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Le déclin de Mercedes-Benz s'amorce, selon François Dumontier

Valtteri Bottas tourne à gauche dans sa Mercedes-Benz noire sur le circuit de Bahreïn.

Valtteri Bottas

Photo : Getty Images / Bryn Lennon

L'écurie Mercedes-Benz ne dominera pas autant qu'avant en 2021. C'est du moins l'avis du président du Grand Prix du Canada, François Dumontier, qui s'est entretenu avec Radio-Canada Sports au premier jour des essais du Grand Prix de Bahreïn.

J’ai de grands espoirs pour cette saison, lance d'entrée François Dumontier.

Invité à effectuer ses prédictions pour la saison qui commence ce week-end, il n'a pas hésité à dire que l'équipe Mercedes-Benz allait avoir beaucoup plus de mal à remporter un autre championnat.

Déjà, à la fin de la saison 2020, on a vu que Red Bull se rapprochait de Mercedes-Benz. La domination de Max Verstappen à Abou Dhabi (pole et victoire) lors du dernier week-end au calendrier, en décembre, l'a confirmé.

Or, la FIA n'a imposé que peu de changements techniques aux équipes en attendant la grande révolution de 2022. Les voitures ont peu évolué. D'ailleurs, plusieurs écuries ont conservé les mêmes noms pour leur voiture, pensons à Red Bull et sa RB16B, à McLaren et sa MCL35B.

Je vois la saison 2021 comme la continuité de la saison 2020, explique M. Dumontier. Et la saison 2020, disputée malgré la pandémie dans 13 pays sur 17 courses, a été excitante.

François Dumontier, les mains jointes, souriant, pendant une entrevue accordée à Radio-Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

François Dumontier, président du Grand Prix du Canada

Photo : Société Radio-Canada

Oui, Mercedes-Benz a dominé le championnat, mais on a vu beaucoup d’action en milieu de grille, avec des équipes qui se sont battues jusqu'à la dernière course pour la 3e place du championnat des constructeurs, poursuit-il.

On est en droit de s’attendre cette année à avoir beaucoup d’action en piste.

Une citation de :François Dumontier, président du Grand Prix du Canada

L'équipe Red Bull donne raison à François Dumontier en continuant sur sa lancée à Bahreïn dans ce premier week-end de la saison 2021.

Combien d'arbitres pour le duel ?

Si un duel semble se profiler à l'horizon entre Red Bull et Mercedes-Benz, il pourrait être arbitré par McLaren, par Aston Martin et, pourquoi pas, par Ferrari.

Il y a beaucoup de cycles en F1. Il y a eu Williams, il y a eu Ferrari, Red Bull, il y a depuis six ans Mercedes-Benz, rappelle le patron du Grand Prix du Canada. C’est rafraîchissant de voir que Red Bull commence fort. Max Verstappen est un excellent pilote, et est vu, éventuellement, comme un futur champion du monde.

Sans dire que le cycle de Mercedes-Benz va se terminer en 2021, la force de cette équipe va diminuer, affirme le promoteur québécois. Ils vont devoir retravailler pour revenir à l’avant-plan. Ça fait partie des cycles. Je crois que les autres équipes vont les rattraper.

Lewis Hamilton dans la Mercedes-Benz noire sur le circuit de Bahreïn.

Lewis Hamilton

Photo : Getty Images / Lars Baron

Et c’est pour cela que Lewis Hamilton a signé un contrat d’une seule saison, précise M. Dumontier. Il le sait probablement, et espère pouvoir remporter son 8e titre cette année pour devenir la légende des légendes, car en 2022, avec les nouveaux règlements, qui sait quelle équipe sortira du lot?

Le déclin s’amorce chez Mercedes-Benz, qui va se faire chauffer par au moins deux ou trois autres équipes.

En 2020, l'équipe McLaren a réussi le tour de force de battre in extremis Racing Point pour terminer au 3e rang du classement des constructeurs, avec une petite avance de sept points sur l'écurie de Lawrence Stroll.

La célèbre équipe britannique a-t-elle pour autant les reins assez solides pour disputer le titre en 2021?

Je ne crois pas que McLaren jouera le titre. On n’est pas rendu là encore, estime François Dumontier. Mais ils peuvent légitimement se battre pour la 3e place, voire la 2e.

McLaren aura encore de la compétition, notamment d’Aston Martin et de Renault-Alpine. Mais on risque de voir souvent McLaren en avant, avec le jeune Lando Norris qui est un excellent pilote, il a un bel avenir devant lui.

Daniel Ricciardo tourne à gauche dans la McLaren orange sur le circuit de Bahreïn.

Daniel Ricciardo dans la McLaren MCL35M à Bahreïn

Photo : Getty Images / Joe Portlock

Le magnétisme de Ferrari

La célèbre écurie italienne n'a été que l'ombre d'elle-même en 2020. Sebastian Vettel était sur une voie de garage et Charles Leclerc a, de son propre aveu, surpiloté, ce qui l'a amené à prendre des risques et à faire des erreurs coûteuses en piste.

Avec une voiture mystérieusement sous-performante (un déficit de puissance en ligne droite aussi gênant qu'inexpliqué), Ferrari a terminé péniblement au 6e échelon du classement des constructeurs.

J’espère que Ferrari va revenir au plus fort de la lutte parce que Ferrari est une équipe mythique et j’aime dire que quand Ferrari va bien, la F1 va mieux.

Charles Leclerc roule dans la ligne des puits dans sa Ferrari rouge.

Charles Leclerc

Photo : Getty Images / Mark Thompson

C’est toujours agréable de voir les rouges se battre en avant, admet M. Dumontier.

Ferrari a marqué le Québec par les prouesses de Gilles Villeneuve, de même que par la victoire de Jean Alesi en 1995. L'écurie italienne a vécu une période faste dans les années 2000 grâce au pilote Michael Schumacher et à une équipe acquise à sa seule cause dirigée par Jean Todt, aujourd'hui président de la FIA.

Après le départ de Schumacher et le titre de Kimi Raikkonen, l'équipe italienne a fondé beaucoup d'espoir en Fernando Alonso et en Sebastian Vettel. Des espoirs déçus malgré quelques victoires.

Le jeune Monégasque Charles Leclerc a redonné espoir aux tifosis. Sa victoire à Monza en 2019 a été extraordinaire, un véritable soulagement pour la Scuderia.

Charles Leclerc est un excellent pilote qui semble avoir la confiance de Ferrari, explique M. Dumontier. Il est jeune et il a comme coéquipier cette saison Carlos Sainz fils, qui s'est illustré chez McLaren, mais qui aura sans doute un peu de pression.

De façon réaliste, je vois Ferrari cette saison se battre pour la 3e ou la 4e place au championnat.

Sebastian Vettel n'a pas réussi à remporter de titre chez Ferrari.

Sebastian Vettel sort de piste et abandonne le Grand Prix d'Allemagne.

Sebastian Vettel sort de piste et abandonne le Grand Prix d'Allemagne.

Photo : Getty Images

Depuis sa bévue du Grand Prix d'Allemagne de 2018, quand il s'est sorti de piste et a dû abandonner, alors qu'il était seul en tête, Vettel a multiplié les erreurs et a perdu sa motivation.

Quand on pilote pour Ferrari, il faut gérer la pression de porter la combinaison rouge, rappelle François Dumontier. Peut-être que Sebastian a eu du mal à la gérer. Après cette erreur à Hockenheim en 2018, qui l’a peut-être démotivé, les relations entre lui et l’équipe n’étaient plus au beau fixe.

Je suis sûr qu'il peut retrouver la confiance dans son pilotage et qu’il peut tirer Aston Martin vers le haut.

Alors que plusieurs pensaient qu'après deux années décevantes chez Ferrari, Sebastian Vettel prendrait sa retraite, il a surpris tout le monde en signant un contrat de plusieurs saisons avec Aston Martin.

En homme d'affaires avisé, Lawrence Stroll a fait le pari que la présence de Vettel dans l'équipe stimulera les ventes des voitures de grand luxe Aston Martin en Allemagne. Et il espère que son expérience tirera l'équipe F1 vers le haut.

Il arrive chez Aston Martin dans un rôle qui est complètement différent et aura carrément moins de pression, affirme François Dumontier. Comme pilote d’expérience, il va être amené à coacher un jeune.

Je vois déjà un peu l’influence de Vettel sur Lance Stroll, ajoute M. Dumontier. Lance semble plus mûr, plus articulé dans les réponses qu’il donne aux médias. Je crois que Sebastian va l’aider en piste, en lui donnant des conseils, mais aussi à l’extérieur de la voiture.

Lance Stroll et Sebastian Vettel en entrevue, dans leur combinaison verte, sourient tous les deux.

Lance Stroll et Sebastian Vettel en entrevue

Photo : Aston Martin Racing

La constance de Lance Stroll

Lance Stroll en est à sa cinquième saison en F1. Il a eu le grand privilège d'avoir le temps d'apprendre. D'abord chez Williams, puis chez Racing Point.

Il sait chauffer un char, ce n'est pas son père qui tient le volant, lance le président du Grand Prix du Canada, agacé des critiques à son endroit.

Je suis un peu plus vieux et un peu plus avisé qu'à l'époque où je suis arrivé dans le paddock, a dit Stroll aux médias canadiens, jeudi, lors d'une rencontre virtuelle.

Lance a démontré ce qu’il était capable de faire, affirme pour sa part François Dumontier. Quand il a fait sa pole en Turquie [en 2020], les autres pilotes ont reconnu que c’était un tour assez incroyable, pas tous les pilotes auraient pu y arriver. Et il est encore jeune, il a 22 ans, et va encore se développer.

L'objectif de Lance Stroll en 2021 est de marquer de gros points plus souvent. Il manque encore de constance.

On a déjà vu l’an dernier que Lance a réussi de meilleurs résultats avec une bonne voiture, la Racing Point RP20, et je pense qu’il va en faire des meilleurs encore cette année avec l’Aston Martin AMR21 et avec Vettel à ses côtés.

Une citation de :François Dumontier, président du Grand Prix du Canada
Lance Stroll roule dans une monoplace verte.

Lance Stroll dans l'AMR21

Photo : Getty Images / Clive Mason

Les moyens de ses ambitions

Habituée à faire de grands résultats avec de petits budgets, l'équipe Force India a échappé à la liquidation en 2018 grâce à son rachat par un consortium dirigé par l'homme d'affaires québécois Lawrence Stroll.

Quand il a acheté Force India, Lawrence Stroll a donné des fonds, de nouvelles ressources aux ingénieurs, rappelle M. Dumontier. Ils ont pu développer une voiture qui va pouvoir se battre pour la 3e ou 4e place, et ça va permettre à Lance de rouler en avant.

Une voiture qui bénéficie largement d'un partenariat technique avec Mercedes-Benz, fournissant à Aston Martin non seulement le groupe propulseur allemand, mais aussi la boîte de vitesses et la suspension arrière de la W11, championne du monde de 2020.

Lance Stroll tourne à gauche dans la Aston Martin AMR21 au circuit de Bahreïn

Lance Stroll

Photo : Getty Images / Bryn Lennon

L'équipe Aston Martin est responsable de tout l'aspect aérodynamique de la voiture et a travaillé durant la saison morte à améliorer la RP20 de l'an dernier en respectant le cadre réglementaire de la FIA.

À Bahreïn, samedi, Lance Stroll a pu aller jusqu'en Q3 en qualification, la dernière portion de la séance réservée au top 10. Il partira de la 5e ligne de la grille de départ.

Plus tu roules en avant, plus tu développes tes compétences de pilote, explique François Dumontier, car en fond de grille, tu ne te bats jamais contre les meilleurs.

Donc, le meilleur de Lance est à venir. Sera-t-il un jour prétendant au titre? Ça dépend de son développement, a-t-il conclu, mais c’est sûr qu’on va le voir plus souvent en avant.

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