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Chronique

Sebastian Vettel, du bien à la planète à défaut du bien au moral

Gros plan d'une voiture de course dans un virage

Sebastian Vettel dans l'Aston Martin AMR21

Photo : Getty Images / Joe Portlock

Sebastian Vettel ne pouvait pas commencer la saison de F1 de pire façon. Il a multiplié les erreurs à Bahreïn.

Surpris en qualification par un drapeau jaune, il n'a pas pu faire mieux que le 18e temps. Mais n'ayant pas respecté lui-même un drapeau jaune, il a été sanctionné de cinq places sur la grille et a écopé de trois points de pénalité (sur 12 pour la saison). Il a démarré du dernier rang.

Aston Martin a donc opté pour une stratégie audacieuse d'un seul arrêt (qui n'a pas fonctionné), soit deux relais d'environ 28 tours.

Du fond de la grille, il a réussi à remonter le peloton et s'est retrouvé 13e au 4e tour. Il a pu grimper au 6e rang au 15e après la première fenêtre d'arrêt des pilotes ayant opté pour deux arrêts. Mais son arrêt au 24e tour l'a fait glisser au classement, et après un deuxième arrêt non prévu au 31e tour, il n'a pas pu revenir dans les points.

Au 45e tour, il luttait pour la 12e place quand il a percuté l'arrière de la Renault-Alpine d'Esteban Ocon. Une gaffe qui rappelait celle commise à Silverstone au 38e tour du Grand Prix de Grande-Bretagne de 2019.

Comme si la faute n'était pas assez flagrante, Vettel a en plus blâmé Ocon dans sa communication radio avec son équipe. Pourquoi a-t-il changé de trajectoire?, a-t-il lancé, irrité.

Deux voitures de course se percutent.

Sebastian Vettel (Aston Martin) percute l'arrière de la Renault-Alpine (bleue) d'Esteban Ocon au 45e tour du Grand Prix de Bahreïn.

Photo : TSN / FOM

Les commentateurs ont vite blanchi le pilote français, et Vettel a été déclaré coupable de l'accrochage. La direction de course lui a imposé une pénalité de 10 secondes et deux (autres) points de pénalité de la part de la direction de course. Ce qui l'a fait reculer à la 15e place.

Cinq points de pénalité en un week-end de course, c'est désastreux pour l'Allemand, qui a été éreinté par la critique dans ses deux dernières années avec Ferrari.

Débarrassé de cette couche de pression qui colle à la combinaison rouge Ferrari, Vettel doit convaincre les sceptiques qu'il n'a pas perdu ses moyens et qu'il peut à nouveau se battre pour la victoire.

Au moins, il a reconnu son erreur après la course, et plus important, a présenté ses excuses à Esteban Ocon.

Je suis désolé de cette accumulation d'erreurs. J'ai encore beaucoup de choses à apprendre dans cette voiture, et j'ai du mal à me concentrer sur mon pilotage, a admis Vettel.

Comment sortir de l'impasse?

L'ancien pilote de F1 Martin Brundle (McLaren, Jordan), aujourd'hui commentateur et analyste, parle d'un week-end cauchemardesque pour Vettel, qui doit vite oublier ce début de saison. Surtout que son coéquipier Lance Stroll a été solide, dans une voiture encore perfectible, précise le Britannique.

L'ancien champion du monde Damon Hill pense que l'Allemand devra d'abord se sortir de ce cercle vicieux, se débarrasser de cette guigne qui lui fait perdre ses moyens depuis deux ans. Comme faire? Il dit à la blague qu'il devrait consulter un professionnel mystique pour faire sortir le mal.

L'ancien pilote de F1 Gerhard Berger (McLaren, Ferrari) explique que Vettel n'a jamais été bon sous pression. Selon l'Autrichien, Vettel a quelque chose à prouver cette saison, mais n'a pas encore la voiture parfaitement en main. Il rappelle qu'il faut parfois se montrer patient et prendre un peu de recul pour que le succès revienne.

L'ancien pilote David Coulthard (Williams, McLaren, Red Bull) ne voit pas comment Sebastian Vettel pourrait retrouver son coup de volant et sa confiance en ses moyens (ce que les Britanniques appellent le mojo). L'Écossais estime que si Vettel ne fait pas mieux que Lance Stroll, il pourrait perdre son volant en cours de saison.

Deux pilotes de course automobile marchent

Les pilotes d'Aston Martin Sebastian Vettel et Lance Stroll sur la piste du Grand Prix de Bahreïn

Photo : Getty Images / Mark Thompson

Lawrence Stroll sera-t-il à ce point impatient? Que valent les contrats quand les résultats ne sont pas au rendez-vous?

Si Sebastian Vettel n'obtient pas les résultats voulus, l'équipe pourra se libérer de son obligation contractuelle envers l'Allemand, à condition d'avoir pensé à inclure une clause de performance en sa faveur.

Il faut rappeler que Lawrence Stroll travaille sur deux fronts : sportif (marquer des points au championnat) et commercial (soutenir la vente des voitures Aston Martin).

Les quatre titres mondiaux de Vettel ont une valeur commerciale, et Lawrence Stroll s'en est servi pour attirer les commanditaires et encourager les partenariats. Il espère que la présence de Vettel l'aidera à conquérir le marché allemand.

Sebastian Vettel au volant de l'Aston Martin DBX dans une publicité pour le VUS de la marque britannique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sebastian Vettel dans une publicité pour le VUS d'Aston Martin, le DBX

Photo : Aston Martin / Twitter

Mais maintenant que la saison a commencé, ce sont les résultats de 2021 qui dicteront des décisions à prendre.

Si Vettel ne peut aider l'équipe en piste, s'il devient un boulet plutôt qu'un mentor pour Lance Stroll, il pourrait bien devoir céder son volant au pilote de réserve de l'équipe, Nico Hülkenberg, qui soit dit en passant est aussi allemand. Peut-être un avantage.

Son bon travail pour Racing Point en 2020, alors qu'il remplaçait au pied levé, lui permet de garder un pied en F1 en 2021.

Des pilotes se félicitent.

Nico Hülkenberg félicité par Max Verstappen et Daniel Ricciardo à Silverstone

Photo : Twitter / Racing Point

L'Allemand a en effet signé pour la saison 2021 un contrat de pilote de réserve pour deux équipes, Aston Martin et Mercedes-Benz (même motorisation). Ce qui lui permettra de prendre la relève si un des pilotes manque à l'appel.

Rappelons qu'en 2020, trois pilotes, Sergio Pérez, Lance Stroll et Lewis Hamilton, ont dû s'absenter en raison de la COVID-19, et ont eu du mal à récupérer leur énergie. Hülkenberg avait remplacé Pérez à Silverstone et Stroll au Nürburgring, George Russell avait remplacé Hamilton à Bahreïn.

La même situation pourrait se reproduire cette saison. La FIA a en effet dévoilé que sur 8150 tests de dépistage COVID-19 effectués à Bahreïn, 12 ont été positifs. L'équipe Aston Martin a fait savoir que deux de ses employés faisaient partie des cas positifs. Un membre de l'équipe de télévision britannique Channel 4, sur place, a également été touché.

On sait que le directeur de l'équipe Alfa-Romeo-Sauber, Frédéric Vasseur, avait dû rester chez lui après un test positif avant son départ pour Bahreïn.

Vettel protège la planète

Sebastian Vettel n'aura pas fait que des erreurs à Bahreïn. Il aura fait plaisir à la planète.

Durant les essais du grand prix, il a vu que les organisateurs faisaient faire des vols d'essai du Boeing 787-9 de la compagnie Gulf Air, commanditaire de la course, en vue de son passage au-dessus de la grille de départ.

L'Allemand est alors allé voir la direction de la F1 pour qu'elle intervienne, car, a-t-il plaidé, ces passages d'avion, ça consomme du carburant pour rien.

Le Boeing 787-9 de la compagnie Gulf Air vole au-dessus du circuit de Bahreïn.

Le Boeing 787-9 de la compagnie Gulf Air vole au-dessus du circuit de Bahreïn

Photo : Getty Images / Lars Baron

La direction a donc interpellé Gulf Air, qui a accepté de remplir le 787-9 avec du carburant synthétique pour le reste du week-end, et c'est avec du carburant bio que l'avion a fait son survol de la grille de départ.

Ce carburant bio est encore à l'état expérimental pour les moteurs d'avion à réaction.

Même si, selon le site Aeronews, le transport routier est responsable à 74 % des émissions de CO2 générées par tous les transports (12 % pour l'aviation), on ne peut s'empêcher de croire que l'intervention de Sebastian Vettel a fait du bien à la planète.

Un point pour lui.

Selon le groupe Air France-KLM, les avions de sa flotte consomment en moyenne 3,3 litres au 100 km par passager, ce qui correspond à environ 80 g de CO2 par passager et par km.

Selon l'Agence européenne de l'environnement (Nouvelle fenêtre), une voiture moyenne (avec quatre passagers) produit 55 g de CO2 par passager par km.

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