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Chronique

Sans Gallagher, le « fougomètre » chute dramatiquement

Il travaille devant le gardien des Maple Leafs pour lui gêner la vue.

Brendan Gallagher

Photo : The Canadian Press / Frank Gunn

Avec l'absence de Brendan Gallagher, le Canadien n'a pratiquement plus personne pour déranger l'adversaire.

Au fil des dernières années, vous avez entendu comme moi les coéquipiers et les entraîneurs de Brendan Gallagher vanter sa fougue et son courage. On a souvent dit de lui qu’il était l’âme de l’équipe.

Et comment peut-on gagner sans âme?

La fougue de Gallagher est remarquable. Elle n’a cependant de sens que parce qu’elle est entretenue par d’autres qualités. Sa constance d’abord. Un joueur qui ne serait fougueux qu’un match sur deux susciterait davantage de curiosité que d’inspiration.

Il y a son talent, aussi. Gallagher marque des buts et récolte sur la feuille de pointage les fruits de ses sacrifices. Ses résultats parlent pour lui. Artturi Lehkonen, pour ne donner qu’un exemple, se donne tout entier chaque présence, comme Gallagher. On pourra lui reprocher bien des choses, mais pas son manque d’engagement. Cependant, ses efforts sont moins bien coordonnés et forcément moins productifs. Il obtient moins d’occasions de tirer au but. Et quand ça arrive, la rondelle se retrouve 9 fois sur 10 dans le plastron du gardien adverse ou dans l’écran arrière.

Le moteur est là, mais la transmission ne suit pas.

Gallagher marque. Gallagher inspire. Et qualité essentielle, Gallagher dérange.

Dans la tête de l’adversaire

La résilience du petit numéro 11, son insistance, sa capacité à prendre les coups sans broncher, minent le travail de ses rivaux qui ont l’impression de frapper sur un mur. On ne sait plus trop comment en venir à bout.

Gallagher a aussi la langue bien pendue. Jumelée à son attitude, cette autre particularité irrite ses adversaires jusqu’à en perdre une partie de leur concentration. Personne n’aime jouer contre un joueur plus petit qui gagne ses batailles, vous fait mal paraître et vous entre dans la tête.

Personne d’autre

Tout ça est difficilement quantifiable. Même les statistiques avancées y perdent leurs cathodes. Mais ce qui est certain, c’est que ça ne se remplace pas. On ne s’improvise pas Brendan Gallagher.

Contre Toronto, mercredi, Jesperi Kotkaniemi n’a pas fait un vilain travail aux côtés de Tatar et de Danault. Il a dû cependant cesser d’être lui-même pour jouer de façon différente. Je l’ai vu plus souvent autour de son propre filet qu’autour du filet adverse. Et, surtout, s’il a apporté sa contribution pour contenir Matthews, Marner et compagnie, on ne peut certainement pas dire qu’il les a dérangés.

Jeudi, contre Winnipeg, KK a joué un bon match. On l’a vu davantage en zone adverse. Il remplit de son mieux une place que personne ne peut occuper.

Il n’y a guère que le vétuste (mais efficace) Corey Perry pour irriter l’adversaire, le déconcentrer, le perturber un peu.

Pour résumer : ça manque de chien, tout ça!

Au sein du Canadien, c’est l’apanage de Gallagher.

Et Drouin?

Avec l’arrivée de Dominique Ducharme à la barre de l’équipe, Jonathan Drouin a choisi de jouer sans s’inquiéter, en mettant l’effort pour se replier en défense, en attendant les occasions et en se donnant une vocation de fournisseur. On croirait que Drouin assume tacitement qu’il est désormais et qu’il sera toujours un passeur.

Ça se traduit par une production de 2 buts en 36 matchs. S’il accumulait les mentions d’aide, on pourrait toujours se dire qu’il n’a pas tort. Mais il n’en a que quatre en avantage numérique.

Pire : Drouin joue de plus en plus comme un gars à qui sa nouvelle vocation ne convient plus. Ça se voit et ça se sent. Il est hésitant, dénué d’initiative.

Je vous invite à l’observer à son prochain match. Souvent, quand il complète une passe, plutôt que de poursuivre l’effort, plutôt que de se donner en cible à son tour, de foncer au filet, vous remarquerez qu’il se relève et qu’il ralentit, comme si son travail était fini ou, plus probablement, comme s’il ne savait pas quoi faire ensuite.

Lui n’a besoin de personne pour lui jouer dans la tête. Il le fait très bien lui-même.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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