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Le message du patron, la réponse du Canadien

Le CH est venu à bout des Maple Leafs de Toronto, lundi soir au Centre Bell, par la marque de 4-2.

Tatar pousse la rondelle dans le filet alors que le gardien Campbell regarde derrière lui

Tomas Tatar s'est inscrit au pointage après 1 minute et 17 secondes de jeu.

Photo : usa today sports / Jean-Yves Ahern

Autant par ses gestes que par ses propos, Marc Bergevin a lancé un défi à ses hommes. À eux de réagir.

Pas de renforts en attaque malgré l’absence à long terme de Brendan Gallagher, pas de gros noms, pas de défenseurs agiles et offensifs. Seulement les modestes Jon Merrill et Erik Gustafsson s’amèneront pour épauler cette équipe mystérieuse, déroutante même, a dit le directeur général.

Ce fut une date limite des échanges plus tranquille qu’à l’habitude dans la LNH et Bergevin n’a pas contribué à la rendre plus excitante.

Il croit en son équipe telle qu’elle est actuellement constituée, et il souhaite la voir se dépêtrer de son marasme par ses propres moyens.

La réponse est dans le vestiaire. À eux de le démontrer, a affirmé le DG lors de sa conférence de presse virtuelle lundi, citation désormais célèbre qu’il avait également lancée après le départ catastrophique à la saison 2017-2018.

Notre équipe a été parfois très bonne, parfois déroutante, a-t-il ajouté.

La victoire de 4-2 contre les Maple Leafs lundi soir a donné un aperçu de l’état d’esprit dans ledit vestiaire. Le premier match après l’heure limite des échanges sert parfois de jauge.

On a parfois l’impression que le CH est en quête constante de son idéal. Le fait que le DG et les joueurs appuient souvent sur le fait que cette équipe est difficile à vaincre lorsqu’elle atteint son plein potentiel renforce cette impression.

Or, la version idyllique du Tricolore s’est faite rare cette année. N'a-t-elle même jamais existé? Le potentiel est un concept éthéré, comme une pureté que l’on pourchasse sans cesse sans aucune garantie de l’atteindre. En ce sens, se laisser guider par ce qui pourrait être est parfois une entreprise chimérique, un paradis artificiel. Attention, danger.

Mais l’organisation y croit. Les joueurs aussi. Et à regarder tout ça sur papier, c’est facile à comprendre.

On croit en notre groupe depuis le premier jour […] Il faut maintenant faire le travail sur la glace, a fait valoir Josh Anderson, auteur du but gagnant.

Cette équipe a montré son bon visage lundi soir. Un bon départ, deux buts rapides au cours d’une première période qu’elle a complètement dominé et une réaction immédiate au retour des Leafs dans le match.

Dans la foulée de ses récents déboires, le Canadien aurait pu trembler quand Toronto a créé l’égalité, mais il s’est aussitôt ressaisi et s’est redonné l’avance moins de deux minutes plus tard, lors d’un deux contre un amorcé par Brett Kulak et achevé par Anderson.

Il a limité l’attaque des Leafs à 25 tirs et, malgré le 32e but de la saison d’Auston Matthews, a largement réduit au silence ce trio tout étoile, grâce au travail de forcené du trio de Phillip Danault, Tomas Tatar et Paul Byron.

C’était important pour nous de rebondir. On savait qu’on avait une petite léthargie. On a montré du gros caractère ce soir. On était un peu hésitant en deuxième période, mais on s’est ressaisis.

Une citation de :Phillip Danault

Quand ils croient en eux, ils peuvent faire de très bonnes choses, a enchaîné Dominique Ducharme.

Cela dit, l’inverse est aussi vrai. La saison du CH est parsemée de tant de hauts et de bas qu’un peu tout le monde cherche à mettre le doigt sur la vraie valeur de cette équipe qu’on dit bâtie pour avoir du succès en séries éliminatoires.

Présentement, même Bergevin la voit comme une équipe du milieu, ce qu’elle est d’un pur point de vue statistique.

Bien que les chances du Tricolore de participer aux séries éliminatoires sont excellentes, y faire pâle figure ne suffira pas. Pas après tout l’investissement, en espèces autant qu’en travail, qu’y a mis le patron. Pas après les attentes élevées qu’il a répétées avoir et qui ont inspiré la base de partisans affamés à l’idée de voir des joutes pertinentes au printemps pour la première fois en quatre ans.

À moins d’une catastrophe monumentale, le Canadien sera de la partie et son premier adversaire pourrait bien être les Maple Leafs de Toronto, ceux-là mêmes qui ont fourbi leurs armes avec l’acquisition de Nick Foligno et qui nourrissent certainement d’aussi grandes ambitions que le CH, voire davantage.

Il ne suffit donc pas de traîner ses guêtres pour arriver dans les séries cahoteux et espérer soudainement retrouver sa combativité et sa confiance.

Parlez-en à Jake Allen.

J'ai été chanceux, j’ai eu beaucoup d’expérience en séries dans ma carrière. Tout est une question de momentum. En gagner, le conserver, le couper (aux autres équipes), rester fidèle à son plan de match à travers les victoires et les défaites, les hauts et les bas. Un match à la fois. Tout le monde peut battre tout le monde en séries. Je l’ai vécu. On a gagné, on a perdu, a expliqué le gardien.

Ce soir, c’était un bon départ. C’est tout ce que c’était. Il faut bâtir là-dessus. On a beaucoup de bons éléments. Il faut trouver notre erre d’aller et arriver avec notre élan en séries éliminatoires. Le reste va suivre, a-t-il ajouté.

Le Canadien a donc 17 matchs pour épurer son jeu et trouver des solutions à ce qui le freine, principalement son jeu défensif brouillon et sa difficulté à sortir rapidement de son territoire avec ses arrières parfois un peu trop lents, autant sur patins que dans leurs réactions.

C’est faisable, évidemment. Le patron y croit. Lundi soir, les joueurs ont démontré qu’ils y croyaient aussi.

Matthews se fait féliciter au banc des siens après un but.

Matthews a amassé 10 points en 6 rencontres face à Montréal.

Photo : usa today sports / Jean-Yves Ahern

En rafale

La dernière fois que Jack Campbell avait perdu un match dans la Ligue nationale, le Québec prêtait encore une oreille plutôt distraite aux rumeurs provenant de Chine et d’Europe qui parlaient de ce nouveau coronavirus qu’on disait dangereux. C’était le 6 mars 2020. Campbell a joué 11 parties depuis, toutes cette saison avec les Leafs, et les avaient toutes remportées. C’est d’ailleurs un record d’équipe. Le Canadien a mis un terme à son heureuse séquence lundi.

Parlant de gardiens, il y en a un qu’on devrait revoir bientôt sur la glace. Carey Price rejoindra ses coéquipiers à l’entraînement mercredi matin, a dit l’entraîneur-chef après la rencontre et serait disponible pour un match vendredi ou samedi. Possiblement. En attendant, Allen se taille la part du lion, même si Ducharme a admis que ça pourrait arriver que le filet soit confié à Cayden Primeau.

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