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Blessé, Antoine Valois-Fortier doit revoir son programme de travail

Un judoka blessé étendu au sol. Son adversaire tente de l'aider

Antoine Valois-Fortier blessé, sur le tatami de Tbilissi, au pied de son adversaire, désemparé, qui ne sait pas comment l'aider.

Photo : IJF

Antoine Valois-Fortier s'est fait peur en Géorgie, samedi, et il a fait peur à l'équipe canadienne de judo. Il s'est blessé à une côte lors de son combat de demi-finale du grand chelem de Tbilissi.

À mi-chemin de sa demi-finale, il a grimacé de douleur et s'est écroulé. Allongé sur le tatami, il a vu ses jambes se mettre à trembler. Son adversaire, l'Autrichien Shamil Borchashvili, était désemparé, ne sachant pas comment l'aider.

La physiothérapeute de l'équipe canadienne, Tiffany Hunting, s'est précipitée vers le Québécois.

On a tous ce réflexe-là. Je me suis dit : "j'ai une triple fracture de la côte avec perforation du poumon; ça y est, c'est terminé", a pensé Valois-Fortier.

Terminée, la préparation olympique; terminée, la troisième (et dernière) occasion d'aller aux Jeux. Mais l'athlète n'a pas subi de triple fracture de la côte.

J'aurais abîmé du cartilage du côté droit, a-t-il expliqué à Radio-Canada Sports. À savoir s'il a craqué ou si c'est une entorse, c'est un peu plus dur à dire, mais c'est vraiment le cartilage du côté droit.

Il regarde la caméra

Antoine Valois-Fortier en entrevue à Radio-Canada

Photo : Société Radio-Canada

Après deux jours d'immobilisation complète – la torture pour un athlète, admet-il –, il a pu recommencer à faire quelques exercices. L'inflammation autour de la côte semble déjà avoir diminué.

Un choix risqué

Antoine Valois-Fortier a pris un risque. Il s'est blessé dans son match de quarts de finale, mais il a choisi quand même de prendre part à sa demi-finale.

En quarts de finale, j'ai fait une attaque, et j'ai vraiment senti un clic, un "pop!" dans mon ventre, raconte-t-il. Je me suis dit : "ça, je vais sûrement le sentir tantôt".

Avec l'adrénaline, j'ai été en mesure de mettre ça de côté et de finir le combat. Quand je suis retourné dans la salle d'échauffement, précise-t-il, j'ai été 30, 40 minutes avant de retourner pour mon combat de demi-finale; je refroidissais, et ça devenait vraiment douloureux.

Je commençais à me douter que ça allait peut-être faire mal, mais pour ma demi-finale, j'étais quand même très confiant. Je me suis dit : "O.K., je prends une approche très stratégique; je suis capable de "tougher" ça; je vais gagner, et on réévaluera après".

Mais dès le début du combat, Valois-Fortier a compris qu'il avait été présomptueux.

Quand le combat a commencé, avec toutes les petites contractions, je me disais juste : "ayoye, ça fait mal; c'est pas le fun".

À un moment donné, j'ai fait une rotation un peu brusque, et j'ai senti une douleur vive dans tout le côté droit de ma cage thoracique.

Deux judokas en combat

Antoine Valois-Fortier grimace de douleur pendant son match de quarts de finale au grand chelem de Tbilissi.

Photo : IJF

Là, je me suis dit : "non, là, ça me prend une cage thoracique pour participer aux prochains événements". Il était hors de question que je continue; j'ai abandonné, et je n'ai pas été faire mon combat de bronze.

Cette blessure l'oblige à revoir son programme de travail. Il devait participer au grand chelem d'Antalya, en Turquie, le week-end prochain.

Je vais continuer le voyage, car dans deux semaines, ce sont les Championnats panaméricains. Mon objectif, c'est d'essayer d'aller participer aux Panams pour aller chercher quelques points, explique-t-il.

Rester parmi les 8 meilleurs pour aller à Tokyo

Avant sa blessure, Antoine Valois-Fortier a montré à Tbilissi que malgré une préparation perturbée par la pandémie, notamment la quarantaine obligatoire imposée au Canada, il est capable de se battre avec les meilleurs au monde.

Sa performance à Tbilissi a en tout cas fait oublier son élimination rapide au Tournoi des maîtres de Doha, en janvier.

Rappelons que le judoka de Québec est 8e au monde dans sa catégorie des moins de 81 kg, et s'il se maintient dans le classement des 8 meilleurs judokas, il aura son billet pour les Jeux de Tokyo.

Mais il y a un autre Québécois dans cette catégorie qui aimerait aller aux Jeux : Étienne Briand, de Sept-Îles, actuellement 24e au monde.

Pour rester parmi les 8 meilleurs judokas, Valois-Fortier veut aller chercher d'autres points. Il compte en marquer aux Championnats panaméricains, du 16 au 18 avril à Cordoba, en Argentine.

On a un camp d'entraînement en Turquie après le grand chelem, mais je veux vraiment miser sur ma santé, précise-t-il. Au-delà de ma préparation pour les Jeux, de ma qualification, je veux arriver en santé cet été, que ce soit pour un fight off [combat] ou pour les Jeux.

Deux judokas à l'entraînement

Antoine Valois-Fortier et Étienne Briand à l'entraînement

Photo : Société Radio-Canada

Si Antoine Valois-Fortier sortait du classement des 8 meilleurs judokas, et si Étienne Briand entrait dans celui des 18 meilleurs, Judo Canada devrait alors organiser une confrontation pour déterminer lequel des deux recevra son billet pour Tokyo.

Le Canada n'a droit qu'à un représentant par catégorie de poids.

(Avec la collaboration d'Olivier Pellerin)

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