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Relancer le biathlon québécois, la nouvelle mission de Jean-Philippe Le Guellec

Habillé chaudement dans un paysage hivernal, il regarde vers son interlocuteur.

Jean-Philippe Le Guellec est entraîneur-chef de la Fédération québécoise de biathlon

Photo : Radio-Canada

La saison de Coupe du monde de biathlon qui a pris fin le week-end dernier est passée presque inaperçue au Canada.

L’explication est simple : mis à part les frères Gow (Christian et Scott) qui parviennent à se hisser dans le top 10 lors de certaines compétitions et d’Emma Lunder dans le circuit féminin, le biathlon canadien ne rayonne que timidement sur la scène internationale depuis quelques années.

Jules Burnotte est par ailleurs le seul Québécois à rouler sa bosse dans le circuit mondial senior à l’heure actuelle.

On cherche encore celui ou celle qui reprendra le flambeau qu’ont tenu à bout de bras Myriam Bédard et Jean-Philippe Le Guellec depuis la fin des années 1990.

Justement, près de sept ans après avoir pris sa retraite, Le Guellec a une nouvelle mission : participer à la relance du programme de biathlon au Québec et, du même coup, au Canada.

Celui qui a été le premier Canadien de l’histoire à remporter une Coupe du monde fait ses classes comme entraîneur depuis quelques années, une avenue qu’il n'envisageait pas après avoir raccroché ses skis.

En 2015, lors des Jeux du Canada d’hiver, l’entraîneur-chef de la Fédération québécoise de biathlon (FQB) m’avait demandé de venir prêter main-forte comme assistant-entraîneur et guide aux athlètes. C’est vraiment là que j’ai eu la piqûre.

J’ai réalisé que j’avais tellement de connaissances et de bagage dans mon propre sport, je me verrais mal ne pas mettre tout ça au profit d’autres athlètes. C’est vraiment là que ça a débuté, confie Le Guellec à Radio-Canada Sports.

Après différents stages à la fédération et quelques expériences connexes en supervision d’athlètes en biathlon, il a accepté le poste d’entraîneur-chef de la FQB en 2018.

Parallèlement à toutes les fonctions qu’il occupe au sein de la fédération, Jean-Philippe Le Guellec a récemment mis sur pied un centre privé situé sur la base militaire de Valcartier, reconnu par Biathlon Canada, afin de développer et d'entraîner les athlètes de haute performance.

Le Centre de développement de la performance nordique (CDPN) qu’il dirige se veut une nouvelle option pour les athlètes qui se retrouvaient devant le néant lorsque Biathlon Canada a retiré la mention centre national d’entraînement au centre de biathlon Myriam Bédard de Valcartier en 2014. Biathlon Canada souhaitait à l’époque centraliser ses activités à Canmore, en Alberta.

Le Guellec offre un entraînement de haute performance en ski de fond et au tir, mais aussi de l’accompagnement et du mentorat à distance.

Une chose qui me tient à cœur, c’est de ne pas trop tôt déraciner les athlètes, fait valoir l’ancien biathlonien.

C’est connu, un bon athlète ne fait pas nécessairement un bon entraîneur. Humble, Le Guellec esquive savamment lorsqu’on l’interroge sur les secrets pour réussir dans le métier.

Je suis encore aux couches en tant qu’entraîneur, je ne dirais pas que j’ai du succès pour le moment. Par contre, pour en avoir dans le futur, je pense qu’il faut être capable d’allumer la flamme chez l’athlète et de le faire vibrer, de lui permettre d'extérioriser sa passion.

Pour atteindre l’élite, tu ne peux pas juste t’entraîner. Un bon athlète, c’est aussi quelqu’un de structuré, qui est capable de gérer le côté émotionnel et psychologique.

Une citation de Jean-Philippe Le Guellec, entraîneur-chef de la Fédération québécoise de biathlon
Sa carabine de tir sur le dos et habillé en fondeur, il sourit, lunettes de soleil sur la tête.

Jean Philippe LeGuellec a représenté le Canada lors de trois Jeux olympiques.

Photo : The Canadian Press / Andrew Vaughan

Une fédération sous respirateur artificiel

L’arrivée de Le Guellec comme entraîneur à la Fédération québécoise de biathlon s’inscrit dans un plan de relance qui vise à relever un programme de développement qui était sous respirateur artificiel.

Quand j’ai commencé à coacher, on avait un conseil d’administration, mais aucune permanence. De 2014 à 2019, le biathlon au Québec était dans un creux de vague et le programme de haute performance s’était considérablement effrité, explique-t-il.

Jusqu’à l’arrivée du directeur général en 2018, nous étions trois ou quatre personnes à nous impliquer ici et là, mais c’est tout.

Dans le creux de la vague, à la fin de la saison 2018-2019, il n’y avait que quatre ou cinq athlètes dans l’équipe québécoise de biathlon.

C’était très difficile, admet Le Guellec. La plupart des athlètes étaient vraiment très jeunes et leur développement passait encore par leurs clubs régionaux et non par la fédération.

Il n’y avait plus aucun athlète senior à la suite de départs à la retraite ou de transferts vers le ski de fond et la relève était très mince.

Une citation de Jean-Philippe Le Guellec

La situation s’améliore grandement depuis deux ou trois ans. En plus de son directeur général Mario de Lafontaine, la Fédération québécoise de biathlon est maintenant gérée par un conseil d’administration renouvelé, qui connaît la réalité sportive actuelle, explique Le Guellec.

C’est un groupe qui est très curieux, impliqué et c’est essentiel surtout dans la réalité du biathlon au Québec.

Évidemment, nous sommes limités par le petit nombre de clubs qui possèdent un véritable champ de tir de calibre .22 au Québec. Il n’y en a que cinq, dont deux dans la région de Québec. On cherche maintenant à ce que la fédération puisse soutenir davantage ces clubs, ce qu’on voyait peu pas par le passé, en tout cas pas de mon expérience d’athlète, admet-il.

Comme dans tous les sports, meilleure est ta base d’athlètes, mieux se porte son ton volet haute performance.

Une citation de Jean-Philippe Le Guellec

Le Guellec explique que c’est la haute performance qui, après tout, devient le générateur des subventions que la fédération peut et souhaite avoir.

La relève arrive

On peut aussi percevoir la lumière au bout du tunnel sur la neige et au champ de tir. Le volet haute performance dans l’équipe du Québec compte maintenant une quinzaine d’athlètes, une quinzaine d'autres pourront être poussés vers les Jeux du Canada de 2023 et certains vers la haute performance prochainement.

Par le passé, tout fonctionnait beaucoup en silos, déplore le biathlonien masculin le plus décoré de l’histoire au Canada. On avait la haute performance d’un côté, le volet clubs de l’autre et le développement ailleurs. On le voyait avec notre équipe Québec qui s'effritait, ça ne fonctionnait pas. On a besoin d’une synergie entre la fédération, les clubs, la haute performance et tous les différents paliers pour faire en sorte qu’on ait un sport qui est plus sain.

Là, on commence à avoir des juniors, des benjamins aussi. On recommence à retrouver un beau souffle et une belle vague d’athlètes qui peuvent demeurer et progresser en haut niveau.

Quelques jeunes ont d’ailleurs pointé le bout du nez dans des compétitions internationales avec l’uniforme du Canada sur les épaules récemment.

Vincent Girard, l'un des protégés de Le Guellec, vient de prendre part à ses premiers Championnats du monde juniors. Il était le seul Québécois parmi les 16 membres masculins et féminins de l’équipe canadienne junior.

Vincent, c’est lui qui a connu la plus grosse progression depuis les deux dernières années. Aux sélections canadiennes à Canmore en 2018, il était venu faire les sélections par lui-même et avait payé son propre billet d’avion. Il n’était même pas dans l’équipe Québec et s’entraînait avec son club au Saguenay. En l’espace de deux ans, sa progression est fulgurante, considère Le Guellec.

La différence est là. On travaille avec plus de jeunes pour les amener vers la haute performance plutôt que de les superviser qu’une fois qu’ils y sont.

Une citation de Jean-Philippe Le Guellec

Quand tu es dans le creux de la vague, c’est très difficile d’être fidèle au plan qui a été établi. Quand on commence à voir les résultats, c’est extrêmement motivant, conclut Jean Le Guellec.

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