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Évelyne Viens en pleine éclosion

La joueuse de soccer est en possession du ballon.

Evelyne Viens, dans l'uniforme du Sky Blue FC, lors de la Coupe Challenge, en 2020

Photo : Getty Images / Alex Goodlett

Christine Roger

Évelyne Viens a l’impression d’avoir vécu cinq vies en une année. Alors que bien des athlètes ont dû mettre leur carrière sur pause en raison de la pandémie de COVID-19, la joueuse de soccer québécoise a quant à elle connu une progression fulgurante.

En quelques mois seulement, Évelyne Viens a terminé son parcours avec l’Université South Florida, a été repêchée dans la NWSL, a fait ses débuts chez les professionnelles, a obtenu une première sélection avec l’équipe canadienne, en plus de marquer 11 buts en 14 matchs lors de son prêt au Paris FC.

C’est complètement fou, ça n’a pas arrêté. Je n’ai même pas eu le temps de réaliser tout ce qui s’est passé, reconnaît la joueuse de 24 ans.

Radio-Canada, diffuseur officiel canadien francophone de la NWSL, présentera les 21 matchs de la Coupe Challenge 2021 qui se dérouleront du 9 avril au 8 mai prochain.

Ce samedi, ne manquez pas les chocs Caroline du Nord-Washington, à 15 h 30 (HAE), et Louisville-Orlando, à 19 h (HAE).

Si son talent a toujours été évident, sa destinée était loin d’être tracée d’avance. Le parcours de l'athlète originaire de L’Ancienne-Lorette est tout sauf typique. Jamais elle n’a fait partie des équipes du Québec ni du Centre national de haute performance.

Elle n’avait jamais été sélectionnée par les équipes canadiennes jusqu’à tout récemment, alors qu’elle a été choisie par la nouvelle entraîneuse Bev Priestman pour représenter son pays lors de la Coupe SheBelieves. Et vendredi, elle a marqué son premier but avec le Canada dans un match amical contre le pays de Galles.

Honnêtement, je n’avais jamais rêvé de jouer professionnellement. La réalité, c’est que je ne savais même pas que c’était possible. J’aimais jouer au soccer, j’avais du plaisir et ce n’est que tout récemment que j’ai réalisé que je pourrais peut-être en faire un métier, aller aux Jeux olympiques ou à la Coupe du monde, explique-t-elle.

Elle a connu un parcours universitaire phénoménal avec 73 buts en 77 matchs. Elle est devenue la meilleure buteuse de l’histoire de l’Université South Florida, en plus d’être nommée dans l’équipe d’étoiles de la ligue à trois reprises. Pourtant, elle a bien failli ne jamais quitter le Québec pour les États-Unis.

L’entraîneur adjoint était venu voir une fille de l’autre équipe lorsque je jouais au cégep et, finalement, il m’a offert une bourse. C’est la seule offre que j’ai reçue pour évoluer dans la NCAA. Ç’a vraiment été un coup de chance, souligne-t-elle.

Malgré tous les records obtenus dans la NCAA, elle continuait d’être ignorée par l’équipe canadienne. Évelyne Viens sait pertinemment que le fait qu’elle ait choisi de ne pas se joindre aux équipes du Québec a joué en sa défaveur.

Ç’a m’a seulement poussée à travailler plus fort, à persévérer. Je me suis dit que mon tour viendrait éventuellement. Mais je ne vous cacherai pas que je me posais parfois des questions lorsque je voyais la liste des joueuses sélectionnées. Il y avait un peu de frustration, confie-t-elle.

Ses performances avec l’Université South Florida lui auront tout de même permis d’être sélectionnée au 5e rang du repêchage de la NWSL, par le Sky Blue FC, qui est depuis devenu le NJ/NY Gotham FC.

Ses débuts professionnels, en 2020, n’auront pas été à la hauteur de ses attentes. La NWSL a pu reprendre ses activités malgré la pandémie en présentant un tournoi, la Coupe Challenge, dans une bulle. Évelyne Viens reconnaît qu’elle a eu besoin d’une période d’adaptation.

C’était beaucoup plus rapide que la NCAA. C’est vraiment un autre niveau. J’ai essayé de faire ce que je pouvais avec le peu de temps de jeu que j’avais. Au moins, j’ai été insérée dans la formation dans tous les matchs.

La Québécoise a ensuite été prêtée au Paris FC, en première division française. Ce séjour en France aura été un tournant dans sa carrière. Elle a marqué 11 buts en 14 matchs. Au moment d’écrire ces lignes, elle est encore parmi les cinq meilleures marqueuses de la D1, même si son prêt a pris fin il y a quelques semaines.

Une fois, j’ai vu une publication qui disait que j’étais la meilleure marqueuse en France, aux côtés de joueuses du PSG ou de Lyon, raconte-t-elle. On dirait que je n’accepte pas la situation et je veux toujours travailler plus fort pour accomplir plus.

Je ne suis jamais vraiment satisfaite, mais il faut que je réalise que j’ai réussi à marquer 11 buts en 14 matchs même si je n’étais pas partante. Contre Bordeaux, j’ai réussi à faire deux buts assez importants. Il faut que je le réalise et que je me donne une tape dans le dos parfois.

Évelyne Viens a passé quelques semaines en camp d’entraînement avec le Gotham FC, en préparation pour la Coupe Challenge qui débutait vendredi. Elle s'est par la suite jointe à l’équipe nationale afin de disputer deux matchs amicaux. À quelques mois des Jeux olympiques de Tokyo, elle ne peut s’empêcher de penser qu’elle pourrait bientôt réaliser l’un de ses rêves.

Quand tu finis ta 6e année, tu écris c’est quoi ton rêve. J’avais écrit que j’irais aux Olympiques, peu importe le sport. Si je n’avais jamais imaginé que je jouerais pro, les Jeux olympiques ont été un rêve.

La footballeuse disputera son premier match en Coupe Challenge le 20 avril, contre le Courage de la Caroline du Nord. La rencontre sera webdiffusée sur le site et l’application de Radio-Canada Sports.

Évelyne Viens s’est fixé des objectifs bien clairs pour sa deuxième année professionnelle. Elle veut répéter ce qu’elle a accompli en France.

Goûter à la NWSL m’a fait comprendre que j’avais beaucoup de travail à faire. En Europe, je me suis vraiment améliorée techniquement. Mon travail, c’est de marquer des buts. En France, j’ai réalisé que je suis capable de le faire chez les pros. Je sais que je suis capable, je dois maintenant le faire en NWSL, affirme-t-elle.

Le parcours d’Évelyne Viens n’a pas été facile. Elle veut aujourd’hui se servir de ce qu’elle a vécu pour inspirer les jeunes joueuses et participer au développement du soccer féminin au Québec.

Ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas d'équipes professionnelles féminines au Canada, souligne-t-elle. Avoir un club professionnel en sol canadien, c’est important pour le développement du sport. Et ce n’est pas normal qu’il y ait seulement deux Québécoises en NWSL.

Je ne l’avais pas assez fait dans le passé, mais maintenant, je veux utiliser ma voix pour aider le soccer au Québec. Je veux que les filles de 14 à 16 ans aient des objectifs réalistes, qu’elles sachent qu’il y a des options pour elle, ajoute-t-elle.

Elle veut devenir ce modèle qu’elle n’a jamais eu.

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