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Aucun spectateur étranger aux JO de Tokyo

Plan large d'un stade d'athlétisme vide

La piste du stade olympique de Tokyo.

Photo : afp via getty images / PHILIP FONG

Agence France-Presse

Les organisateurs ont tranché samedi : il n'y aura pas de spectateurs venant de l'étranger aux Jeux olympiques de Tokyo cet été, en raison de risques sanitaires importants liés à la pandémie de COVID-19.

Les parties japonaises de l'organisation sont arrivées à la conclusion que les spectateurs ne pourront pas entrer au Japon au moment des Jeux olympiques, prévus du 23 juillet au 8 août, décision que le Comité international olympique (CIO) et le Comité international paralympique (CIP) respectent pleinement et acceptent, selon un communiqué.

Afin de clarifier la situation pour les détenteurs de billets vivant à l'étranger et de leur permettre d'ajuster leurs plans de voyage à ce stade, les parties côté japonais sont arrivées à la conclusion qu'ils ne pourront pas entrer au Japon au moment des Jeux, selon un communiqué précisant que les instances internationales olympiques acceptaient cette décision.

La situation sanitaire au Japon et à l'étranger demeure très difficile, et il est par conséquent hautement improbable que l'accès au Japon soit garanti cet été pour les visiteurs de l'étranger, ont justifié les organisateurs.

Leur communiqué a été publié à l'issue d'une réunion en ligne, marquée au début par un tremblement de terre ressenti à Tokyo, entre les cinq parties prenantes aux Jeux : le comité d'organisation et la ville de Tokyo, le gouvernement japonais, le CIO et le CIP.

Notre première priorité a été, est et reste la sécurité de tous les participants aux Jeux olympiques et du peuple japonais, avait déclaré en préambule de la réunion Thomas Bach, le président du CIO, évoquant des sacrifices de la part de chacun.

Depuis début mars, les médias nippons annonçaient que les autorités japonaises avaient déjà opté pour l'interdiction des spectateurs de l'étranger, en raison de l'inquiétude de la population du pays par rapport à la COVID-19 et à ses variants.

L'interdiction annoncée samedi constitue une première historique. Ce n'est jamais arrivé que des spectateurs étrangers soient interdits d'entrer dans le pays-hôte au moment des Jeux, même pendant la grippe espagnole lors des Jeux olympiques d'Anvers en 1920, a rappelé Jean-Loup Chappelet, professeur émérite à l'Université de Lausanne (Suisse) et spécialiste des JO.

Déception et compréhension

La présidente de Tokyo 2020, Seiko Hashimoto, a évoqué une décision très décevante, mais inévitable.

Quant à Équipe Canada, l'organisation a écrit sur les médias sociaux : Fans d'#ÉquipeCanada (Nouvelle fenêtre), nous aurons besoin de vous entendre encore plus fort cet été.

Pour ce qui est de la délégation olympique américaine, elle affirme que c'est une nouvelle que nous espérions ne jamais voir arriver.

Denis Masseglia, le président du Comité olympique français, a exprimé sa tristesse de ne pas avoir les supporteurs français aux côtés de l'équipe de France à Tokyo, mais nous soutenons les importants efforts faits par les autorités japonaises et le comité d'organisation pour assurer le déroulement des Jeux dans les meilleures conditions sanitaires possibles et permettre à nos athlètes de nous faire rêver.

Un casse-tête se profile pour rembourser des centaines de milliers de billets vendus hors du Japon et faire face à ce manque à gagner, alors que le budget de Tokyo 2020 atteint déjà 13 milliards d'euros (15,5 milliards de dollars américains), un record pour des JO d'été.

Une autre décision devrait être prise en avril, voire plus tard, pour le public résidant au Japon.

D'autres mesures draconiennes contre la COVID-19 sont prévues pour garantir un environnement sûr aux Jeux de Tokyo, qui ont été reportés d'un an l'an dernier à cause de la pandémie.

La vaccination des participants ne sera pas obligatoire, mais le CIO l'encourage vivement.

Depuis leur report forcé il y a un an, les JO de Tokyo ont donné lieu à un glissement sémantique reflétant la persistance de la crise sanitaire mondiale (apparition de variants, résurgences du virus et reconfinements dans certains pays), malgré l'arrivée de premiers vaccins.

L'été dernier, les organisateurs voulaient encore faire de ces JO une célébration de la victoire de l'humanité sur le virus.

Mais leur discours a radicalement changé ces dernières semaines en insistant désormais sur l'anxiété des Japonais et la priorité à accorder à leur sécurité.

Le Japon a jusqu'à présent maîtrisé mieux que d'autres pays la crise sanitaire, mais il a néanmoins connu une vive recrudescence des infections entre novembre et fin janvier, forçant le gouvernement à réimposer temporairement l'état d'urgence dans une grande partie du pays, y compris à Tokyo.

Le gouvernement nippon a lancé en février un programme de vaccination mais qui ne concerne pour l'instant que le personnel soignant. La majeure partie de la population du pays ne devrait pas être vaccinée d'ici les JO.

Depuis plusieurs mois, l'opinion publique japonaise est très majoritairement hostile à la tenue des Jeux cet été, préférant un nouveau report ou une annulation pure et simple.

Et un sondage publié le 8 mars par le quotidien Yomiuri révélait que seuls 18 % des Japonais étaient favorables à une autorisation de spectateurs venant de l'étranger pour les Jeux.

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