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Leylah Fernandez, la petite géante

Souriante, Leylah Fernandez tient son trophée de championne du tournoi de Monterrey.

Leylah Fernandez

Photo : WTA

Quelques heures seulement après la victoire de sa fille Leylah Annie Fernandez à Monterrey, son père Jorge se remet à peine de ses émotions.

Comme entraîneur, bien sûr, j’étais content, mais comme parent, j’étais fou de joie! raconte celui qui a appris les rudiments du tennis pour pouvoir encadrer sa fille dans sa passion. Je savais tellement pas quoi faire, j’ai été nettoyer mon garage!

Ma fille vient de gagner un tournoi de la WTA, et moi je rangeais mon garage! On ne sait pas quoi faire, dans des moments comme cela , s’esclaffe-t-il.

Il n’a pourtant pas été pris au dépourvu par ce triomphe. Même si sa protégée n’a que 18 ans, et qu’elle est nouvelle dans le circuit professionnel, il attendait depuis un moment déjà ce premier titre.

Il n'y a pas si longtemps, je lui disais justement que je n’étais pas satisfait de ses performances. Je lui ai dit ''tu devrais déjà avoir gagné un tournoi ou deux!'' Elle était fâchée. Et elle est allée gagner! Je connais son caractère.

Une manière de la piquer au vif ou de la mettre au défi, peut-être. Plusieurs experts du monde du tennis canadien s’entendent pour dire que c’est justement sa force de caractère qui permettra à Leylah Annie Fernandez de gravir les échelons.

Sylvain Bruneau, par exemple, la connaît bien. L’entraîneur de Bianca Andreescu a pu la voir à l’œuvre à de nombreuses reprises; les deux femmes ont joué plusieurs matchs préparatoires l’une contre l’autre.

Elle a d’excellentes aptitudes physiques. Mais elle se démarque, même chez les athlètes professionnels, par sa force mentale, explique-t-il. Elle est ambitieuse, déterminée, travaillante. Psychologiquement, elle est une force brute.

Leylah au monde des géantes

De la force mentale, Leylah Annie Fernandez en aura nécessairement besoin. Avec 1,63 m (5 pi 4 po), elle est l’une des plus petites joueuses évoluant sur les terrains professionnels. Eugène Lapierre, directeur de l’Omnium Banque Nationale, croit toutefois que son gabarit ne l’empêchera pas de gravir les échelons.

Ce n’est pas évident pour une petite joueuse. Autant du côté masculin que du côté féminin, les sportifs sont plus bâtis que jamais, admet-il. Mais c’est elle l’agresseuse. Elle n’est pas intimidée du tout. Elle a une force de concentration exemplaire.

Celui qui a bien hâte de la voir à l’œuvre cet été, au tournoi montréalais, considère que le meilleur atout de Fernandez se trouve entre ses deux oreilles. Elle est intelligente. Elle a une capacité d’analyse épatante. Son choix de frappe est toujours le bon.

Et elle détient cette capacité à se concentrer uniquement sur le coup suivant.

Une citation de :Eugène Lapierre, vice-président de Tennis Canada et directeur de l'Omnium Banque Nationale

Bruneau abonde dans le même sens: la petite charpente de Fernandez ne lui imposera aucune limite, selon lui. Même qu’elle pourrait tourner cela à son avantage. Elle se comporte très bien contre les joueuses puissantes. Elle est capable d’absorber la puissance pour retourner des balles avec force.

Jorge Fernandez, qui est à l’origine un entraîneur de soccer, offre une comparaison intéressante. C’est comme Lionel Messi, ce n’est pas le plus grand, mais c’est un des meilleurs. Lorsque Leylah était plus jeune, son père aimait lui montrer des exemples provenant de divers sports, pour l’aider dans son développement. La rapidité de Messi, l’intelligence de Gretzky, la puissance de Manny Pacquiao… Ce ne sont pas les plus gros, et je voulais qu’elle apprenne d’eux.

Un mariage heureux

Le parcours de Leylah est un peu atypique, lorsqu’on le compare à celui des autres élèves de Tennis Canada. Plutôt que s’entraîner à temps plein au Centre national de tennis, comme le font la plupart de ses acolytes, elle partage son temps entre le programme de la fédération et ses cours privés.

Un partenariat bénéfique, dans ce cas-ci, reconnaît Bruneau : Son père ne vient pas du tennis, mais c’est tout un sportif. Il s’est renseigné, et il a une bonne conception du jeu. Surtout, il lui a transmis d’excellentes valeurs qui l’aident beaucoup aujourd’hui.

Et de l’autre côté, le travail qu’elle fait avec son instructeur Romain Deridder rapporte également des dividendes, selon Bruneau. C’est un bon compromis. Son père la connaît bien. Deridder est bon, il est calme et posé, et il parvient à la motiver.

Jorge Fernandez voit aussi des avantages à cette approche bicéphale : Je viens d’un milieu où le travail en équipe est très valorisé, a-t-il affirmé.

Tu ne peux pas connaître du succès seul, ou avec une seule personne à tes côtés.

Une citation de :Jorge Fernandez, père de Leylah

Pas de pression, mais...

Jorge Ferrandez ne veut pas mettre de pression à sa fille. Il se réjouit d’ailleurs du chemin parcouru davantage que du résultat à Monterrey. Ce serait une erreur de retirer de la fierté seulement après un bon résultat. Ça n’envoie pas le bon message du temps. Il faut être fier du travail accompli, soutient-il avec sagesse.

Néanmoins, il n’a pas peur de jouer au jeu des projections avec sa fille : Dans le sport, tout change vite. Mais si elle continue comme ça, je pense qu’elle peut gagner 20 ou 30 titres au cours de sa carrière. Et peut-être un grand chelem.

Elle a tout ce qu’il faut pour réussir. Elle est concentrée sur le tennis. Ça en est presque antisocial de sa part! C’est un dévouement total au tennis, avec peu de choses pour la distraire. Elle est peu sur Instagram. Elle en veut toujours plus. Ça va lui servir, prédit-il.

(Avec les informations de Michel Chabot)

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