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« C'est un sentiment doux-amer » - Derek Drouin

Il franchit la barre.

Derek Drouin aux Jeux olympiques de Rio

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Jean-François Chabot

Derek Drouin, en voie d'être médaillé d’argent du saut en hauteur aux Jeux olympiques de Londres en 2012 après l'officialisation de la disqualification pour dopage du champion russe Ivan Ukhov, a le sentiment de s’être fait voler l'un des grands moments de sa carrière.

Dans un entretien accordé à Radio-Canada Sports, le Torontois de 31 ans et champion de sa discipline à Rio en 2016 a livré ses premières impressions à la suite de la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS), en appel, de maintenir la disqualification d'Ukhov, à présent officiellement dépouillé de sa médaille d’or.

C’est un sentiment doux-amer. Ç’aurait été tellement super de la recevoir il y a neuf ans et de savoir que j’étais alors médaillé d’argent, a d’abord indiqué Drouin avec un brin d’amertume en bouche.

Le médaillé de bronze des Jeux de Londres ex aequo avec deux adversaires ne sait toujours pas à quel moment il recevra sa médaille d’argent. Sa situation n’est pas sans rappeler celle de l’haltérophile Christine Girard qui, en décembre 2018, dans des circonstances similaires, s’est finalement vu décerner la médaille d’or des Jeux de Londres chez les 63 kg, et celle de bronze des Jeux de Pékin en 2008.

Le sentiment de réjouissance de Drouin est largement amoindri en raison de la longue attente entourant cette autre tricherie.

Voilà quelque chose qui s’est réalisé par vagues. Il y a quelques années, on a découvert les tests positifs. Cette semaine, on a appris que la décision de disqualifier était maintenue. J’imagine qu’il faudra encore du temps avant que je puisse tenir cette médaille d’argent dans mes mains. J’essaie de ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Une citation de :Derek Drouin

Les médailles de cette épreuve n'ont pas été attribuées à nouveau. La décision appartient au Comité international olympique (CIO).

La fin de l’innocence

Quand on lui demande ce que cette nouvelle condamnation signifie pour lui quand il songe aux méthodes employées par les athlètes russes, Derek Drouin se souvient d’abord de sa vision un peu naïve du monde dans lequel il évoluait.

Tôt dans ma carrière, au moment où j’ai atteint un certain niveau, je peux fièrement affirmer que j’étais plutôt ignorant du genre de choses qui se passaient en athlétisme, s’est-il souvenu.

J’étais juste content de participer aux compétitions sans penser à ce que les autres pouvaient faire, qu’il s’agisse de tricher ou de ce qu’ils pouvaient faire à l’entraînement. J’étais simplement concentré sur moi-même. Je ne peux que faire de mon mieux. Et, au bout du compte, si certains trichent, ils se feront prendre.

Ce n’est que récemment qu’il a été à même de réaliser l’ampleur du système de dopage russe, abondamment documenté dans le rapport McLaren. C’est pourquoi Drouin peut maintenant affirmer qu’il ne verra plus jamais les choses de la même manière.

J’ai passé tellement de temps sans même réaliser l’étendue du dopage russe. Cette semaine, en découvrant la liste de noms (des athlètes visés) sur une seule période de quatre ans, le nombre d’athlètes impliqués dans ce scandale, qui ont perdu des médailles, qui ont privé des athlètes propres de leur moment de gloire, et je suis convaincu que je parle au nom d’un grand nombre d’athlètes, je ne crois pas que j’étais au fait de l’ampleur de la situation. Ça m’a ouvert les yeux, a-t-il conclu.

À moins de quatre mois des Jeux olympiques de Tokyo, le champion en titre du saut en hauteur n’a par ailleurs toujours pas assuré sa qualification.

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