux-mêmes veulent se battre pour se qualifier.

Incertitudes d’Amélie Kretz, doutes de Nicolas Gill

La triathlonienne Amélie Kretz ne compte pas les jours qui la séparent de la cérémonie d'ouverture.

Sa priorité est plutôt de se qualifier. À la même période l’an passé, elle nageait dans le garage de ses parents à Sainte-Thérèse. Après des séjours en Arizona, elle s’entraîne aujourd’hui en altitude au Colorado, où la vie s’approche davantage de la normalité qu’au Québec.

Elle recevra d’ailleurs sa deuxième dose du vaccin contre la COVID-19 la semaine prochaine.

Elle est en danseuse sur son vélo.

Amélie Kretz

Photo : La Presse canadienne / Jeff Pachoud

Ça donne un peu d'espoir que les choses vont revenir à la normale un jour, lance-t-elle.

L’autre élément qui lui fait du bien au moral, c’est que les compétitions internationales de triathlon vont finalement reprendre d’ici quelques semaines. Le problème, c’est qu’elles sont rares et très courues par l’élite mondiale qui peaufine sa préparation.

Il y aura une séquence de cinq courses en six fins de semaine dans plusieurs pays, dont une première à Yokohama, au Japon.

Tout le monde veut participer aux mêmes épreuves. Et puisque mon classement mondial n’est pas super, je suis sur une liste d’attente pour participer au premier triathlon au Japon, confie Kretz. Tout le monde est là et ça rend les choses un peu plus compliquées.

J’espère pouvoir participer aux courses que je veux vraiment faire et qui vont me permettre de sécuriser un deuxième billet pour le Canada, ajoute-t-elle. Sinon, je vais m’adapter, quitte à changer mon plan de compétition. Je suis très confiante en ma forme physique et mentale.

Après un an de doute, d'efforts soutenus et de changements de plans, le jeu en valait-il la chandelle pour les athlètes? Le double médaillé olympique Nicolas Gill, aujourd'hui directeur général de Judo Canada, s'interroge.

Depuis un an, les conditions d’entraînement de ses athlètes sont loin d’être optimales. Au moins deux de ses judokas ont récemment contracté la COVID-19 lors d’une compétition en Turquie.

Gill tape sur l'épaule de Valois-Fortier.

Nicolas Gill et le judoka Antoine Valois-Fortier, lors d'une compétition à Paris, en 2020

Photo : RAFAL BURZA

Et la qualification de plusieurs athlètes n’est toujours pas confirmée.

Je ne suis pas sûr que la dernière année, avec la préparation, tout ce qu'on a demandé aux athlètes et à leurs familles, ce n'était vraiment pas cohérent, explique Gill. Aujourd’hui, je pense que la meilleure décision aurait été d’annuler les Jeux. J’espère tenir un discours différent dans trois mois, mais aujourd’hui c’est ce que je pense.

Je n’abandonnerai pas comme ça, je n’ai jamais pensé abandonner, précise le colosse. Je m’attends toutefois encore à beaucoup de rebondissements. On est loin d’être rendus à Tokyo.

La santé et le Comité olympique canadien

Il y a un an, le Comité olympique canadien avait renoncé aux Jeux avant même leur report en évoquant des questions de santé.

Même si les cas de COVID se multiplient et que les variants font maintenant partie de l'équation, le COC juge néanmoins la situation moins risquée qu’en 2020.

Plusieurs événements sportifs d’envergure ont depuis été présentés avec des protocoles sanitaires robustes en place. Eric Myles est convaincu que les apprentissages de la dernière année permettront d'assurer la sécurité des 400 athlètes et 400 accompagnateurs qui se rendront à Tokyo.

On a aussi diminué la taille de la mission et maintenant tout est axé sur les services aux athlètes, dit Myles. On est toujours guidés par notre médecin en chef et son équipe. Les Jeux seront aussi tenus dans une certaine bulle modifiée. On a mis des mécanismes de protection extrêmement rigoureux autour des athlètes et ça nous met en confiance pour la suite des choses.

Eric Myles, directeur aux sports et responsable du bureau de Montréal au Comité olympique canadien (COC)

Eric Myles, directeur aux sports et responsable du bureau de Montréal au Comité olympique canadien (COC)

Photo : Radio-Canada

La science comprend aussi mieux le virus qu’il y a un an.

Il n’y a pas de risque zéro, mais on peut mieux le mesurer et s’en approcher le plus possible, ce qu’on ne pouvait pas faire l’an dernier, affirme le chef des sports du COC. Ça prend des protocoles serrés, une préparation impeccable. Et s'il y a un endroit où on sera capable de réussir, c'est bien au Japon.

Le COC est aussi en train de finaliser son plan d’intervention en cas de tests positifs à la COVID-19 pour un membre de la délégation. Mais une chose à la fois.

Il faut d’abord rester en bonne santé et se qualifier. Eric Myles tient à saluer la débrouillardise et les efforts titanesques déployés par les athlètes et entraîneurs depuis plus d’un an.

Même si les athlètes canadiens ont dû s’adapter à des mesures sanitaires plus sévères que dans bien des pays, il est convaincu qu’ils seront prêts le jour venu.

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