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Le long chemin d'une Canadienne vers la nouvelle équipe de Kansas City

Elle regarde ses options de passe pendant un entraînement.

Victoria Pickett est un choix de deuxième tour au repêchage de 2021.

Photo : Amy Kontras/isiphotos.com

Olivier Tremblay

L'ancienne de l’Université du Wisconsin entrera enfin en scène vendredi soir.

Non, pas Cole Caufield.

C’est vendredi, à Portland, que s’amorcera la première saison de la nouvelle équipe de Kansas City dans la National Women’s Soccer League (NWSL). Ce sera aussi le baptême du feu au niveau professionnel de l’Ontarienne Victoria Pickett, ancienne des Badgers, le programme universitaire que connaissent désormais tous les partisans du Canadien.

Radio-Canada, diffuseur officiel canadien francophone de la NWSL, présentera les 21 matchs de la Coupe Challenge 2021 qui se dérouleront du 9 avril au 8 mai prochain.

Ce vendredi, ne manquez pas les chocs Houston-Chicago, à 20 h 30 (HAE), et Portland-Kansas City, à 22 h 30.

Pickett, par contre, ne s’est jamais amourachée de la rondelle comme ses frères et son père. Son identité a toujours tourné autour du ballon rond, peut-être plus encore qu’elle l’avait imaginé. C’est quand elle en a été privée qu’elle s’en est rendu compte.

Le dernier vrai match de la Canadienne de 24 ans remonte à avril 2019, la faute à une blessure au genou. Les détails donnent le vertige : déchirure du ligament croisé antérieur, du ligament croisé postérieur, du ligament latéral interne, du ligament fémoral patellaire médial et du ménisque latéral, avec une fracture et une dislocation pour faire bonne mesure.

Son parcours, a-t-elle cru, venait de frapper un mur. Elle allait terminer sa carrière universitaire, se faire repêcher dans la NWSL, peut-être recevoir une convocation en équipe nationale… et puis plus rien.

Parce que c’était une blessure tellement considérable, je sentais que je ne pourrais pas revenir où je voulais être, reconnaît-elle en entrevue. Je croyais qu’un entraîneur n’allait pas penser me choisir parce que c’était une blessure grave. J’ai certainement douté de moi-même.

J’ai pensé que toute ma vie était devenue un désastre à cause d’un seul moment.

Une citation de :Victoria Pickett

Pourtant, Kansas City lui a fait confiance au 15e rang du repêchage de 2021. Et la voilà aux portes de ses débuts officiels comme joueuse professionnelle, deux ans plus tard. Un vrai de vrai nouveau chapitre, car elle amorce sa carrière dans une (presque) toute nouvelle équipe.

Si Kansas City est un des deux clubs d’expansion cette saison avec Louisville, l’équipe ne part pas de zéro puisqu’elle a acquis les actifs de l’organisation de l’Utah. C’est d’ailleurs avec un choix qui appartenait à cette équipe nommée Royals (!) que Kansas City a pu repêcher Pickett.

Ironie du sort, lorsque l’équipe de l’Utah était un club d’expansion, il y a trois ans, elle avait acquis les actifs du défunt… FC Kansas City.

Du reste, tout est nouveau. Les infrastructures, les couleurs (qui changeront en 2022), les propriétaires, le personnel. En quelque sorte, la nouvelle joueuse professionnelle et la nouvelle équipe professionnelle sont heureuses de s’être trouvées.

C’est rassurant de savoir qu’on part sur un pied d’égalité, d’une certaine façon, soutient Pickett. J’amorce ma carrière professionnelle, et même si [bon nombre de mes coéquipières] continuent la leur, c’est bien d’arriver dans un nouveau milieu et de rencontrer des joueuses avec lesquelles je n’ai jamais joué. J’ai déjà joué contre certaines, comme Elizabeth Ball et Maddie Nolf, qui jouaient pour Penn State, alors c’était amusant de se rappeler certains tacles, par exemple.

Mes entraîneurs et mes coéquipières me font confiance et voient mon potentiel quand je pense que j’erre peut-être ou que je doute de moi-même.

Une citation de :Victoria Pickett

L’occasion est d’ailleurs belle pour les jeunes professionnelles de s’affirmer au début de la Coupe Challenge puisque trois joueuses internationales, parties en sélection, rateront le premier match du tournoi.

Parmi celles-ci, deux Canadiennes : Desiree Scott et Jordyn Listro, fraîchement acquise du Pride d’Orlando. Pickett a déjà pu se lier d’amitié avec Scott, une idole de jeunesse. Elle connaît Listro pour l’avoir côtoyée avec l’équipe canadienne des moins de 17 ans, et elles se sont retrouvées récemment au camp de préparation de la Coupe SheBelieves.

Parce que, oui, malgré toutes les embûches, Pickett a trouvé le moyen de recevoir cette convocation pour la vraie équipe nationale qu’elle désirait tant. Même si elle se considère comme membre à part entière du bassin de joueuses, elle se pince encore lorsqu’elle voit apparaître le nom de Sophie Schmidt ou d’Erin McLeod dans le groupe Whatsapp sur son téléphone.

Quand on m’a convoquée, je pensais que c’était une blague, admet Pickett en riant. C’est comme si tout ce que j’ai manqué pendant la dernière année et demie était en train de me rattraper. C’est flatteur de savoir qu’on pense à moi, que je suis sur le radar.

La sélectionneuse Bev Priestman a songé à inviter Pickett au camp en cours au Royaume-Uni. Mais pour une joueuse dont la vie tourne autour du ballon rond, la tentation de jouer un premier match professionnel était trop forte, d’autant plus qu’elle a l’occasion d’écrire la première page de l’histoire d’une équipe.

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