•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Je suis un athlète complètement différent » - Hugo Barrette

Hugo Barrette en action au sprint des mondiaux de cyclisme sur piste de 2019

Hugo Barrette

Photo : Getty Images / Dean Mouhtaropoulos

Michel Chabot

Après plus d’un an sans compétition, Hugo Barrette affirme que sa préparation et sa motivation sont optimales. Le cycliste québécois s’entraîne sans relâche afin d’arriver dans la meilleure forme possible aux Jeux olympiques (JO) de Tokyo dans quatre mois.

Pour moi, c’est différent des autres, parce que j’adore m’entraîner, confie le Madelinot. Ma passion, mon rêve, c’était d’être capable de m’entraîner comme travail. Après, je vais gagner des médailles et je m’assure de faire de bonnes performances pour être capable de vivre du vélo.

Barrette a rappelé cette blessure qui l’a sérieusement handicapé en septembre 2019, quand il a été victime d’une violente chute en Bolivie, et dont il affirme s’être complètement remis.

Je suis content de dire que je n’ai plus aucune séquelle de mes blessures. Ç'a pris du temps. Même quand je me suis cassé des vertèbres en 2015, la récupération avait été plus courte.

À moins d’un impact extrême, tu ne peux pas casser ton omoplate; c’est l’un des os les plus solides, dit Barrette. Donc, l’omoplate a cassé, mais tu sais que toutes sortes de choses autour se sont déplacées, les muscles sont tendus... Ç’a été jusque dans mes hanches. Tout était tordu, j’étais tout croche.

Un coureur sur piste fait une lourde chute.

... et c'est la chute.

Photo : Getty Images / USA Today Sports

Je suis revenu vite à la compétition et, dans les circonstances, j’ai réussi de bonnes performances, ajoute-t-il. Une fois que je me suis qualifié pour les Jeux, j’ai commencé à focaliser sur ma récupération, et ç’a pris beaucoup plus de temps que je pensais.

Une année supplémentaire de préparation

Ce report d’un an des JO de Tokyo a donc été une bénédiction pour celui qui a pris le 13e rang du keirin à Rio, en 2016.

Pour ma carrière, c’était un second souffle, parce que je pouvais me concentrer sur l’entraînement, ce que je n’avais pas fait depuis des années. Nous avions deux années de qualifications olympiques et j’étais seul pour aller chercher les points, donc je n’avais pas le temps de m’entraîner. J'ai fait des courses, des courses, des courses et des voyages.

J’ai dit dès le départ que si j’avais un an, de belles choses allaient arriver. Et là, je peux confirmer que je vais plus vite que jamais, et de loin. Je suis un athlète complètement différent.

Une citation de :Hugo Barrette

Une amie de cœur véloce

Une journée typique dans la vie du cycliste de 1,75 m et 90 kg commence par une séance en gymnase de trois heures, suivie de trois heures en piste, puis d’environ 45 minutes sur le vélo de route.

Comme il n’y a pas eu de courses depuis les mondiaux à Berlin, à la fin février 2020, Barrette a trouvé une façon de jauger ses performances en les comparant à celles de sa compagne, Kelsey Mitchell.

En ce moment, c’est la coureuse la plus vite au monde. Entre les gars et les filles, il y a environ une seconde de différence. Nous nous défions l’un et l’autre à savoir qui a l’avantage. Si je reste une seconde devant elle, je sais que je suis dans les meilleurs temps au monde. J’ai trouvé une manière, par défaut, de compenser le manque de partenaire pour me pousser.

Une cycliste sourit en bordure de la piste

Kelsey Marie Mitchell

Photo : Getty Images / Ezra Shaw

Il s'estime chanceux que le vélodrome de Milton ait été accessible aux athlètes depuis juin dernier, alors que des rivaux d’autres pays n’ont pu profiter du même privilège pendant cinq ou six mois.

Plus mûr, l’athlète, qui célébrera ses 30 ans en juillet, prétend qu’il s’entraîne plus intelligemment qu’auparavant, lorsqu’il avait tendance à ouvrir la machine sans retenue.

Ça vient avec l’expérience et la sagesse, dit-il en rigolant. Ça fait longtemps que je fais du vélo. Dans mes plus jeunes années, je m’excitais et j’en faisais un peu trop, surtout proche des courses. Maintenant, je suis plus posé et je respecte plus le plan. C’est sûr qu’on fait des modifications ici et là, mais on apprend toujours. Je ne dirai jamais que je connais tout, mais je connais beaucoup mieux mon corps. Ça fait presque 15 ans que je fais du vélo.

Motivation personnelle

N'empêche, il ne ménage pas ses efforts afin de monter sur le podium des prochains Jeux. Sa discipline personnelle le servira bien, espère-t-il.

Pour certains, quand il n’y a pas d’objectifs précis, quand il n’y a pas de courses en vue, c’est dur de se pousser. Il faut que tu aies ça en toi. C’est presque la satisfaction de se pousser chaque jour. Ce n’est pas tout le monde qui l’a et même certains grands athlètes ne l’ont pas. Encore une fois, je me sens chanceux d’avoir cette mentalité-là, qui, autrefois, m’a amené beaucoup de fatigue, mais maintenant, ça joue à mon avantage.

Il soulève une barre sur ses épaules

Hugo Barrette à l'entraînement en gymnase

Photo : toronto star via getty images / Lucas Oleniuk

Dans le but de recréer le plus fidèlement possible les conditions de course, l’entraîneur de Barrette roule devant lui avec un vélo électrique conçu expressément pour permettre à son protégé de garder la main.

Les mécaniciens ont créé un vélo de piste avec un énorme moteur, et je peux courir contre mon entraîneur. On peut faire des sprints ou des simulations contre une moto, mais une moto, c’est tellement gros que ça crée un phénomène d’aspiration. Donc, c’est plus facile derrière une moto qu’un vélo. Ce n’est pas la même chose que contre les meilleurs coureurs au monde, mais c’est un bon outil de préparation. S’il n’y a pas de courses, je vais quand même me sentir prêt pour le grand jour. Jusqu’à maintenant, j’ai gagné quelques fois, mais c’est dur.

La Coupe du monde prévue aux pays de Galles en avril a été annulée il y a trois semaines, et celle de Hong Kong en mai pourrait subir le même sort. Quant à celle de Cali, en juin, Hugo Barrette se demande s’il s’y rendra, si jamais elle a lieu.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !