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Le panier olympique de Maripier Malo

Cette arbitre québécoise sera aux Jeux olympiques de Tokyo.

Elle pose près d'un panier de basketball.

Maripier Malo, arbitre internationale

Photo : Maripier Malo

Quelques mois avant le début de la pandémie, le courriel tant attendu s’affiche enfin. On peut y lire : « Vous faites partie des 30 arbitres qualifiés pour le tournoi olympique de basketball des prochains Jeux de Tokyo. » L'arbitre québécoise Maripier Malo est enfin récompensée après des années à parcourir les parquets aux quatre coins de la planète. Elle a raconté sa passion à Radio-Canada Sports.

Je joue au basket depuis que j’ai 5 ans. Dans la cour, je m’imaginais le panier gagnant d’un match et je jouais pendant des heures et des heures. J’ai continué au secondaire, au collégial et ensuite à l’université dans le circuit de la NCAA avec une bourse complète pour le basket. On peut dire que je suis une junkie de ce sport et que je suis tombée dans la marmite très tôt. Quand j’ai gradué à l’université, j’ai voulu redonner au sport qui m’a tellement apporté. J’ai donc entraîné et ensuite j’ai également arbitré.

En 2008, Maripier Malo va troquer son maillot de joueuse pour le chandail noir et blanc d’arbitre. Pendant trois ans, elle va gravir tous les échelons et, rapidement, la fédération canadienne va reconnaître son potentiel et l’envoie à un stage en Colombie, un voyage qui va être déterminant.

J’ai pris trois avions et un quatrième vol de quatre heures dans les montagnes pour arriver à ce camp de perfectionnement, raconte-t-elle. Il n’y avait que des femmes, ce qui était précurseur pour l’époque. En arrivant sur place, je réalise que je suis la seule francophone et anglophone et que tout le reste parlait en espagnol et en portugais.

Rapidement, je m’aperçois naïvement que c’est un camp de renouvellement de certification FIBA. Cela veut dire que ce sont les portes de toutes les grandes rencontres internationales qui s’ouvraient à moi. Je fais tous les tests, physiques et théoriques et à la fin du stage, j’ai dû impressionner les responsables, car ils m’ont tout de suite recommandé à Basketball Canada comme un formidable potentiel.

Ils et elles sont habillés en rouge pour une photo de groupe.

Mariepier Malo a participé à un camp de perfectionnement en Colombie.

Photo : Maripier Malo

Depuis 2011, Maripier Malo parcourt les quatre coins de la planète pour arbitrer les plus grandes rencontres internationales, puis arrive la consécration avec les Championnats du monde et maintenant les Olympiques.

En février 2020, juste avant la pandémie du mois de mars, j’ai eu la chance d’aller aux qualifications olympiques. C’était la dernière petite fenêtre d’opportunité qui s’ouvrait pour moi. C’était l’ultime évaluation pour espérer arbitrer aux Olympiques. Et en mars, quelques jours seulement avant l’annonce de cette pandémie mondiale, je reçois la lettre officielle par courriel qui m’annonce que je suis retenue parmi les 30 arbitres qui seront aux Jeux de Tokyo. J’ai ressenti une joie immense, car c’était le fruit d’années de travail. Après cette joie, il a fallu faire face à la réalité avec cette pause forcée. Malgré le fait que les terrains étaient fermés, j’ai trouvé les moyens pour rester alerte.

Si les Jeux de Tokyo ont lieu, Maripier Malo va arbitrer des matchs masculins et féminins. Pour elle, les choses ont quand même beaucoup évolué et qu’importe qu’une femme soit l’arbitre du match, le respect est là. Elle reconnaît qu’elle a été chanceuse d’avoir eu avant elle des femmes qui lui ont ouvert les portes.

En plus de se préparer pour les Jeux olympiques de Tokyo, Maripier Malo enseigne l’éducation physique au Collège Jean-Eudes à Montréal et dirige également son programme de basketball de neuf équipes. Si elle est enseignante aujourd’hui, c’est qu’elle a suivi les traces de son enseignante au primaire France St-Louis.

Quand j’étais au primaire, j’avais une enseignante au hockey sur glace et c’était France St-Louis, explique-t-elle. Elle a défriché pas mal de choses dans ce sport qui était avant tout masculin et en plus de se dire : "Wow, mon enseignante, elle est aux Olympiques!" Sans le savoir, elle a eu un impact énorme sur la jeune fille que j’étais. Elle m’a entraîné en 5e et 6e années en hockey, alors que j’étais la seule fille dans l’équipe.

C’était ma coach et je la regardais et je me disais que tout était possible. Alors si aujourd’hui je peux être la France St-Louis pour une jeune femme, je continuerais à faire tourner cette roue, dit-elle encore empreinte d'émotion.

Elle parle à des joueuses sur le terrain.

L'arbitre Maripier Malo en action

Photo : Maripier Malo

Grâce à toi, je sais que c’est possible!

C’est une citation que j’ai lue il n’y a pas très longtemps et cela m’a beaucoup frappé. Alors, si je peux être un modèle autant chez les garçons que chez les filles, tant mieux. Si je peux les amener à atteindre leurs rêves, c’est vraiment mon objectif. Je dirige 115 athlètes et le fait que j’ai eu cette nomination vient rajouter à ma crédibilité, dit-elle avec beaucoup d’humilité.

Maripier Malo veut être cette bougie positive dans un monde qui en ce moment s’obscurcit comme elle le dit. Elle veut avancer avec une belle lueur d’espoir tout en restant réaliste, un panier à la fois.

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