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Chronique

Louis-Philippe Ladouceur n’est plus un Cowboy, mais la vie continue

Un joueur sur le terrain

Louis-Philippe Ladouceur a disputé 16 saisons avec les Cowboys de Dallas.

Photo : Getty Images / Ronald Martinez

La semaine dernière, après 16 saisons irréprochables, les Cowboys de Dallas ont mis fin à leur association avec le valeureux spécialiste québécois des longues remises, Louis-Philippe Ladouceur. Il ne lui manquait pourtant que trois matchs pour battre le record de longévité au sein de cette prestigieuse organisation. Beau joueur, Ladouceur se dit extrêmement reconnaissant pour tout ce que les Cowboys lui ont apporté.

Ladouceur était débarqué avec les Cowboys en 2005 à la suite d’un heureux concours de circonstances. Il venait à peine de terminer son football universitaire à l’Université de Californie et il n’avait pas été retenu par les Saints de La Nouvelle-Orléans après avoir participé à leur camp.

Après avoir assisté à un match des Cowboys, sa petite amie de l’époque lui avait fortement conseillé d’appeler son agent et de réclamer un essai avec cette équipe. Elle était convaincue que le spécialiste des longues remises de Dallas, Jon Condo, ne faisait pas l’affaire.

Alors que la saison était déjà vieille de quatre matchs, Ladouceur avait effectivement obtenu cet essai. Et les Cowboys, impressionnés, lui avaient offert un contrat sur-le-champ. Ils n’ont sans doute jamais regretté leur décision. En 253 matchs, Louis-Philippe Ladouceur n’a jamais raté une seule remise! Quand on y pense, c’est complètement fou.

Les spécialistes des longues remises ne suscitent guère les passions des amateurs de football. Mais au fil des ans, les partisans des Cowboys s’étaient habitués à voir le grand numéro 91 s’emparer du ballon pour préparer les bottés, souvent dans des situations cruciales en fin de rencontre. Il était d’ailleurs le dernier joueur de l’équipe à avoir disputé un match dans l’ancien Texas Stadium, où l’organisation a connu ses années de gloire.

La semaine dernière, les amateurs étaient donc nombreux à blâmer les Cowboys de ne pas avoir permis à Ladouceur de battre le record de 255 matchs détenu par l’ailier rapproché Jason Witten.

Même si Ladouceur vient de célébrer son 40e anniversaire, ces partisans s’expliquaient mal qu’on ait pu décider de remplacer un athlète qui n’a jamais failli à la tâche, exception faite d’une pénalité écopée en 2018.


Commentant pour la première fois la fin de son association avec l’organisation texane, Ladouceur préfère regarder le portrait dans son ensemble et apprécier tout ce que cette fabuleuse aventure lui a apporté.

Je ne suis pas le genre de personne qui s’attarde sur le négatif dans la vie. Si je prends un pas de recul, je ne peux ignorer le fait que j’ai passé 16 ans au sein de la même organisation et que j’ai connu une carrière extraordinaire.

Si je n’avais pas été associé aux Cowboys, je n’aurais probablement jamais rencontré ma femme. Et je n’aurais pas côtoyé durant toutes ces années des coéquipiers extraordinaires et des personnes qui ont été extrêmement bonnes pour moi, qu’il s’agisse des soigneurs, des préparateurs physiques, des recruteurs ou des entraîneurs des unités spéciales. J’ai constamment été entouré de bonnes personnes et c’est ce qui est important à mes yeux, explique-t-il.

En ce qui concerne le record qui était à sa portée, Ladouceur indique qu’il aurait bien aimé le battre, mais que cet objectif ne se situait pas au sommet de ses priorités.

À défaut d’avoir abaissé la marque du plus grand nombre de matchs disputés dans l’uniforme des Cowboys, il faut toutefois souligner (comme l’ont fait les Cowboys la semaine dernière) que ses 253 matchs consécutifs constituent un record d’équipe. C’est loin d’être négligeable dans une ligue où les carrières durent en moyenne 3,3 saisons.

Louis-Philippe Ladouceur

Louis-Philippe Ladouceur

Photo : Getty Images / ronald-martinez


À 40 ans, Louis-Philippe Ladouceur entreprend le prochain chapitre de sa vie dans son Texas d’adoption avec plein de projets en tête. Cela dit, il ne ferme pas la porte à une poursuite de sa carrière dans la National Football League (NFL).

Je n’ai pas l’intention de changer ma façon d’aborder la vie parce que je ne fais plus partie des Cowboys de Dallas. Je vais continuer à m’entraîner comme avant. Je fais toujours du yoga. Je m’entraîne encore en gymnase et je continue à faire de la course à pied. Je ne lancerai peut-être plus de ballon de football (rire), mais depuis 10 ans, je ne travaillais pas beaucoup sur mes remises durant l’entre-saison de toute manière.

Comme je reste en très bonne condition physique, je garde ouverte la possibilité de continuer à jouer au football. Si une équipe est intéressée, je vais écouter et évaluer si ça vaudra la peine de quitter ma famille durant cinq mois. Mais tout cela est bien loin. La prochaine saison débutera en septembre. On a encore beaucoup de temps devant nous avant de voir comment les choses se dérouleront.

Cela dit, si jamais sa carrière se termine sur cette note, Louis-Philippe Ladouceur ne s’ennuiera pas.

Présentement, j’ai pas mal de plaisir. Je passe beaucoup de temps avec ma femme (Brooke) et nos enfants, et j’ai hâte de pouvoir continuer à le faire durant les mois normalement réservés à la saison de football. Notre fille est âgée de 8 ans et notre garçon a 6 ans. Ils grandissent très vite. Et comme ils pratiquent à peu près tous les sports imaginables, on se promène constamment d’un plateau sportif à un autre. Je regarde aller les choses et je me dis que je serai occupé tous les soirs et tous les samedis matin au cours des 10 prochaines années!

Aussi, ma femme et mes beaux-parents sont des entrepreneurs dans le secteur de l’immobilier. J’ai la chance d’apprendre comment fonctionne cette industrie en travaillant avec eux. Nous nous sommes lancés dans le développement résidentiel il y a une dizaine d’années et nous venons de démarrer notre second projet domiciliaire. Les ventes de terrains et de maisons sont commencées, raconte-t-il.

Pour toutes ces raisons, tout est bien correct à mes yeux. Et je ne vois pas comment je pourrais ressentir de l’animosité à cause de la décision que les Cowboys ont prise la semaine dernière.

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