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Sur un air de vieux succès

Le CH comble l'écart et l’emporte en prolongation contre les Oilers d’Edmonton grâce à un but d’Eric Staal, mais perd Brendan Gallagher, victime d’une fracture du pouce.

Staal célèbre en levant les bras aux côtés de Tyler Toffoli et Jeff Petry

Staal a inscrit son premier but depuis le 30 janvier dernier.

Photo : usa today sports / Eric Bolte

Eric Staal. Corey Perry. Shea Weber. C’était à se demander si l’on s’était trompé d’une décennie, lundi soir, au Centre Bell.

Peut-être même de deux, à une époque où la seule pandémie que l’on craignait était celle de voir se répandre la musique de Katy Perry dans le monde. Mais bon, lundi soir ce n’est pas Katy qui a brillé, mais Corey, ainsi que les deux autres susmentionnés, dans une victoire de 3-2 du Canadien en prolongation sur les Oilers d’Edmonton.

On pourrait y ajouter la prestation solide de Carey Price et la blessure au pouce de Brendan Gallagher et l’on jurerait avoir été parachuté en 2015 quand Staal avait encore une saison de 42 buts à venir, quand Perry marquait 34 buts, quand Weber en enfilait 20, quand Price régnait sans partage sur ses semblables et quand Gallagher, le malheureux, se fracturait des os de la main gauche pour la première fois.

Car il y a eu une seconde fracture (et opération) un an plus tard. Puis un pouce fracturé, cette fois à la main droite, face aux Oilers lundi. Nous y reviendrons.

Le Tricolore est bâti sur la force du nombre, sur la loi de la moyenne de ses talents qui, mise-t-il, sera supérieure à celle de ses rivaux, même si ceux-ci comptent quelques phénomènes dans leurs rangs.

Remplacer Gallagher au pied levé dans un match par différents joueurs et voir la solution de rechange mener à un but crucial; profiter des largesses des troisième et quatrième trios des Oilers pour revenir dans un match qui semblait perdu; voir le nouveau venu, un vétéran de 36 ans, faire la différence en prolongation : difficile de trouver manifestation plus éloquente de la profondeur.

Marc Bergevin paraît bien avec toutes ses acquisitions qui font flèche de tout bois depuis le début de la saison. Elles ont été vantées, avec raison, ad nauseam. Où serait le CH sans Tyler Toffoli et Josh Anderson, on vous le demande.

La mise sous contrat de Corey Perry, trois jours après Noël, un peu moins. Pourtant, discrètement, le vétéran s’impose de plus en plus comme une force tranquille de cette équipe.

Dominique Ducharme l’employait déjà comme un catalyseur depuis quelques semaines. Amorçant tous ses matchs au sein du quatrième trio, il n’était pas rare de voir Perry aller faire son tour avec d’autres coéquipiers pour tenter de créer une étincelle. Sa présence en avantage numérique coulait de source également, comme il présente le meilleur ratio de buts marqués par tranche de 60 minutes passées en supériorité parmi les attaquants de l’équipe à 10,1.

Au-delà des chiffres, c’est cette inébranlable confiance en possession de la rondelle et la qualité de ses décisions qui se démarquent.

Alors que le CH est mené par deux buts en début de troisième période, Perry réussit une entrée de zone à son rythme, en débordant le défenseur après s’être fait une passe à lui-même par la bande, qui donne le temps à tout le monde de se placer. Nick Suzuki lui renvoie la rondelle en arrière du filet et il repère Anderson, faisant son travail habituel de bête de somme, seul dans l’enclave. Deux à un Oilers, le Canadien est relancé.

Avisé, clairvoyant, sagace et autres qualificatifs. Surtout, expérimenté.

Il tente de subtiliser la rondelle à son adversaire des Oilers

Blessé à un pouce, Brendan Gallagher pourrait rater plusieurs semaines d'activités

Photo : usa today sports / Eric Bolte

Quand on a besoin d’un gros jeu, il est tout le temps là à réussir quelque chose qui va allumer l’équipe, qui va aider l’équipe à marquer un gros but. Son apport est dur à mesurer. Ça ne se mesure pas juste en points. C’est surtout dans les moments qu’il réussit ce genre de jeu. Ce n’est pas la première fois. De pouvoir marquer ce but-là, tôt en troisième, ça donne de la vie à l’équipe. On a marqué pas longtemps après. C’est le genre de gros jeu qu’il fait. C’est un grand compétiteur, a lancé Dominique Ducharme après la rencontre.

Les responsabilités de l’ancien lauréat du trophée Hart augmentent. Il a joué plus de 14 minutes lors de ses 4 derniers matchs alors que ce n’était survenu que 3 fois dans les 25 premiers.

En l’absence de Gallagher, elles ne devraient pas diminuer de sitôt. Le voilà à apprivoiser de nouveaux partenaires en Suzuki et Anderson. La présence du vétéran semble bénéficier à Suzuki qui a amassé trois passes à ses deux derniers matchs. Le jeune homme de 21 ans joue moins et se retrouve avec des confrontations plus favorables, ce qui n’est que justice au fond pour un pivot de deuxième année dans la LNH.

Les trois nouveaux comparses ont semblé bien s’entendre lundi soir, particulièrement au dernier tiers. Comme si le déclic s’était produit.

Ça ne fait que six périodes qu’on est ensemble, a rappelé Perry. On essaie de s’adapter en temps réel. On essaie de jaser autant que possible, sur la glace, sur le banc. Qu’est-ce qui marche, qu’est-ce qui ne marche pas. Quand [Anderson] démarre, il n’y a pas beaucoup de monde qui peut le suivre. On n’est pas juste du type une attaque et c’est terminé (one and done, en anglais).

Peu importe où on me place dans la formation, je travaille fort. Je joue au hockey. Ça peut changer demain, qui sait. Tu ne sais jamais ce qui t’attend dans ce sport.

Une citation de :Corey Perry

Les paroles d’un vieux sage que n’aurait pas reniées le vénérable du sommet, pour ceux qui ont la référence.

Et parlant de fin renard qui en a moins en avant de lui qu’en arrière, Eric Staal a trouvé une belle façon de se faire des amis. L’arrivée de toutes ces anciennes gloires, victorieuses de la Coupe Stanley, n’est pas un hasard, Bergevin l’a lui-même affirmé précédemment.

Il n’y a que deux saisons au cours des 75 dernières années où le Tricolore ne comptait sur aucun gagnant du grand trophée dans ses rangs, deux saisons misérables (2015-2016 et 2019-2020). La valeur de Perry (et de Staal) prend tout son sens.

D’autant plus en l’absence de la seule valeur sûre à l’attaque fabriquée maison ces 10 dernières années : Brendan Gallagher. Le petit attaquant devra se débrouiller sans son pouce au cours des prochaines semaines. Le Canadien, lui, sans son cœur.

En rafale

Ducharme a confirmé la fracture du pouce droit de Gallagher après le match. L’ailier droit a subi deux opérations de reconstruction de la main gauche, en 2015 et en 2017. À l’attaque, la profondeur du CH sera testée véritablement pour la première fois.

C’est une présence importante dans le vestiaire. Il va nous manquer. Je ne sais pas pour combien de temps, mais au moins, il y a des joueurs dans cette équipe. On a de la profondeur. Il y a des meneurs qui vont nous pousser. C’est un gros trou à combler, a laissé tomber Perry.

On voulait plus de profondeur et je pense qu’on l’a. C’est toujours difficile de voir un gars rentrer au vestiaire sans savoir ce qui s’est passé. C’est un guerrier devant le filet et ce sont des choses qui peuvent arriver. Il va nous manquer, a ajouté Tomas Tatar.

Carey Price s’est aussi fait une petite frayeur en deuxième période lors d’un déplacement latéral à sa droite et d’un contact en apparence anodin avec Josh Archibald. Il a semblé un peu plus lent dans ses réactions pendant un moment. Le gardien était évalué par le personnel médical après la rencontre, a expliqué l’entraîneur, mais Ducharme ne s’attend à rien de sérieux.

Pour ce qui est d’Eric Staal, le vétéran a réussi le 71e but gagnant de sa carrière, ce qui lui vaut le 57e rang de l’histoire de la LNH. Celui qui a si souvent fait mal paraître le CH, particulièrement quand il évoluait pour les Hurricanes de la Caroline, a réussi sa rentrée montréalaise après une semaine de quarantaine et une saison atroce à Buffalo.

C’était vraiment agréable ce soir, dès le début. J’ai eu un bon départ, j’étais engagé. De donner le premier but a été difficile par contre. J’ai aimé qu'on n’ait pas abandonné, on a compétitionné. C’était le fun de faire partie de ça. Je sentais l’énergie à travers les écrans de télé. J’aurais aimé que l’amphithéâtre soit plein. Je sais à quoi ça ressemble dans ce genre de moments. Je suis heureux d’avoir saisi ma chance ce soir, a conclu Staal.

En cinq matchs contre le Canadien cette saison, Leon Draisaitl et Connor McDavid ont chacun été limités à deux passes. La prestation du CH est, et de loin, la plus brillante de la division canadienne à ce chapitre contre le monstre à deux têtes de l'Alberta.

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